05 mai 2007

l'épopée zutique - épisode 8 : Joey Starr

En 1871, au moment de rédiger leur Album, les différents membres du Cercle zutique éprouvent un ressentiment certain à l'égard des répresseurs de la Commune de Paris et des différents agents soutenant l'idéologie anti-communarde. S'y attaquer n'est pourtant pas sans risque puisque chaque personne suspectée d'accointances communardes est susceptible d'être écrouée ou déportée. Dès lors, les zutistes, qui agissent dans une sorte de secret mais préfèrent malgré tout ne pas trop s'engager, s'attaquent à la cause principale de la guerre civile : l'Empereur Napoléon III, belliciste incapable et désormais déchu, qui a conduit la France à une guerre perdue de façon humiliante contre la Prusse. Pour le brocarder, les zutistes usent de prosopopées ou de détournements de poèmes de Coppée, mais, de façon générale, restent prudents. On note également un petit dessin, situé sous le poème ressouvenir de Rimbaud, où l’Empereur est pourvu de cornes, attribut du Malin certes, mais aussi des cocus.

À la veille d'une élection française dont la surmédiatisation me fait franchement penser à un reality show (et ces abréviations, mon Dieu... Où en est-on arrivé?), ce petit dessin, discret mais suggestif, me rappelle la chanson de Joey Starr. Le thème est le même, seul le nom change: "Tiens ta femme et tu tiendras la France, t'es cocu Sarko et tout le monde le pense". Deux petites différences : (1) on peut toujours nier le message d'une caricature, quel que soit son degré de réalisme et (2) le dessin zutique a été croqué après que Napoléon III a disparu du pouvoir. C'est pas malin, Joey, si demain soir on te propose une dernière cigarette ou qu'on te presse dans un wagon à bétail, t'auras du mal à trouver des excuses*.

(*) Je n'avais pas entendu la totalité de la chanson. C'est encore moins bien barré pour toi, Joey. D'autant plus que, à mon avis, ton adversaire n'aura pas de mal à déterrer des vieux dossiers. Faut être loin pour réussir à écrire, même de façon ironique, "T'as raison d'avoir peur, t'es qu'un immigré".

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