06 janvier 2006

Comédie Humaine

Ce matin, à la fnac:

Mère [posture de nouvelle riche, le jeu perdra en fausseté au fur et à mesure pour retrouver un naturel bovin]- Bon alors si elle veut lire Balzac...
Vendeuse- Oulah oui, si elle est littéraire, il lui faut l'édition La Pléiade: l'intérêt est qu'on y trouve un apparat critique que, finalement, on ne trouvera nulle part ailleurs.
[à deux mètres, je me retourne pour cacher mon sourire].
Fille- Oho...
Vendeuse- Chez Balzac, il faut lire la Comédie Humaine. C'est quelque chose de...C'est extraordinaire.
Mère- Aha...la Comédie Humaine?
Fille- Aha.
Vendeuse [opine du chef]- Oui, c'est un ensemble, voyez-vous, une grande fresque...
Mère- Et si je prends ces trois-là, j'ai la Comédie Humaine alors?
Vendeuse- Euh, non... Je crois qu'elle est regroupée en douze tomes. [ndlr. Il y en a onze, en fait.]
Mère- Douze?!
Vendeuse [opine du chef]- ...
Mère [saisissant un livre des premiers rayons, je ne vois pas lequel, mais suppose qu'il s'agit d'un voisin de l'inavalable, postulons donc Bataille ou Baudelaire]- Et cuilà ici, il écrit moins bien, qu'il est moins cher?
Vendeuse- Non, pas du tout.

Je m'éclipse en emportant deux bouquins pour dix euros. Après un détour par les rayons CD puis BD, je retrouve la mère, traînant sa fille, en face de l'escalier automatique. Elle porte huit volumes de la Pléiade.

1 commentaire:

Prim a dit…

Excellent ce blog! Très agréable à lire. J'ai ri en relisant l'histoire du gars avec Toussaint! Il était dans mon année, on ne l'a plus vu peu de temps après la session de janvier...