L'éclaircie, ce soir, pouvait surgir de Londres, où l'Angleterre, grâce à la victoire d'Israël sur la Russie, samedi dernier, avait à nouveau son sort entre ses mains et pouvait se contenter d'un match nul face à des Croates déjà qualifiés et évoluant sans pression. C'était sans compter sur les talents de Scott Carson, incarnation du triste mythe anglais du gardien peu fiable et dont le patronyme devrait très vite devenir antonomase. Défaits 2-3 sur leurs terres tandis que, dans le même temps, la Russie s'imposait à Andorre par le plus petit écart, les Anglais, effondrés, voyaient s'envoler leur participation à l'Euro 2008. Cela pourrait paraître anecdotique, mais ça n'améliore en rien ma vie, voyez-vous. Une année sur deux, les compétitions footbalistiques rythment mes sessions d'examens, infléchissent mes heures d'études et me permettent de concentrer toute mon attention sur un objet absolument distinct de mes préoccupations scolaires (encore qu'il est parfois tentant d'imaginer une sémiotique du corner ou une approche posturale des fautifs appréhendés par l'arbitre, mais tout de même, c'est délassant). Or, cette année, vu les éliminations belge (la campagne des Diables Rouges s'est néanmoins ponctuée par une victoire encourageante en Azerbaïdjan...) et anglaise, je vais avoir beaucoup de mal à m'intéresser à ce championnat d'Europe qui n'accueille que des équipes dont je n'ai strictement rien à fiche ou qui me sont franchement antipathiques. C'était déjà assez difficile lors de la coupe du monde allemande, à l'occasion de laquelle le dernier carré était composé de quatre nations qui m'inspiraient fort peu... Mon amour pour la suffisance française et le souvenir de l'injustice de la finale de 2000 m'avaient conduit à rejoindre le camp azzurri, mais sans véritable conviction - et j'avoue que je n'ai pas tellement envie de remettre le couvert. Entre les équipes intrinsèquement anticharismatiques et sans véritable histoire (l'Autriche, la Suisse, la Roumanie, la Russie, la Pologne, la Croatie), celles qui développent un jeu digne de celui prôné par Vercauteren (la Turquie, la Grèce, l'Italie la plupart du temps) et les traditionnels "grands" qui ne parviennent guère à proposer le football de rêve dont on prétend qu'ils sont capables (les Pays-Bas, l'Espagne, la République Tchèque, le Portugal et l'Allemagne), il ne reste qu'une seule équipe susceptible de recueillir mes faveurs: la Suède. Mais, malgré ses mille et un petits charmes, elle ne passera vraisemblablement pas le premier tour. Cette vie est décidément insupportable.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire