À notre époque, l’appartenance au groupe social récemment fondé (type association sans but lucratif idéaliste, équipe de hockey sur glace, quintet pop-punk, collectif de recherche en physique quantique) implique la réception de courriels collectifs. À court terme, le procédé amuse. Le membre X n’a que faire du P.S. destiné en private-joke au membre Y sur le mail de rappel de la cotisation, mais il sourit : il participe, il est impliqué, on le prend en compte. Cependant, au bout de quinze « nouveaux messages » de discussion (à laquelle le membre X ne prend pas part) sur le choix de la marque de shampoing pour la douche d’après match ou sur la composition des sandwiches à servir lors de la réunion du samedi, les contractions zygomatiques ont laissé place à une nervosité que les autres membres ne comprennent pas. Le membre X quitte le groupe social, se cloître dans son deux-pièces, construit des civilisations sur des jeux en réseau.
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