Dans le bus, il y a deux séminaristes qui discutent l'interprétation d'un passage du, je crois, Deuxième livre de Samuel (si j'ai bien compris ça devait tourner autour des chapitres 18 - 19, de David j'en suis certain, d'Absalom presque). Je me frotte les yeux. Ils sont toujours là et se demandent à présent comment prononcer les oints. [lezwẽ] ou [le wẽ]? Optant pour la deuxième solution, sans donner de justification valable, ils se moquent en passant d'un cureton de leurs proches qui dit systématiquement "Israyël" - et ils ressemblent à des étudiants de première candi qui se foutent d'un condisciple qui n'a toujours pas pigé la façon dont le l+yod va se palataliser tout en jouant un rôle d'entrave pour la voyelle de la syllabe précédente, quel con celui-là quand même. Le premier abandonne l'autre à la moitié de mon parcours. Il porte un sachet réutilisable et des sandales.
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Malgré la couverture affreuse de la première édition (qui est la seule de taille acceptable rencontrée sur le net et je n'allais pas m'amuser à redimensionner la couverture du petit format paru aux éditions Ancrage, qui est jolie sous ses contours bleus, et à l'héberger sur photobucket ou autre), lisez Ciel bleu trop bleu de Nicolas Ancion parce que - outre le relatif intérêt de la narration au futur qui crée une certaine entorse à ce bon vieux cours d'analyse textuelle, comme le cligne d'oeil Vincent Rahir en postface, bien qu'on puisse vraiment discuter du genre de ce texte, présenté comme un roman - il y a là-dedans de la jolie cruauté, du méchamment doux, des épigraphes de noir désir et, hors-texte, la preuve qu'il ne faut pas désespérer de son statut de romaniste.
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Christophe Géradon profite de l'événement footbalistique de l'année pour ouvrir un blog particulier. Moi, je trouve l'idée intéressante : je vais pouvoir me passer de noter ici des observations surchargeantes et, en allant placer de temps à autre un commentaire là-bas, je ne détruis pas tout à fait la posture que je construis tant bien que mal (à grands coups de "filtres", n'est-ce pas). Juste un truc plus ou moins footbalistique avant de conclure: revenons sur Cissé. Il y a quelques mois, le délicieux attaquant français avait cassé les côtes de sa dulcinée, au cours de je ne sais quelle dispute anodine. La brisure récente et spectaculaire de sa jambe de plasticine devrait servir d'argument à ceux qui prêchent l'existence d'un Dieu vengeur et colérique. Mais je suis trop gentil, ils devraient apprendre à se débrouiller seuls.* *
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