En feuilletant les fichiers word qui s’amoncellent intolérablement dans un recoin de mes documents, je commence à me résigner à une sorte de rapide nettoyage de printemps tardif qui aurait le don, en quelques clics, de rendre presque tout à fait impossible une future publication d’œuvres de jeunesse. De tout ce fourbi, je sauve quelques épaves et me mange un vieux parchemin sur la tête, où sont maladroitement consignées quelques poésies obscurantistes dont j’ai perdu les clefs - qui se tenait vaille que vaille en équilibre sur un questionnaire sur les goûts littéraires à envoyer par courriel à ses amis. Il y a même, chiffonné et jeté sous un sabot de cheval de Troie, un embryon naïf de traité qui ne se soupçonnait pas, mais dont l’engagement optimiste a mal vieilli (Le renoncement ne peut être un choix, c’est un dernier recours. Choisir de renoncer est synonyme de non-être, choisir de renoncer équivaut à s’exclure du genre humain. Le renoncement doit se subir, la passivité prévue est inadmissible). À grands coups de machette, la bibliothèque fond dans un acide qui sent bon la rose, et pas de regrets.
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L’image du puzzle est en fait carrément intéressante dans la représentation de l’individu. Tous ceux que tu as rencontrés reçoivent au moins une pièce et certains plus que d’autres. Certains la ou les paument. Comme avec les images panini ou les flippos, il y a les pièces qui sont plus rares et que la plupart ne trouveront jamais en ouvrant la pochette ou le paquet de chips que tu es. Puis, il y a les fréquentes dont tous les intéressés possèdent un exemplaire au moins et souvent l’ont en double, parfois en triple, peuvent finir par ne plus la saquer.
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