29 mars 2007

les lauriers sont coupés

Nous n'irons plus au Delft, l'patron c't'un enculé... (air connu).

26 mars 2007

I keep you in my collection of regrets

Samedi, j'ai découvert qu'AqMe avait plein de fans. Ca a l'air un peu ironique, mais il y a des groupes comme ça, on se dit "tiens ils existent encore j'aurais juré que ah bon me serais-je trompé est-ce vrai". Et puis en fait, ils sont suivis par une armée de types qui ont des coiffures démentielles avec des bouts de coton rouge dedans et des t-shirts de la dernière tournée.
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La valeur de Fight Club, qu'on décrie trop souvent à mon goût, ne réside pas dans les valeurs anarchisantes et virilisantes véhiculées pendant la majeure partie du film, c'est malin. Au contraire, le reproche qu'on pourrait faire au récit, c'est justement, en montrant les défauts de la révolution, d'encourager par l'absurde le ronronnement confortable. Bon, il me fallait juste une introduction pour l'image suivante.


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Enfin, "à la manière de" ces blogs survisités qui conseillent tel film ou tel album, voici un top 3 des morceaux écoutés ces jours-ci
1) Two Gallants - "Las cruces jail" (sur What the toll tells)
2) Arcade Fire - "The well and the lighthouse" (sur Neon bible)
3) The Faint - "In concert" (sur Blank wave arcade)

21 mars 2007

We hate Wouter Vrancken

Traversée en son milieu par une frontière linguistique datant du haut Moyen Âge, la Belgique toute entière pourrait se targuer de compter en son territoire un évènement qui, pour la troisième fois en quatre ans, vient de remporter le titre de "Best festival" lors de l'International Live Music Conference. Malheureusement, comme trop souvent, le clivage culturel et linguistique est, lors de ce type de manifestation, porté à son paroxysme par certaine frange ultra-régionaliste et bruyante, qui éclipse un peu les effluves de paix flottant dans l'air des prairies flamandes : ainsi, si les groupes wallons sont tolérés pourvu qu'ils s'expriment en anglais (Girls in Hawaii), les artistes désireux de partager leur bonheur d'être sur place en communiquant dans la langue de Molière se font copieusement huer (Placebo régulièrement - pour les merci ou les morceaux délibérément joués en français -, Moby, ...) en une sorte de rite primitif visant à démontrer que les scènes sur lesquelles les groupes évoluent sont flamandes avant d'être belges.
Cette année, le dernier album de Mlle Gainsbourg avait particulièrement plu à la majorité des organisateurs de festivals du nord du pays. Mais le programme, par souci d'éviter tout débordement, est vidé de tous les artistes choisissant de chanter en français. Dès lors, une nouvelle fois, Werchter ne pourra assouvir son amour pour Charlotte.

19 mars 2007

rien à perdre

- Vous aimez le théâtre?
- Non
- Vous n'avez pas de chance. Parlez-moi du théâtre belge.

- Ne pas aimer quelque chose ne signifie pas qu'on ne peut pas en parler. Je peux parler de chicons, d'indochine et je parlerai sans aucun doute de vous après cet entretien. Il se peut même que, l'inimitié aidant, l'éloquence de l'orateur se trouve décuplée. Voyez les discours haineux tenus par les leaders extrémistes. Ramassis d'inepties, convenons-en, mais dont la teneur est éclipsée par la ferveur du sujet parlant qui, seule, parvient à bouleverser et émouvoir bien des esprits. Ce que vous me proposez est en fait un exercice de style particulièrement dangereux et idéologiquement suspect.
- Euh... je...
- Non, je déconnais. Le théâtre belge, donc. Bah, Louvet, Ghelderode, ce n'est pas trop mon truc, franchement, mais bon...

16 mars 2007

ritournelle

- Tu sais, il a l'air juste ton professeur: tu peux avoir l'impression qu'il t'en veut, mais il ne peut pas tout voir non plus, c'est un être humain. Mais je crois vraiment que c'est quelqu'un de juste.
En partageant cette vision des choses à son gosse de huit ans qui devrait cesser de mordre dans sa chupa chups, le mec rachète la représentation foireuse que ses crâne rasé et plaquette d'identification en guise de pendentif avaient provoquée.
- Et puis tu sais, avant d'être le monsieur qui est d'accord avec le professeur, je suis ton papa. C'est toujours avec toi que je tiens pour commencer, ne l'oublie pas.
Oui bon, je n'ai rien dit alors.

