31 août 2005

Assis au bord des routes

égocentrisme et insignifiance

Réussir à cesser d'évoquer les autres. Il faudrait en arriver à ne parler que de soi et de choses insignifiantes pour ne pas entacher la réputation des gens, transformer leurs dires ou interpréter leurs gestes. Bien sûr cela soulève un certain nombre de problèmes.

Le premier relève de la question de la signifiance (c'est très mal dit). Problème de ce point: certains êtres sont insignifiants et on pourrait donc en parler. De plus, outre le degré cinq cent de subjectivité que cette considération implique, il faudrait veiller à ce que ma notion d’insignifiant soit commune à celle de mon interlocuteur…Avant de lancer la conversation, il serait donc nécessaire de procéder à une sorte d’échange de nos listes respectives de thèmes ou personnes insignifiants. Dans de telles circonstances, établir un dialogue s’avérerait particulièrement fastidieux et briserait tout effort d’économie que le langage a instauré. Le plus simple serait donc de ne pas parler du tout des autres.

Le second problème est celui du vide, de l’ennui.
Imaginons telle rencontre:
--« Tiens, aujourd’hui, j’ai bu un verre avec X et nous avons pu discuter pendant quelques heures…
--Ah, discuter de quoi ?
--Je suis désolé, mais je ne peux m'avancer à résumer le contenu de cette discussion. Cela équivaudrait probablement à trahir les pensées de X, que je ne pourrais transposer fidèlement. »

Ridicule assuré.

On pourrait concevoir qu’il suffirait de tout transcrire, mais nous retournons alors au problème du laborieux… De plus, aucun écrit n’a jamais rendu de façon exacte des paroles (problème de l’absence d’intonation, etc. Basique).

Ce qui est surtout très drôle, c'est qu'une telle renonciation serait vraisemblablement considérée comme de l’égocentrisme alors qu’il s’agit au contraire du plus pur désir de philanthropie jamais imaginé… ça pourrait être intéressant.

26 août 2005

Cliché


J'avais pensé intituler ce post le jour où j'ai retrouvé des photos de moi quand j'étais petit ou enfance II (comme le titre de la photo), mais le premier titre a été plus ou moins utilisé par Toussaint (ici) et le deuxième aurait encore trop référé à Rimbaud.
Baignant dans cette éternelle inoriginalité (peut-être que je marque un point sur ce mot) , il m'apparaissait évident qu'il fallait la souligner, d'où ce titre (triplement bon il me semble: 1) mes références sont clichés 2) mon image est cliché -une mise en abîme facile 3) mon image est intrinsèquement cliché d'un cliché...).

Mais elle est sympa, cette photo.

24 août 2005

dimanche

Il est dix heures quarante-sept et j’entends la grille qui grince. J’ai fait l’effort de me lever depuis beaucoup plus longtemps qu’une heure pour ne trouver qu’un petit mot, griffonnage paternel, stipulant que le retour de son auteur était prévu pour onze heures. Il apparaît, souriant. Encore trois quarts d’heure d’attente.

-- Tiens, je ne l’aurais pas évitée celle-là.
-- Bah. Si. Je m’étais trop engagé.
-- Peut-être, ouais…

Il est douze heures vingt-trois et je rigole des combines de fraudeurs. Je pénètre un univers surprenant (pour la modique somme de huit euros) où on tente de me plonger en une sorte de pseudo Moyen-Âge. Le tout n’est qu’un prétexte à boire et je me pose encore en supérieur narquois. On décide de garder les chopes.

Sur le chemin du retour, au détour d’un ferrailleur qui se croyait antiquaire :
-- Le problème de ces gens est d’être persuadé que la poussière de leur magasin vaut déjà dix euros…
-- Et s’il y a quelque chose en dessous, c’est Byzance !
-- L’entrée, disons cinquante euros… Déjà soixante là !
-- Vous prenez rien ? Ok, je vous l’emballe ?

Il est dix-sept heures dix-sept et je fais un vœu.

21 août 2005


Tout cela se prolonge et nous paralyserons…

palindrame


Il fait tellement laid que la façon la moins imbécile de passer (j'avais écrit _perdre_, un acte manqué) son temps serait un mélange de sommeil et de travail.
Tout un programme.

19 août 2005


Pourtant, je cherche à les croiser.

Il fallait bien

Je pense très sincèrement qu’il ne faut plus rien espérer à partir du moment où des étudiants jouissant de quatre heures respectives de latin et de grec en quatrième secondaire en viennent à réinventer la norme de la façon suivante :
Ben voila C Kathy !!! Sa fé déja 3 ans k'on se koné !! On s'entend plutot bien !! Elle est bien marrante, sympo, zolie... !! Malheureusement on a po bcp l'occasion de parler sof par sms ! Enfin voila C po trop graff... tt ce ke G a te dire C ke j't'adore !! bizz
Ne vaudrait-il pas mieux perdre le contact?

17 août 2005

Landlocked blues

First tell me wich road you'll take.
(and L* was asleep on my book...)