30 septembre 2007

Tintin et les oranges bleues

En écrivant La terre est bleue comme une orange, Paul Éluard ne se doutait peut-être pas qu'il inventait une blague belge avant-gardiste.

25 septembre 2007

10.30 pm

Là, comme prévu, je retrouvai V. Il déambulait en compagnie de sa copine et d’un type, la cinquantaine, qui portait un costume noir sous un vieux loden à carreaux moche et qui avait une raie sur le côté. Ils m’invitèrent à manger un bout (– Comme à Barcelone, l’heure sied parfaitement. « Sied », je vous jure). L’inconnu nous offrit le pousse-café. Je ne l’avais jamais vu et le fait que V., l’adolescent primesautier, fréquente un homme plus âgé m’étonnait quelque peu. Pendant le repas, il fut rapidement établi que le philanthrope était une sorte d’entrepreneur, collègue bruxellois du père de V. Ce dernier n’avait su se libérer d’une réunion très importante (le degré d’importance des réunions de Monsieur V. père était, je le savais, directement proportionnel à l’heure à laquelle celles-ci se terminaient et il était plus de minuit quand le serveur de la pizzeria nous amena le cognac désiré) et avait mandé son fils de distraire son ami pendant quelques heures. Tâche ingrate s’il en était, vu la physionomie du personnage. Le type nous avait accablé de propos fastidieux, évoquant, avec une fade satisfaction et sur un rythme monocorde, l’inflation constante des rarissimes terrains à bâtir d’Etterbeek, l’insupportabilité des clients, les discussions perpétuelles sur des détails de plans et autres futilités résolument indigestes pour n’importe qui s’était levé il y a moins de trois heures.
Marquant machinalement le velours de mon pantalon d’un trait qu’un revers de la main suffisait à effacer, j’avançai timidement qu’il me faisait penser à un castor. – Pour le côté bâtisseur ? – Non, pour le physique : vos incisives sont déconcertantes.
V. recracha dans son verre la lampée de cognac qu’il venait de mettre en bouche (comme au cinéma, j’étais ravi). Je compris la nécessité de me fondre dans la nature aux regards, qui amusément embarrassé, qui outré que me lançaient les différentes parties. J’avais un bus à prendre moi, subitement. Je saluai et vidai les lieux gauchement, accrochant au passage le sac à main qu’une dame avait glissé dans le prolongement du pied de sa chaise, le ramassant en marmonnant confusément des excuses empressées. Cabiai. J’aurais du dire cabiai et pas castor. Ca aurait mieux convenu à sa taille.

11 septembre 2007

inside the car

Je n'aime pas les hôpitaux, ces endroits presque aussi tristes qu'un cirque.
Je poursuivis alors droit devant, à la ramasse, pendant un kilomètre, en espérant finalement retrouver la nationale. De là, je tentai de m’attirer les faveurs d’une voiture en levant le pouce avec une conviction feinte et un sourire un peu aguicheur, je l’admets. Stratégie efficace.
– Vous êtes en permission ?
Je susurrai que non, pas vraiment, sans vraiment comprendre ce qu’elle voulait dire par là. Je portais bien un pull kaki et un sac, mais il ne fallait pas pousser, avais-je sincèrement un tête de plouc. Sincèrement ? Sans avoir écouté ma réponse, la petite dame qui se tenait très près de son volant dit que, elle aussi, elle avait un fils dans l’armée. Dans l’artillerie, à Bastogne. D’accord, dis-je. Et j’habitais où comme ça ? Je n’allais pas loin et elle pourrait me déposer quand je lui ferais signe. Ca la dérangerait de couper la radio?
Notre interrogatoire mutuel s’interrompit deux kilomètres plus loin, quand je lui demandai de stopper là. J’avais encore à trotter un petit peu, mais je n’avais pas vraiment envie qu’elle sache précisément localiser l’endroit où je vis. Merci beaucoup, dis-je dans le vide, au moment où elle redémarra, en agitant un peu la main.

(la relecture des vieilles notes et des vieux doc.word, exercice difficile).

06 septembre 2007

appendice au Dictionnaire des Idées Reçues (II)

conventions : être à cheval sur elles ou s'asseoir dessus. Ce qui, paradoxalement, ne revient pas au même.

02 septembre 2007

linguistique

Je me souviens (le contraire serait malheureux, ça date d'il y a un an et quelques mois) du cours de linguistique synchronique où, pour l'examen, il fallait être capable d'appliquer l'analyse en constituants immédiats et de mener une analyse de la phrase selon les procédés élaborés par Tesnière dans Éléments de syntaxe structurale. Ce genre de lecture permettait de mettre au jour, par des systèmes d'arborescences, les différences sémantiques entre des phrases comme, par exemple, Je n'ai pas de conseil à te donner et Je n'ai pas à te donner de conseil. Si quelqu'un a le temps de faire les schémas respectifs de ces deux propositions...

01 septembre 2007

notuscule

On trouve, sur le site enseignement.be, une liste de blogs ou sites d'auteurs belges contemporains (format pdf) dans laquelle figure l'adresse www.dessus-de-portes.blogspot.com. Comme je ne suis pas, à ma connaissance, un auteur belge contemporain, le site est accolé au nom de Tanguy (qui m'a signalé le lapsus). La confusion procède, à n'en pas douter, d'une inconnaissance des formations de réseaux au sein du réseau.