13 mars 2007

Liège s'écrit - Ville des mots 2007

Depuis 1995, le Service de la langue française organise l’opération La Langue française en fête. Elle a lieu durant la semaine du 20 mars, date de la Journée internationale de la Francophonie. Cette opération a ses équivalents en France avec la « Semaine de la langue française », en Suisse romande avec « Vivre le français », au Québec avec la « Franco­fête ». « La Langue française en fête » vise à donner aux francophones une image résolument positive de leur outil d’expression en tant que source d’épanouissement personnel, de plaisir et de créativité. Elle est l’occasion pour chacun de devenir véritablement le « propriétaire » de sa langue et non plus seulement son « locataire ». La Communauté française désigne chaque année une ville où concrétiser davantage cette célébration de la francophonie. En 2007, c’est au tour de la Cité Ardente de se transformer en un grand écritoire proposant, entre le 15 et le 24 mars, de multiples prises de paroles, activités, événements, expositions, rencontres, … articulées autour de la langue française, écrite et parlée.
À noter, dans le cadre de ces "festivités", le colloque du samedi 17 mars sur la novlangue et le clavardage (programme).

deux ans après tout le monde

Après l’hyper-pédagogique Une vérité qui dérange d’Al Gore (qui, soit dit en passant, a gagné mon vote américain sans remettre en cause les fondements de mon idéologie – ce qui ne risque pas d’être le cas de mon vote français) projeté hier soir à Visé se tenait un débat interécologistes « avec des personnalités à même de répondre à toutes [n]os questions, de dissiper [n]os éventuels doutes et de lancer la réflexion indispensable pour engager le changement ». Si le début des échanges s’annonçait prometteur, la discussion s’est finalement muée en crucifixion de l’autre, ce faiseur d’erreurs, après qu’un membre du public a dénoncé l’idéologie néo-libérale poussant inéluctablement à la consommation et à la pollution. Si l’intervention du monsieur en question brillait par son éloquence et sa justesse, elle est arrivée trop tôt : toute idéale qu’elle aurait été en guise de conclusion, elle n’a conduit qu’à un malheureux enchaînement de contre-exemples d’engagement écologique et des habituels discours-topoï tristement creux. Et, quand un spectateur un peu étonné par l’engouement suscité par le stockage de gaz carbonique dans le sol se renseigne sur l’intérêt d’une telle démarche qui risque peut-être de simplement différer le problème, on lui répond un peu hautainement qu’il n’a pas bien compris.
Pendant la discussion, T. me glisse que ça l'énerve les doublons du type "la capacité de pouvoir", tous les pléonasmes dont certains orateurs parviennent encore à farcir leur discours. Et de proposer en plus l'exemple "la volonté de vouloir changer les choses". Je réponds que là ce n'est pas pareil, que si on regarde bien, les gens ont souvent plus la volonté de vouloir changer les choses que la volonté de changer les choses.

07 mars 2007

immobile bien sûr

En me faisant apposer, après avoir tendu un billet de cinq euros, le cachet qui me permettrait de quitter et réintégrer la salle à mon gré (mais sans verre, monsieur), j’ai jeté un œil par-dessus l’épaule du préposé aux entrées pour constater que l’affluence s’élevait probablement à vingt-cinq individus. J’ai commandé un tango et suis entré en conversation avec la première personne dont j’aurais pu avancer le prénom avec certitude (ou presque, un nom en « a », je dirais).

J’ai consacré l’essentiel de mon temps à regarder les mouvements vains et ridicules de danseurs de nylon, accompagné dans un premier temps d’E. et O., arrivés peu après moi, mais qui m’abandonnèrent rapidement, les vils, l’alcool bon marché ayant tôt fait de provoquer une émanation de bonne humeur qui les encouragea à rejoindre la piste de danse. J’ai rejoint le bar en toisant un peu les gens, désagréable, jouant mon jeu - l'oeil fixant dur un détail du désert s'emplit de larmes.

