J’avais vu Good Will Hunting à l’âge de douze ans si c’est possible, emmuré en compagnie d’une dizaine d’autres préadolescents avec lesquels on avait choisi que je confirmerais ma foi. Récemment, je ne sais plus qui[1] m’avait dit que c’était un peu Le Cercle des Poètes Disparus version maths. En le visionnant pour la deuxième fois de ma vie, environ dix ans après, je me suis rappelé la séquence où Matt Damon remballe sa copine en jouant les martyrs (les traits déformés de la pauvre fille) et celle, mythique, où "c’est pas sa faute, Will". J’ai un peu regretté que le prof de maths internationalement reconnu ait monopolisé une équipe pour résoudre un théorème en deux ans, alors que le héros règle ça en trente seconde via un petit dessin représentant une douzaine de cristaux de neige (du reste, contrairement au Cercle des Poètes Disparus qu’il est à la limite plus fin de regarder, pour le détail, en ayant lu Le Songe d’une Nuit d’Été, Will Hunting ne nécessite aucune penchant pour les matheuseries : les seuls moments où le héros déballe son érudition, c’est sur de l’éco' et de l’anthropo'). Sinon, c’était robinwilliamesque : une fâcheuse disposition au malheur amoureux (cf. sa filmographie) noyée par un déluge de bons sentiments créateurs d’un climat utopique que la musique d'Elliott Smith ne fait que conforter. On oublie presque que, le lendemain matin, il faudra prendre un bus qui s’arrêtera plusieurs fois à Herstal. Mais dix ans quoi.
[1] Tamara, en fait. Plates excuses.
[1] Tamara, en fait. Plates excuses.
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