08 décembre 2006

transition V

Sur le chemin qui conduit d’Outremeuse à la place du XX août, j’ai le temps de croiser quatre parapluies retournés, abandonnés sur-le-champ je suppose – c’est un peu gênant de se promener avec un parapluie niqué, se disent les gens, autant ne pas avoir l’air con/maladroit/pauvre et s’en détourner, les cheveux mouillés et les risques de pneumonie comptent moins que la posture. Il y a un noir, un à carreaux et un rouge, le dernier je ne sais plus, mais il y en a quatre, c’est sûr. Laura m’écrit un courriel qui parle un peu du vent qui soufflait sur sa route (de face ou sur les côtés), qui arrachait les bérets de deux ou trois types qui cavalaient pour les récupérer (un béret n’est pas un parapluie, on n’abandonne pas un béret). Dans l’université, Amnesty International a investi un couloir et je signe leur pétition sans trop la lire – j’essaye, mais la concentration est ailleurs, je fais confiance. Je fais un rapide compte-rendu de la prestation de The Tellers, la veille, à l’escalier. C’était sympa, mais bon : sont arrivés bourrés, ont proposé un set acoustique d’une demi-heure passablement foireux et sont repartis en présentant de vagues excuses. Moi, je m’en fous, pour cinq euros je vais pas chicaner et ça correspondait relativement bien à la posture (deuxième occurrence de ce mot dans ce post) adoptée par ce groupe. Mon interlocuteur reçoit un coup de fil qui poursuit mon résumé, mais de façon moins positive (sympa se transforme en nul à chier). J’essaye plus ou moins d’imaginer ce que donne le dialogue en prenant conscience de la puanteur de mon pantalon – qui sent la soirée d’hier – et en feuilletant distraitement un bouquin de Vincent Lemieux dans lequel il y a trop de graphiques pour que j’y comprenne quelque chose du premier coup. Plus tard, je sortirai, pour la deuxième fois de la journée, La littérature sans estomac de mon vilain sac à dos, je tournerai les pages et je rigolerai beaucoup (d’Angot, Beigbeder, Bernheim et Roze surtout), avant de refermer le volume en pensant que, moi-même, je donne beaucoup dans le sans tripes.

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