
31 octobre 2005
26 octobre 2005
Le jour où Jean-Philippe Toussaint est venu à l'école
1) Aujourd'hui, Jean-Philippe Toussaint est venu à l'école et un gros garçon à boutons lui a demandé comment il pouvait atteindre cette frénésie, cette euphorie que procure l'écriture en faisant des textes comme les siens.
Le gros garçon savait de quoi il parlait: lui aussi écrit un peu.
2) J'ai réussi une bonne caricature du trio locuteur, mais elle est restée sur la feuille de David.
Il faudrait que je la récupère. (Finalement, c'est surtout Toussaint qui n'est pas raté. Laurent Demoulin pardonnera cette courbe due à un glissement de bic. )
Le gros garçon savait de quoi il parlait: lui aussi écrit un peu.
2) J'ai réussi une bonne caricature du trio locuteur, mais elle est restée sur la feuille de David.
Il faudrait que je la récupère. (Finalement, c'est surtout Toussaint qui n'est pas raté. Laurent Demoulin pardonnera cette courbe due à un glissement de bic. )

3) Chez Pax, Jean-Philippe Toussaint me dit qu'il ne sent pas la moindre appartenance à une littérature belge.
Il est Belge (il me dit cela comme s'il m'annonçait qu'il était mon père, mais il dit "belge" à la place de "ton père". Ca m'aurait étonné un peu.), mais appartient plutôt à la littérature de langue française, sans aucun penchant régionaliste. Je le remercie et lui conseille en chuchotant de ne pas répeter ce qu'il vient de me confier au personnage derrière nous, celui avec une chemise orange.
08 octobre 2005
C'est un très au-vent d'octobre paysage...

En contemplant l’agitation liégeoise depuis les coteaux, je suis convaincu que, oui, il y a bien des endroits qui valent le déplacement. Le problème, me dis-je en poursuivant l’observation, c’est qu’on s’y habitue, qu’après un temps, ils nous sont si familiers qu’on n’y prête même plus attention et qu’ils perdent, par conséquent, de leur valeur initiale. Il me semble que le contraire n’est pas possible : on n’en viendra pas à trouver beau un endroit pourri côtoyé quotidiennement. J’en suis à la conclusion que la laideur l’emportera à jamais sur la beauté puisqu’on s’habituera toujours à cette dernière, quand je me dis que cette théorie est trop parfaite pour n’avoir jamais été imaginée. Du coup, quasi instantanément, je me rappelle la phrase de Céline, dans Voyage Au Bout De La Nuit, disant que la beauté est comme l’alcool et le confort, qu’on finit par ne plus y prêter attention.
Je rage.
En passant place Cathédrale, on croise un gars qui était avec moi en rhéto. Il m’apostrophe et me supplie presque de rester trente secondes d’abord, trois minutes ensuite, en sa compagnie.Etonné, je lui demande s’il a des ennuis, à quoi il répond évasivement qu’il attend des copains, puis qu’il fait le guet. Il mène en effet une action héroïque (du moins la perçoit-il telle quelle) contre les publicistes, ses amis et lui projetant de taguer un abri de bus recouvert d’une réclame pour une console de jeux. L’opération étant diurne dans le but de banaliser la réappropriation des espaces publiques. Le temps de lui dire avec un sourire de joker que je n’hésiterai pas à le balancer au premier représentant de la maréchaussée dont je percevrai l’odeur, le garçon déclare « ah c’est fait » et prend un rapide congé. Nous retournant, nous pouvons contempler le résultat. Je saisis mon appareil pour immortaliser l’acte, que je trouvais amusant, mais les piles ont rendu l'âme.
Je rage.
Au concert, le soir, la première partie (Absynthe Minded) se voit octroyer une heure de set, ce qui est plutôt rare, mais pas désagréable. Le concert de Mud Flow commence deux heures plus tard, le groupe se permettant un soundcheck d’une heure. Après deux notes, on comprend que ça valait la peine d’attendre, c’est vraiment très fort. Malheureusement, le public est probablement venu en prévision de l’after dirty dancing et papote abondamment, ce qui pousse même le chanteur à interrompre un morceau joué seul à la guitare pour invectiver un spectateur bruyant. Pour couronner le tout, le couple d’abrutis qui se trouve devant nous a décidé de se lever, me bouchant la vue, alors que leur place au premier rang des gradins lui permettait de vivre le concert posément, en restant assis. Ils refusent de retrouver cette position, qu’ils ont pourtant occupée tout le long du concert précédent, prétextant que cela se vit mieux de cette façon et peu importe si je dois, de mon côté, regarder le spectacle à travers le dandinement constipé d’un con et l’immobilité remarquable de sa fausse jeune compagne. J’attends alors que Vincent annonce « ceci est notre dernière chanson » pour planter la clef de ma maison dans la carotide du mec. Le coup est si bien asséné qu’il se renverse doucement par-dessus la petite barrière, sans avoir le temps de comprendre ce qui lui arrive ou d’exprimer sa surprise. Le bruit de craquement de sa nuque, à l'atterrissage, indique qu’il ne se relèvera peut-être pas tout de suite. Je décide qu’il faut quand même filer assez rapidement, ce que Laura accepte en rigolant.
Je rage.
