16 décembre 2006

- ULGRA 2007 -

Souvenez-vous, l’an passé un jeune romaniste de première licence réussissait l’extraordinaire exploit de remporter, après des efforts et recherches éprouvants, le trophée ULG Romanistic Award, organisé par QDS.
Cette année l’épreuve entend réunir plus de trois candidats et, pour ne plus privilégier les sémioticiens de l’image, revient aux fondements du concours romaniste : le sacro-saint questionnaire écrit. Les réponses doivent parvenir à l’adresse inertiesfulgurantes@hotmail.com pour la date du 31 janvier 2007, les résultats seront proclamés dans ces eaux-là, parallèlement à ceux des examens. Bonne chance à tous !
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1. À l’occasion du soixantième anniversaire de Jules Horrent, les collègues du professeur se sont fendus d’une participation à un volume de mélanges destiné à lui être offert. Parmi les contributions, on retrouve celle de son disciple J.Joset : à quelle université ce dernier était-il lié lors de la rédaction de son article?

2. Autre vibrant témoignage de sympathie, le célèbre Pour Jacques, recueil de textes publié symboliquement chez « Espace Nord » par les amis de Jacques Dubois pour celui-ci. L’un des écrits, en plus de contenir en note de bas de page une réflexion métalangagière sur l’absence de marque du pluriel de zizi-coin-coin, se caractérise par une apparente stratégie d’anonymat de son auteur. Ce dernier laisse toutefois au lecteur une chance de le retrouver grâce à un joyeux double calembour : à qui avons-nous affaire ?

3. À l’occasion de l’élection de D.Bajomée à l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique, le Quinzième Jour du Mois avait soumis la professeur au questionnaire de Proust. A la question « qui est votre poète préféré? », cinq noms durent se partager l’honneur. Quels sont-ils ?

4. Dans la postface d’un roman, Vincent Rahir se souvient d’une leçon au cours de laquelle un professeur, « caché derrière Genette et ses Figures III », avançait que « la narration au futur n’existe pratiquement qu’en poésie » avant de préciser qu’il n’y avait, à sa connaissance, qu’un seul roman écrit au futur : le postfacé en l’occurrence, « le roman d’un ancien élève de la faculté, et c’est sûrement après avoir suivi mon cours qu’il a eu l’idée de l’écrire au futur, par défi ». Qui est cet ancien étudiant et quel est le titre de ce texte particulier ?

5. Dans le troisième numéro de la revue Mandrill, on trouve notamment un remarquable Sonnet en Merckx, parodie du « Sonnet en x » de Mallarmé. Donner le nom de l’auteur de ce texte pourrait ne nécessiter aucune recherche. Trouver son dédicataire, un minimum. Quel est le deuxième ouvrage recensé dans la bibliographie de ce dédicataire sur le site de la revue en ligne Bon à tirer ?

6. De quels textes proviennent les extraits suivants ? (dans la mesure du possible, visez une réponse du type « nom de l’auteur, titre de l’ouvrage, titre du poème/chapitre »).

a) Un certain nombre de linguistes, de nos jours, hésitent à présenter leurs travaux comme structuralistes. Beaucoup, en revanche, commencent à attribuer ce titre aux travaux des autres. Les chomskistes appellent structuraliste toute la linguistique postérieure à Saussure, et n’hésitent pas, par exemple, à ranger dans cette catégorie les recherches de Martinet, alors que le même Martinet prend soin de distinguer son « fonctionnalisme » d’un « structuralisme » qu’il rejette.
b) Quand je revins de Londres, en mai, j’étais égaré et, dans un état de surexcitation, presque malade, mais cette fille était bizarre, elle ne s’aperçut de rien. J’avais quitté Paris en juin pour rejoindre Dirty à Prüm : puis Dirty, excédée, m’avait quitté. A mon retour, j’étais incapable de soutenir longtemps une attitude convenue.
c) Oublierez-vous jamais Rossana Carrer la lumière de vos yeux
Quand nos regards se sont épris de côté
L’espace de traverser la pluie dans la rue à Padoue
d) Un hydrophile vint à passer. Je ne pus retenir une pensée poétique et, sortant un nouveau feuillet de ma poche, j’écrivis : Tityre sourit.
d) Aujourd'hui, en septembre, par trois fois, le nain a failli échapper au géant qui l'avait emmené en promenade sur les coteaux de la citadelle.

7. En 1964, quelle fut la pirouette utilisée par la romane pour caser les services des professeurs Rita Lejeune, Maurice Delbouille, Louis Remacle, Jules Horrent, Léon Warnant et André Vandegans, les locaux du troisième étage des bâtiments de la place Cockerill – occupés alors – se trouvant surpeuplés ?

8. Question très scolaire : À quels groupes ces différentes langues de la famille indo-européennes sont-elles respectivement liées ? messapien, tosk, koutchéen, lituanien, scythe, ukrainien, féroéien, ombrien, manx, cornique. (Les noms des groupes suffisent, il n’est pas nécessaire de préciser les sous-groupes éventuels, pas plus que les branches : ce n’est pas un examen, vous êtes là pour vous amuser, pour souffler un coup).

9. Quels sont les auteurs respectifs de ces différentes assertions, toutes prononcées dans les bâtiments de l’Université de Liège ?
a) « Il n’y a rien de plus faux qu’une thèse de doctorat ».
b) « Le chat de B.Denis s’appelle Elvis ».
c) « Thom Yorke est un peu le Zola du champ musical contemporain ».
d) « Bien sûr que c’est important l’intuition, mais on ne peut fonder une science sur ça. La science nécessite des règles. Sinon, ça donne ʺoh elle est sympa cette copie. Je ne sais pas pourquoi, mais elle est sympa : je lui mets 12. Tiens, celle-ci me plaît moins. Je ne sais pas pourquoi, mais je lui mets 8ʺ. Et ça s’appelle l’analyse textuelle. »
e) « Oui. Le plaisir féminin existe ».

10. Question subsidiaire : Combien de bacheliers romanistes de première année réussiront cette année l’examen d’espagnol du mois de janvier ?



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