Dans Au bonheur des ogres de Pennac (que je viens de découvrir cinq ans après l'âge où certains élèves doivent le bouquiner pour le cours de français), à l'inspecteur stagiaire chargé de lui poser quelques questions de routine et qui lui demande si son boulot lui plaît, Benjamin Malaussène répond: " C'est comme tout. Beaucoup trop payé pour ce que je fais, mais pas assez pour ce que je m'emmerde "(1). Le problème - mais sans ça il n'y aurait pas le bouquin, alors bon - est que Benjamin Malaussène n'est pas un employé de grande surface ordinaire. D'une part pour une foule de raisons (sa fonction, son origine sociale... - Lisez le bouquin si ce n'est pas fait), d'autre part parce qu'il est auto-clairvoyant. Un employé de grande surface ordinaire aurait répondu catégoriquement que son travail lui déplaisait profondément, pauvre exploité qu'il était d'oeuvrer sans relâche pour servir au mieux le client et son patron. En vérité, je vous le dis, ils se trompent et la productivité des grands magasins doit atteindre des sommets pendant les grandes vacances, moment où les étudiants effectuent en trois heures et en se faisant engueuler ce que les employés à plein temps font en six heures. C'est épatant, parfois, la méthode Coué.
(1)PENNAC Daniel, Au bonheur des ogres, Gallimard, "folio", 1995, p.32.
(1)PENNAC Daniel, Au bonheur des ogres, Gallimard, "folio", 1995, p.32.
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