En passant place Cathédrale, on croise un gars qui était avec moi en rhéto. Il m’apostrophe et me supplie presque de rester trente secondes d’abord, trois minutes ensuite, en sa compagnie.Etonné, je lui demande s’il a des ennuis, à quoi il répond évasivement qu’il attend des copains, puis qu’il fait le guet. Il mène en effet une action héroïque (du moins la perçoit-il telle quelle) contre les publicistes, ses amis et lui projetant de taguer un abri de bus recouvert d’une réclame pour une console de jeux. L’opération étant diurne dans le but de banaliser la réappropriation des espaces publiques. Le temps de lui dire avec un sourire de joker que je n’hésiterai pas à le balancer au premier représentant de la maréchaussée dont je percevrai l’odeur, le garçon déclare « ah c’est fait » et prend un rapide congé. Nous retournant, nous pouvons contempler le résultat. Je saisis mon appareil pour immortaliser l’acte, que je trouvais amusant, mais les piles ont rendu l'âme.
Je rage.
Au concert, le soir, la première partie (Absynthe Minded) se voit octroyer une heure de set, ce qui est plutôt rare, mais pas désagréable. Le concert de Mud Flow commence deux heures plus tard, le groupe se permettant un soundcheck d’une heure. Après deux notes, on comprend que ça valait la peine d’attendre, c’est vraiment très fort. Malheureusement, le public est probablement venu en prévision de l’after dirty dancing et papote abondamment, ce qui pousse même le chanteur à interrompre un morceau joué seul à la guitare pour invectiver un spectateur bruyant. Pour couronner le tout, le couple d’abrutis qui se trouve devant nous a décidé de se lever, me bouchant la vue, alors que leur place au premier rang des gradins lui permettait de vivre le concert posément, en restant assis. Ils refusent de retrouver cette position, qu’ils ont pourtant occupée tout le long du concert précédent, prétextant que cela se vit mieux de cette façon et peu importe si je dois, de mon côté, regarder le spectacle à travers le dandinement constipé d’un con et l’immobilité remarquable de sa fausse jeune compagne. J’attends alors que Vincent annonce « ceci est notre dernière chanson » pour planter la clef de ma maison dans la carotide du mec. Le coup est si bien asséné qu’il se renverse doucement par-dessus la petite barrière, sans avoir le temps de comprendre ce qui lui arrive ou d’exprimer sa surprise. Le bruit de craquement de sa nuque, à l'atterrissage, indique qu’il ne se relèvera peut-être pas tout de suite. Je décide qu’il faut quand même filer assez rapidement, ce que Laura accepte en rigolant.
04 octobre 2005
moins pire qu'en vrai
A priori, aujourd’hui commence par un coup de bol : un cours déprogrammé reprend finalement place et je peux assister, ayant été contraint de me rendre plus tôt en ville. Une heure plus tard, nous nous étonnons d’avoir été encouragés à digresser à partir du texte et à ne pas nécessairement s’y tenir. Les avis divergent.
Une demi-heure de perdue ensuite, à la recherche d’un local puis des clefs qui l’ouvriraient.
En synchro, mon voisin perd le fil. Bloomfield préconise l’application du schéma basique behaviouriste S-R au langage. Et I ? S-R constitue la signifiance constante et définie. L’antiphrase est mise de côté, ce qui ôte tout intérêt à l’étude d’aujourd’hui et permet de considérer ma dernière phrase comme une vérité immuable.
Avant le cours de philo du Moyen-Âge, je reçois comme message « on est au Delft si ça te dit ». En y entrant, je m’aperçois qu’on ne m’attend visiblement pas. Les sièges sont occupés, la discussion cesse et ma présence va jusqu’à encombrer le serveur. Haineux, je m’éclipse et réfléchis au nombre infinitésimal de dialogues valables de cette journée... et à ce foutu rapport S-R, qui, décidément, ne s'applique au langage qu'au prix de maints détours (et l'innéisme, hein?).
Je lis le texte de Bloomfield en patientant au local philo II. Les gens arrivent en masse et je me réjouis de mon relatif malheur. Il y aura finalement trop d’étudiants dans la classe et le cours ne durera que soixante minutes.
En me dirigeant vers l’arrêt, mon cerveau colle mes lèvres entre elles, et seul un effort surhumain sporadique me permet de les desceller.Mais si cela s’est vu, ce fut jugé indigne de commentaire. (dit-il en se lovant dans un fauteuil troué)
Une demi-heure de perdue ensuite, à la recherche d’un local puis des clefs qui l’ouvriraient.
En synchro, mon voisin perd le fil. Bloomfield préconise l’application du schéma basique behaviouriste S-R au langage. Et I ? S-R constitue la signifiance constante et définie. L’antiphrase est mise de côté, ce qui ôte tout intérêt à l’étude d’aujourd’hui et permet de considérer ma dernière phrase comme une vérité immuable.
Avant le cours de philo du Moyen-Âge, je reçois comme message « on est au Delft si ça te dit ». En y entrant, je m’aperçois qu’on ne m’attend visiblement pas. Les sièges sont occupés, la discussion cesse et ma présence va jusqu’à encombrer le serveur. Haineux, je m’éclipse et réfléchis au nombre infinitésimal de dialogues valables de cette journée... et à ce foutu rapport S-R, qui, décidément, ne s'applique au langage qu'au prix de maints détours (et l'innéisme, hein?).
Je lis le texte de Bloomfield en patientant au local philo II. Les gens arrivent en masse et je me réjouis de mon relatif malheur. Il y aura finalement trop d’étudiants dans la classe et le cours ne durera que soixante minutes.
En me dirigeant vers l’arrêt, mon cerveau colle mes lèvres entre elles, et seul un effort surhumain sporadique me permet de les desceller.Mais si cela s’est vu, ce fut jugé indigne de commentaire. (dit-il en se lovant dans un fauteuil troué)
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