Il restera toujours un lien entre la forme diariste et ce blog, dans sa structure chronologique avant tout (qu'on contourne comme on peut, par des flash-backs et des prolepses, quelquefois; mais nous sommes parfois las de lutter contre l'inéluctable, voyez-vous). Dès lors, je me permets d'user de ce médium pour remercier le Standard de Liège pour le joli fou rire d'anniversaire qu'il m'a offert avant-hier [1]. Sur ce coup-là, je dois avouer que je ne m'y attendais pas. Les fanfaronnades de l'auto-proclamé meilleur public de Belgique m'induisent parfois en erreur et j'ai souvent tendance à oublier que le club principautaire est passé maître dans le fait de louper le coche... Mais là, contre les superboeren unijambistes de la Venise du Nord, il y avait théoriquement peu à craindre. Et pourtant, une fois encore, ils l'ont fait!
Ceci dit, le malheur de fin de saison des rouches constitue pour la presse francophone un véritable marronnier et les faits banals ne sont généralement pas relatés dans mes posts. C'est, chers amis, que la lecture récente de certaines oeuvres de Samuel Beckett et de travaux le concernant m'invitent à considérer sous un autre oeil l'entreprise du Standard. Selon Beckett, "être un artiste c'est échouer comme nul autre n'ose échouer" [Trois dialogues, Minuit, p. 14] - c'est d'ailleurs à ce titre que l'Irlandais aime la peinture de Bram Van Velde, "véritable artiste qui a osé échouer". Dans La défiguration (très bonne étude croisée de Artaud, Beckett et Michaux), Evelyne Grossman note que, dans les procédés et objets du texte beckettien, "échouer est un processus sans fin", cette "fidélité à l'échec" étant "fidélité à cette force qui s'exerce dans l'avènement d'un mouvement qui la défait" [La défiguration, Minuit, p. 78]. Le lien avec nos amis footballeurs est clair! On ne s'étonne guère que nul journaleux, engeance inculte, n'a jamais pu mettre le doigt sur le génie de l'art déconstructif mosan. Le Standard est beckettien, c'est indéniable. Dans le sens où il est incompris et mourra probablement dans la disette, on peut également considérer qu'il participe de la tradition des maudits.
Me serais-je trompé de club?
[1] Pour ceux qui ne le sauraient pas, il est toujours temps de le noter dans vos agendas en prévision de l'an prochain.
Ceci dit, le malheur de fin de saison des rouches constitue pour la presse francophone un véritable marronnier et les faits banals ne sont généralement pas relatés dans mes posts. C'est, chers amis, que la lecture récente de certaines oeuvres de Samuel Beckett et de travaux le concernant m'invitent à considérer sous un autre oeil l'entreprise du Standard. Selon Beckett, "être un artiste c'est échouer comme nul autre n'ose échouer" [Trois dialogues, Minuit, p. 14] - c'est d'ailleurs à ce titre que l'Irlandais aime la peinture de Bram Van Velde, "véritable artiste qui a osé échouer". Dans La défiguration (très bonne étude croisée de Artaud, Beckett et Michaux), Evelyne Grossman note que, dans les procédés et objets du texte beckettien, "échouer est un processus sans fin", cette "fidélité à l'échec" étant "fidélité à cette force qui s'exerce dans l'avènement d'un mouvement qui la défait" [La défiguration, Minuit, p. 78]. Le lien avec nos amis footballeurs est clair! On ne s'étonne guère que nul journaleux, engeance inculte, n'a jamais pu mettre le doigt sur le génie de l'art déconstructif mosan. Le Standard est beckettien, c'est indéniable. Dans le sens où il est incompris et mourra probablement dans la disette, on peut également considérer qu'il participe de la tradition des maudits.
Me serais-je trompé de club?
[1] Pour ceux qui ne le sauraient pas, il est toujours temps de le noter dans vos agendas en prévision de l'an prochain.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire