Posons un genou à terre pour saluer Marguerite Duras et érigeons-lui une statue.

"Etre de gauche [...] c'est ce désenchantement fabuleux [qui] nous a rapprochés de Dieu. C'est avoir traîné derrière soi une contrée de désespoir. C'est ça, c'est un savoir sur le désespoir. C'est un exil aussi. Un exil de l'homme dans l'homme ou soi-même. C'est aussi jouer. C'est le plaisir, très fort. C'est partir dans l'écoute de l'autre, fût-il un ennemi, ne pas pouvoir faire autrement. C'est savoir et ignorer dans le même temps. Et connaître cette ignorance comme étant l'essentiel de la démarche vers la connaissance [...]. C'est avoir cru et ne plus croire. [...] Voyez comme c'est difficile à dire, ça défile les mots, c'est le plus difficile à dire, c'est aussi un mot à venir qui dirait à lui seul l'espoir anéanti et présent". (M.D., Le Monde extérieur).
L'absence de la Dame est regrettable. À considérer que son détachement du parti communiste se soit prolongé par une affection pour le parti socialiste, nous aurions pu assister à des débats dantesques entre Duras et Doc Gynéco. Rien que d'y penser...
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[1] "Quand on écrit, il y a comme un instinct qui joue. L'écrit est déjà là dans la nuit. [...] Il s'agit du déchiffrement de ce qui est déjà là et qui a déjà été fait par vous dans le sommeil de votre vie, dans son ressassement organique, à votre insu." (M.D., La vie matérielle).
"Quand j'écris, j'ai le sentiment d'être dans l'extrême déconcentration, je ne me possède plus du tout, je suis moi-même une passoire, j'ai la tête trouée. Je ne peux m'expliquer ce que j'écris que comme ça, parce qu'il y a des choses que je ne reconnais pas quand j'écris." (M.D., Les lieux de Marguerite Duras).
[2] "Les raisons encore pourquoi j'ai écrit, j'écris dans les journaux relèvent aussi du même mouvement irrésistible qui m'a portée vers la résistance française ou algérienne, anti-gouvernementale ou anti-militariste, anti-électorale, etc., et aussi qui m'a portée, comme vous, comme tous vers la tentation de dénoncer l'intolérable d'une justice de quelque ordre que ce soi, subie par un peuple tout entier ou par un seul individu". (M.D., Outside)
"Quand j'écris, j'ai le sentiment d'être dans l'extrême déconcentration, je ne me possède plus du tout, je suis moi-même une passoire, j'ai la tête trouée. Je ne peux m'expliquer ce que j'écris que comme ça, parce qu'il y a des choses que je ne reconnais pas quand j'écris." (M.D., Les lieux de Marguerite Duras).
[2] "Les raisons encore pourquoi j'ai écrit, j'écris dans les journaux relèvent aussi du même mouvement irrésistible qui m'a portée vers la résistance française ou algérienne, anti-gouvernementale ou anti-militariste, anti-électorale, etc., et aussi qui m'a portée, comme vous, comme tous vers la tentation de dénoncer l'intolérable d'une justice de quelque ordre que ce soi, subie par un peuple tout entier ou par un seul individu". (M.D., Outside)
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