Le désert sédatif de la brocante me faisait presque oublier la perte progressive de sensation qui gagnait mes doigts. J’ai poussé la porte du Baudelaire. Plutôt heureux des dépenses du jour. Deux euros pour un livre et un tango, ça tenait d’une publicité pour les petits déjeuners du cinéma. Affalé contre la vitre, j’entrepris de croquer les négociants courageux, qui refusaient de baisser les prix, la négativité du mercure ne les incitant guère à discutailler pour le plaisir (du moins interprétai-je leurs gestes de cette manière).
Dans mon dos, accoudé au bar, un petit bonhomme descendait ce qui devait constituer sa dixième bière depuis son entrée dans le café, probablement coïncidente à l’ouverture de celui-ci. Médecin déchu, il m’avait un jour garanti que, moyennant deux chopes, il serait ravi de m’offrir un certificat à durée indéterminée. Il avait plongé la main dans la valisette noire en polypropylène dont il ne se sépare jamais (j’ignore si elle contient autre chose que son carnet et un tampon nominatif, peut-être des médocs périmés). J’avais souri, dit «non merci».
Dans mon dos, accoudé au bar, un petit bonhomme descendait ce qui devait constituer sa dixième bière depuis son entrée dans le café, probablement coïncidente à l’ouverture de celui-ci. Médecin déchu, il m’avait un jour garanti que, moyennant deux chopes, il serait ravi de m’offrir un certificat à durée indéterminée. Il avait plongé la main dans la valisette noire en polypropylène dont il ne se sépare jamais (j’ignore si elle contient autre chose que son carnet et un tampon nominatif, peut-être des médocs périmés). J’avais souri, dit «non merci».
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