27 février 2006

never change a winning team

« Il me faut pas un riche, mais là je divorcerais ». Je détournai légèrement mon regard d’un livre engloutissant pour le poser en douceur sur la voix sirupeuse qui s’extirpait d’une dame que j’aurais pu désigner comme voisine si la travée centrale du bus ne nous avait séparés. Elle monologuait pour le sexagénaire à casquette qui partageait son siège. Elle tenait câlinement un cabas. Est-ce que j’y peux quelque chose si les passagers du bus sont clichés ?

Elle évoquait une amie, la dame. Une amie qui s’était entichée d’un écrivain. « Rien contre eux, ces originaux, mais faut bien vivre ». Comparatiste dans l’âme, elle lia l’affaire à celle impliquant une autre amie, qui avait épousé un musicien. C’était pas fameux, mais au moins, il cuisinait et il faisait un peu de ménage. Ca avait tenu dix ans, puis, ça c’était mal terminé. « Faut comprendre, on a la rage qui monte, comme de juste ». (C’est très bien comme de juste : je ne savais pas que ça existait, mais je tenterai de la replacer). Elle effectua alors un retour redondant sur le premier cas. A la place de son amie, elle n’hésiterait pas.

C’était drôle comme des gamines qui vont se renseigner sur le statut conjugal des mecs de leur classe auprès des amis de ceux-ci, prétextant s’enquérir de ce détail pour aider une copine amoureuse. C’était aussi un peu triste, comme un cirque.

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