Le site sur lequel je visionne Prison Break en streaming six mois après que la série fut hype est pour l'instant mort. Donc, pour récupérer, je dors une heure trente qui se transforme en trois. Le réveil est très orange (le drap de lit, la lumière du jour bloquée par le volet et la lampe hallogène à peine allumée qui colore les mots sur les murs). J'ouvre encore une fois le fichier mémoire - version 4.0. Une page sur deux révèle des éléments mal vus, mal dits. Souvent, l'effort est moindre et il s'agit à peine de déplacer des segments, de bricoler. En secondaire (en quatrième), mon professeur de français (celui qui, avec Les garçons de Xavier Deutsch, est responsable de mon choix d'études et qui ne le sait pas) nous distribuait des poèmes qu'il fallait mémoriser pour la semaine suivante, pour les recopier à la virgule près dans le cahier de tests ou pour les massacrer devant le reste de la classe. Corvée à l'époque, mais je sais toujours les réciter. Dans le tas, il y avait des pièces parmi les plus célèbres de Du Bellay, Ronsard, Villon, et même d'André Chénier, que plus personne n'étudie. Il y avait aussi un extrait de l'Art poétique de Boileau, dont l'incipit sélectionné était Cent fois sur le métier...
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Pass this on de The knife. *
2 commentaires:
Dans sa grande indulgence, Boileau ne préconise que vingt retours au texte:
"Hâtez-vous lentement; et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage:
Polissez-le sans cesse et le repolissez;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. "
À l'occasion d'un stage d'agrégation pas trop malheureux, j'ai lu cet extrait aux élèves, qui ont affirmé n'avoir rien compris, ou rien voulu comprendre. La faute à Boileau ou la faute à moi?
"ça sert à quoi, un brouillon, m'dame?"
Franchement, est-ce que tout fout le camp?
Ca valait la peine que je crâne en affirmant être toujours capable de réciter ces poèmes. Ma crédibilité en prend un sacré coup.
L'incipit que je citais était un mensonge, d'ailleurs, puisqu'il s'agissait en vérité de
Il est certains esprits dont les sombres pensées
// Sont d'un nuage épais toujours embarrassées.
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