V. m’a retrouvé. Il débarquait à l’instant et, considérant l’assemblée théâtralement – comme s’il la prenait seulement en compte à présent, moi aperçu, alors qu’il l’avait observée dès son premier pas dans la salle dont le contenu avait, depuis mon arrivée, quadruplé au moins deux fois – m’a confié qu’il était particulièrement heureux que son village n’ait pas le monopole des soirées mal famées. J’ai un peu forcé le sourire, mais j’étais réellement enchanté qu’il échoue sur moi, comblant le vide instauré par l’absence de mes compagnons éméchés. Déception fulgurante.

La présence de V. tenait plus à son désir de rencontrer ici quelqu'une avec laquelle il pourrait passer un laps de temps variable – la nuit au moins, quelques jours au plus, peu importait au fond – qu’à sa volonté de refaire le monde avec ses amis près d’un stroboscope qui tiendrait lieu de feu de camp. D’un côté, c’était peut-être tant mieux car, j’avais beau creuser, je ne distinguais aucune raison valable qui aurait justifié mon opiniâtreté à m’éterniser là.

Je réussis à soutirer V. à sa conquête (il lui avait fallu une demi-heure ou un peu plus pour s’attirer les faveurs d’une jeune fille dont j’estimais l’âge à dix-sept ans, trop maquillée et fringuée comme pas possible, dommage parce que plutôt mignonne sinon) l’espace d’un quart d’heure, le temps qu’il me parachute dans le centre, moyennant la cession de mes tickets boissons qui lui donnaient droit à trois bières, mais il me déposait avant de les commander, n’est-ce pas ?

Au retour, le chat, qui avait profité de moi pour retrouver la chaleur de la chambre, a fatigué les draps soigneusement pliés en ronronnant son opinion, puis s’est déployé et, les yeux fermés, s’est mis en veille avec sur la gueule l'impression de [les derniers mots de Mal vu, mal dit].

03 mars 2007

foire du livre 2007

André-Marcel Adamek, Alain Bertrand, Amélie Nothomb, Francis Dannemark et Jacques De Decker ont présenté l'originale anthologie L'école des belges, où l'on peut lire que la dame au chapeau considère Muse et Placebo comme des drogues. Ca explique que des adolescentes au look vampire se mettent à faire la file pour un autographe plus de deux heures avant l'arrivée de la romancière.
Thierry Magnier, Muriel Molant, Patrick Delperdange et Nicolas Ancion étaient tous très d'accord pour qu'on cesse de considérer la littérature pour la jeunesse comme paralittérature. Emporté par le partage de cette belle idée, le premier cité en a profité pour cracher sur les sous-productions médiocres qui polluent son champ d'action (les paralittératures pour la jeunesse... c'est-à-dire, une forme de paraparalittératures).
Lewis Trondheim, Fabrice Néaud et Martin Vidberg n'ont pas tellement parlé d' "autoblographie", malgré les tentatives de Thierry Bellefroid. En fait, Fabrice Néaud a surtout monopolisé la parole pour critiquer les questions qu'on pourrait lui poser, le travail de Martin Vidberg (en se défendant de le faire) et a réussi à placer que Larcenet pompait les décors hachurés de Blutch et Christophe Blain. Il aurait fallu qu'on lui rappelle qu'il portait des bretelles et que c'était sacrément ringard.
Dans le train, un vieux monsieur faisait l'aller et retour dans mon wagon en rotant. J'ai fini par changer de place : même un ipod n'aurait pas empêché l'odeur.

01 mars 2007

il étrangle son prochain quand il a le cafard...

L'anniversaire fêté au Mc do, chez Pizza Hut: meilleur exemple (preuve) de désengagement parental.
Problématique dont la filiation avec l'âne dit de Buridan nous obsède ces jours-ci: devons-nous sacrifier à la mode et à certaine pulsion de vie en nous procurant un ipod vendu cinq fois sa valeur et, partant, nous permettre de fulgurer jusque dans nos lectures en TEC en offrant à celles-ci un fond musical adéquat qui servira notre concentration? Ou devons-nous, au contraire, assumer jusqu'au bout notre posture anti-commerciale et notre rôle de récepteur insoupçonné des tracas, joies et insanités de nos compagnons de route (nous sommes presque des pêcheurs d'hommes, selon l'expression rapportée par Matthieu, 4, 19) et choisir de plonger dans le gouffre de la folie dont l'appel se fait de plus en plus pressant (nous en aurions presque la chair de poule)? Faut-il claquer 210 euros maintenant ou prendre le risque d'avoir à investir dans un avocat valable le jour où?