diarisme
Dans Jérôme Lindon, plaquette conseillée par Tanguy, que Jean Echenoz a rédigée et publiée à l'occasion du décès, en 2001, du directeur des éditions de Minuit, c'est un portrait honnête et humain qui se construit. Honnête et humain parce que Echenoz, dont je n'aime pas beaucoup les autres textes, présente son ancien patron en évitant absolument la veine panégyrique, le dessinant comme un type passionné et déterminé, mais n'éclipsant pas le côté versatile de sa personnalité, pas plus que le dédain (certains parleront de clairvoyance) que Lindon pouvait avoir à l'égard de certains de ses poulains. À lire aussi, en comparaison, le petit texte de Toussaint sur sa rencontre avec Lindon.
Proust, lecteur de Lautréamont ! « Et comme cet hyménoptère observé par Fabre, la guêpe fouisseuse, qui pour que ses petits après sa mort aient de la viande fraîche à manger, appelle l’anatomie au secours de sa cruauté et, ayant capturé des charançons et des araignées, leur perce avec un savoir et une adresse merveilleux le centre nerveux d’où dépend le mouvement des pattes, mais non les autres fonctions de la vie, de façon que l’insecte paralysé près duquel elle dépose ses oeufs, fournisse aux larves, quand elles écloront un gibier docile, inoffensif, incapable de fuite ou de résistance, mais nullement faisandé, Françoise trouvait pour servir sa volonté permanente de rendre la maison intenable à tout domestique, des ruses si savantes et si impitoyables que, bien des années plus tard, nous apprîmes que si cet été-là nous avions mangé presque tous les jours des asperges, c’était parce que leur odeur donnait à la pauvre fille de cuisine chargée de les éplucher des crises d’asthme d’une telle violence qu’elle fut obligée de finir par s’en aller. »
Dans mon édition Quarto (qui permet quand même d'avoir toute La Recherche pour 30€, et pas dans ce papier bible si mal fichu de La pléiade), c'est à la page 105, dans la deuxième partie de Combray.
La lecture de l'Histoire du surréalisme de Nadeau, avec Les pas perdus de Breton en annexe, permet 1) d'encore mieux comprendre que ce mouvement fasse l'objet de tant d'études : travailler sur le surréalisme est un délassement. 2) de creuser l'hypothèse du sur-emprunt surréaliste aux ancêtres, aux maîtres (ce n'est donc pas un jugement de valeur). Plus encore que dans le système d'écriture: il faut noter, par exemple, la perturbation du banquet Polti par Breton et Desnos, en écho au dîner des Vilains-Bonhommes du 2 mars 1872.
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