16 novembre 2006

coup d'oeil poché

La caissière numéro trois – ou plutôt la demoiselle sise à la caisse numéro trois – portait un petit badge blanc indiquant son prénom qui avait été tracé au feutre bleu il y avait déjà un petit moment au vu de l’illisibilité des lettres. Je déchiffrai quand même que c’était Catherine et Catherine avait l’air de mauvais poil, ne m’adressant pas le moindre sourire au moment de me facturer les trois paquets de nouilles produit blanc, les bouteilles de liebfraumilch et les quatre boîtes de bouffe pour chats que je lui présentais, se limitant à me rendre la monnaie sans un mot, désespérante de mauvaise volonté dans un sens, authentique remonteuse de moral dans l’autre (dans deux minutes, je l’aurais quitté le magasin, moi). Je ne risquai pas d’ "au revoir Catherine", embarquai mon petit sachet et, contre le vent, repris le chemin de la maison. Je parie que si ma tête avait été mise à prix et que mon visage s’était trouvé placardé en divers endroits publics, on n’aurait pas pu compter sur elle pour aider à ma localisation. Sacrée Catherine.L’eau chaude tombait sur moi comme des billes sablées. Les ruissellements prolongeaient la cascade du pommeau en courant sur mon bras, puis coulaient de mes doigts jusqu’au baquet troué d’où ils fuyaient vers les égouts, puis vers un fleuve, et tout le toutim. Vingt-cinq minutes contemplatives et une peau de raisin sec.

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