26 août 2007

se rendre à l'évidence

Aussi comme, de ma fenêtre, je vois des spectres nouveaux roulant à travers l'épaisse et éternelle fumée de charbon, - notre ombre des bois, notre nuit d'été ! [...] [AR, Ville]
Contemplant, à travers le cadre de bois, l'impressionnante fumée qui se dresse vers le ciel, quasi-inflexible et menaçante, je n'ai guère d'autre option qu'accepter les faits et reconnaître mon erreur: les mangemorts sont bel et bien de retour et ont pris possession du parc industriel des Hauts-Sarts. Le choix est incongru. Il faut maintenant annoncer la nouvelle au monde, mais, inévitablement, les oreilles se bouchent, qui ne veulent pas qu'on leur raconte la fin de Harry Potter VII. Nous courons à la catastrophe et les fans du héros de Rowling, malgré eux, sont en train de précipiter notre perte.

21 août 2007

à faire

1) Dans la Genèse, au premier verset du quatrième chapitre, on peut lire « L'homme connut Ève, sa femme ; elle conçut et enfanta Caïn [...] ». L'expression que je souligne évoque en fait, étrangement, le coït et on parlera à cet effet d'euphémisme (je précise à l'attention des porte-étendards d'un athéisme total qui me lisent - ce sont ceux-là qui, chaque année, se sentent offensés par la présence de Saint-Nicolas dans leur supermarché préféré). 2) Cette semaine, on peut lire en couverture d'un magazine people « Johnny violé dans son intimité ». L'expression que je souligne ne réfère pas aux sphincters anaux du chanteur sans pays, mais à la présence, dans la propriété dudit saltimbanque, d'un individu étranger et non désiré (du type columbidé ou corvidé, que sais-je). On parlera ici d'hyperbole.
Il faudrait faire un recensement des expressions euphémisantes utilisées pour désigner l'acte charnel à travers les siècles, au quotidien comme en littérature (du « Tout se fit ombre et aquarium ardent » rimbaldien au « Faire catleya » de Swann). Il faudrait aussi faire le contraire, dénombrer les récupérations métaphoriques de l'acte charnel pour évoquer des situations communes (cela impliquerait une approche lexicographique : la locution « prendre son pied » référait-elle en premier lieu au plaisir sexuel ou à une sorte d'ataraxie?). Cette deuxième solution tiendrait des cultural studies.

19 août 2007

bashfr.org saves my day

Zang : Au brevet d'histoire, on avait le bilan de la WWII, avec comme document la photo de la conférence de Yalta sur laquelle figuraient Roosevelt, Churchill et Staline. La question demandait où se trouvait le Général de Gaulle pendant ce temps.
Zang : Question bizarre n'est-ce pas?
Bear : Assez...
Zang : Je me suis dit qu'il y avait un piège.
Bear : Tu as répondu quoi?
Zang : Qu'il prenait la photo.

(Évidemment, ces gens ont des rédacteurs attitrés ou certains quidams postent sur IRC des vannes préparées à l'avance. Malgré tout, c'est drôle).

14 août 2007

Voici le temps des Assassins

C'est gentil de me ménager, mais il ne faut pas hésiter à me dire si vous êtes au courant d'actualités de ce genre (si si, c'est bien Jonathan Cerrada dans le rôle principal).

13 août 2007

Joey

De façon un peu ironique, ma probable meilleure photo des vacances (si pas de l'année, si pas du monde), c'est la frimousse imposante du virulent Joey Starr qui se découpe dans la brume d'une scène liégeoise, au début du mois de juillet.

Epilogues

1) Face à la grande étendue qui s’offrait à moi, je baissais trop respectueusement les yeux. J’étais les pieds dans le sable, qui tentait vainement de reproduire un tableau d’André Masson sur mes tibias. Il y avait des mouettes et puis personne. Deux piles composées chacune de quatre kayaks jaunes sanglés s’enracinaient là. Elles pouvaient remercier l’usure délavée de leurs flancs respectifs, sans laquelle elles auraient atrocement juré avec le ciel. Un vaste plan d’eau salée et verdâtre. Je souris imbécilement. Et toi.

2) Face à la grande étendue qui s’offrait à moi, je baissais trop respectueusement les yeux. J’étais les pieds dans le sable, qui tentait vainement de reproduire un tableau d’André Masson sur mes tibias. Il y avait des mouettes et puis personne. Deux piles composées chacune de quatre kayaks jaunes sanglés s’enracinaient là. Elles pouvaient remercier l’usure délavée de leurs flancs respectifs, sans laquelle elles auraient atrocement juré avec le ciel. Un vaste plan d’eau salée et verdâtre. Je souris imbécilement. Et pan.

06 août 2007

Lazare

Alors que je scrute, en attendant le choix de la visite, les disproportions de la reproduction du David exposée sur la Piazza della Signoria, à l'entrée du Pallazo Vecchio, au sortir des couloirs peuplés de files de deux heures, je suis arraché à ma contemplation par le son français d'une voix de la quarantaine.
- Regarde la fontaine, Lazare, je pense que tu vas l'aimer.
Et de désigner de cette façon l'imposant et statique Neptune de Bartolomeo Ammannati et son cortège aquatique. Lazare ne regarde pas ce que papa lui indique. Lazare a environ dix ans et Lazare regarde le vide en traînant les pieds et en laissant échapper un large filet de bave de sa bouche entrouverte. Lazare est trisomique et je mettrais bien une claque à celui qui a décidé de lui donner ce prénom de miraculé, probablement persuadé que Dieu cherchait à éprouver sa foi et que j'imagine louant l'Éternel de lui avoir offert ce cadeau, ce vecteur de croyance, cette indulgence. Passablement aussi taré que le prêtre de Adam's apples.