10 janvier 2007

le carton bleu de la joie de vivre

Frutos et Zitka regardaient le sol de La Manga en pensant aux contraintes des exercices de teambuilding, un sol ocre caressé de bribes herbeuses et de vagues lunules de pierre, un de ces sols arides et tristes jamais cités, Frutos et Zitka regardaient le sol de La Manga, ce cinq janvier 2007, et ils n’éprouvaient pas tant le sentiment d’être là, simplement là, que le désir poignant d’en avoir terminé de ce stage et de rentrer chez eux. Au même moment, Mbo Mpenza, les yeux fixés dans le vide du jour de La Manga, revoyait en un éclair l’incrédulité mêlée d’envie brillante dans le regard des joueurs du FC Cologne, la veille, sur le coup de seize heures, quand il avait couru le long du camp d’entraînement des Allemands en portant fièrement le totem confectionné et peint avec deux de ses coéquipiers pour le montrer à son entraîneur.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

A n'en pas douter, ils n'atteindront jamais la ligne d'arrivée, n'est-ce pas?

Anonyme a dit…

Absolument. Frutos, Zitka et Mpenza n'auraient jamais dû atteindre la ligne d'arrivée, car, chaque fois que, conjuguant leurs efforts pour faire avancer le sac, ils auraient parcouru la moitié du chemin qui les séparait de la ligne, il leur en serait resté encore une autre moitié à parcourir, puis une autre moitié, puis une autre moitié encore, et ainsi de suite éternellement, de sorte que le sac des trois joueurs, progressant toujours vers sa cible mais ne l'atteignant jamais, comme dans un immense ralenti monté en boucle à l'infini, ne pourra pas, jamais, c'est physiquement et mathématiquement impossible, atteindre la ligne d'arrivée. Par contre, je ne dirais pas que le monde entier n'a pu qu'admirer la fugitive pulsion qui les anima, je parlerais plutôt de nostalgie enfante.