07 février 2006

Dans les champs (contamination bucolique)

Dans le champ des paralittératures, je te donne Jean Ray, même pas Malpertuis, prends les Contes du Whisky ou la Ruelle Ténébreuse. Toi, tu répliques en souriant, tu glisses Beigbeder ("l'ensemble de l'oeuvre") pour la Littérature. Je l'avais prévu et te cite Comès, avec Silence (Mais j'imagine que ça aussi tu l'avais deviné). Comme on en est toujours à l'échauffement, tu attaques avec Lanzarote de Houellebecq. J'avais beau m'y être préparé, un frisson me parcourt l'échine et je crache par terre (répugné - y a même pas de doute, c'est inclassable ce truc, mais si on le dit). Je balbutie l'alliance Schuiten-Peeters, pour me reprendre (j'en oublie de pointer une production particulière). Ca aussi, tu le savais et relances Despentes, Teen spirit. J'applaudis posément (joli coup, bien qu'un peu académique) et quitte la BD en proposant Fredric Brown. Qui ? Fredric Brown, merde quoi. Là, tu dis que je m'en sortirai pas en balançant systématiquement tous les auteurs de science-fiction, parce que même si c'est sympa d'accord, ça reste paralittéraire pour la majorité et que Fredric Brown, tu connais pas et que j'ai cinq secondes pour trouver mieux, quatre... Alors je crie Le petit Nicolas (pourquoi je l'ai pas dit plus tôt?) de Sempé et Goscinny. Tu réponds que bravo, tu y aurais pas pensé. Et tu pâlis (au nom de Vancouver -ha, j'ai le suivant!) avant de bredouiller Thomas Gunzig et son Il y avait quelque chose... Je te coupe direct, t'es pas fou? Ah pas du tout, d'après toi, entre Gunzig et Beigbeder-Houellebecq, il y a quelque chose de filial. Bon, admettons (je te fais un cadeau, parce que je sais que tu as déjà perdu et qu'il n'y aura aucune conséquence. C'est du faux fair-play. Comme quand je dis que j'ai touché le ballon et que c'est corner alors qu'on mène cinq à zéro). Les nouvelles du grand possible de Thiry. Maintenant, c'est de nouveau toi qui rechignes. Tu râles que je vais quand même pas sortir tout mon cours de littérature belge et que, d'ailleurs, c'est dans le titre: c'est pas paralittéraire ça. Mais comme je viens de t'accorder l'égalisation sur Gunzig, t'as juste intérêt à la fermer, oui? Oui. Alors tu balances sans trop y croire Caroline Lamarche - Le jour du chien. Je ricane doucement: allez, réfléchis, si c'est chez Minuit, y a pas de doute possible, c'est littéraire sans dérive imaginable. Tu dis que non, t'es pas d'accord (ça m'aurait étonné) parce que d'une part c'est des nouvelles et, en plus, tu me demandes d'expliquer alors le cas Fuir. Calmement, je développe que non, là c'est une erreur due à la confiance aveugle en la contribution d'un auteur auparavant parfait, mais qu'on ne peut quand même pas douter de la sphère de production (je fais un petit effort sur moi-même, parce que, sur Fuir, mon avis est proche de celui que tu viens de sous-entendre).
Comme tu n'en mènes vraiment pas large, je porte le coup de grâce en murmurant La dame dans l'auto avec des lunettes noires et un fusil. Tu exploses que non, si je joue comme ça, tu aurais pu dire Vian depuis longtemps. Je dis que t'as eu tort de le passer, vu que j'ai accepté Gunzig, j'aurais pas refusé Vian.
Et comme tu te rassieds en poussant un vieux soupir, je te console en proposant une revanche demain.

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