06 août 2007

Lazare

Alors que je scrute, en attendant le choix de la visite, les disproportions de la reproduction du David exposée sur la Piazza della Signoria, à l'entrée du Pallazo Vecchio, au sortir des couloirs peuplés de files de deux heures, je suis arraché à ma contemplation par le son français d'une voix de la quarantaine.
- Regarde la fontaine, Lazare, je pense que tu vas l'aimer.
Et de désigner de cette façon l'imposant et statique Neptune de Bartolomeo Ammannati et son cortège aquatique. Lazare ne regarde pas ce que papa lui indique. Lazare a environ dix ans et Lazare regarde le vide en traînant les pieds et en laissant échapper un large filet de bave de sa bouche entrouverte. Lazare est trisomique et je mettrais bien une claque à celui qui a décidé de lui donner ce prénom de miraculé, probablement persuadé que Dieu cherchait à éprouver sa foi et que j'imagine louant l'Éternel de lui avoir offert ce cadeau, ce vecteur de croyance, cette indulgence. Passablement aussi taré que le prêtre de Adam's apples.

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