23 août 2006

le retour 1

L'homme dans le bus dont je peux savoir (plus que deviner, plus encore que sentir qui ne serait ici à prendre que dans le sens olfactif et qui n'indiquerait pas la simultanéité de la perception et de la prise de conscience) la présence rien qu'en respirant quand je tends mon abonnement au chauffeur.

Les trente minutes d'attente du train. Je suis placé près d'une jolie blonde qui aura besoin d'aide pour monter ses trois sacs dans le véhicule, mais au moment où le wagon ouvre ses portes c'est une toxicomane qui me réquisitionne, implorant que je hisse sa poussette, qui contient sa fille.

La dame dans le train, qui appelle "mon frère" un Noir qui a porté sa valise. Elle s'assied à côté de moi, puis parle arabe et échange de place avec une enfant. (Je change aussi de place, mais discrètement, en feignant d'aller aux toilettes.)

Le jeune homme au polo rayé qui arrête sa marche pour ne pas passer devant l'objectif de l'appareil photo et que je laisse passer. Je le recroise dix minutes plus tard dans le jardin botanique. Il se lève d'un banc, lance un "hello" et me suit un peu.

Les bandes rouges et blanches soutenues par trois piquets, qui délimitent peut-être le contour d'un corps assassiné, sur la place sablée du jardin botanique où des enfants jouent avec des bois et les poubelles.


Le vieil homme sur le quai, qui porte une cage remplie de pigeons et, dans l'autre main, un bouquin immense qui est censé reprendre les horaires de tous les trains belges.

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