30 octobre 2006

(à lire)

Alfred, Olivier Ka, Pourquoi j'ai tué Pierre, Delcourt, "Mirages", 2006.

la conservation du passé

J’avais vu Good Will Hunting à l’âge de douze ans si c’est possible, emmuré en compagnie d’une dizaine d’autres préadolescents avec lesquels on avait choisi que je confirmerais ma foi. Récemment, je ne sais plus qui[1] m’avait dit que c’était un peu Le Cercle des Poètes Disparus version maths. En le visionnant pour la deuxième fois de ma vie, environ dix ans après, je me suis rappelé la séquence où Matt Damon remballe sa copine en jouant les martyrs (les traits déformés de la pauvre fille) et celle, mythique, où "c’est pas sa faute, Will". J’ai un peu regretté que le prof de maths internationalement reconnu ait monopolisé une équipe pour résoudre un théorème en deux ans, alors que le héros règle ça en trente seconde via un petit dessin représentant une douzaine de cristaux de neige (du reste, contrairement au Cercle des Poètes Disparus qu’il est à la limite plus fin de regarder, pour le détail, en ayant lu Le Songe d’une Nuit d’Été, Will Hunting ne nécessite aucune penchant pour les matheuseries : les seuls moments où le héros déballe son érudition, c’est sur de l’éco' et de l’anthropo'). Sinon, c’était robinwilliamesque : une fâcheuse disposition au malheur amoureux (cf. sa filmographie) noyée par un déluge de bons sentiments créateurs d’un climat utopique que la musique d'Elliott Smith ne fait que conforter. On oublie presque que, le lendemain matin, il faudra prendre un bus qui s’arrêtera plusieurs fois à Herstal. Mais dix ans quoi.
[1] Tamara, en fait. Plates excuses.

29 octobre 2006

prod./cons.

A la fin de toute projection, il est un générique interminable qu’ils refusent de subir, choisissant la porte de sortie discrète pour retrouver la lumière. Et laissant les autres dans la contemplation de noms d’inconnus (qui, majoritairement, n’auront jamais de place dans les Histoires / ne laisseront aucune trace dans les mémoires collectives), ils réintègrent les prévisions, créent vite fait un métadiscours post-noirceur de la salle. Ce n’est qu’une métaphore : moi, je ne regarde le générique de fin que si la musique est bien (type Fight Club). S’il y a un bêtisier, je claque la porte. Mais on s’écarte. Le générique de fin ne fait pas partie du « serment », échappe à la Terreur de chacun sur chacun inhérente même à la foule, ce groupe non désiré explicitement. Le générique de fin est, d’une certaine manière, du stakhanovisme. On apprend à être un fruit sec seulement si on le veut (je cligne de l’œil en passant).

26 octobre 2006

Maximilian Hecker à la soundstation

Puisque M. Hecker râle quand on lui flashe gentiment le visage (Hi Mr.Lightman... Er... I'm sorry but if you use the light when you're taking pictures then I'm not able to sing... Hum...), c'est à sa première partie que nous rendrons hommage. Cow-boy mélancolique à la mitaine droite frappée d'une tête de mort (probablement empruntée à Avril Lavigne), Jeffrey Hayes n'a pas plu à tout le monde. Mais j'aime bien les pleurnicheurs.

22 octobre 2006

l'épopée zutique : épisode 2 - stratégies

Se distraire en travaillant le scientifique comme on travaille un roman:En intégrant le cercle zutique, il semble que les membres mettent définitivement de côté les quelques chances de légitimation culturelle que certains avaient jusqu’alors poursuivie. Dans le champ littéraire de l’époque, où le monstre parnassien, tête baissée, a entamé sa course vers la consécration – le cœur de la critique est déjà gagné, celui de l’Académie le sera quelques années plus tard –, le contre-positionnement zutique équivaut à un véritable suicide. A moins que cette prise de position reste tacite…
(se distraire vraiment aussi)
"Votre mémoire, c'est surtout une collecte des informations dont on dispose déjà. Faut pas se leurrer: si vous avez une ou deux idées neuves, ce sera déjà très bien". Dresser alors les listes des idées neuves, de toutes les entorses aux théories établies, des néo-paradigmes qu'on se prépare à imposer au monde, des systèmes révolutionnaires, des modifications engendrées au niveau de l'historiographie littéraire, des futures conférences (quelles universités refuser?), des éditeurs potentiels. Boire un coup, déchirer ces listes, changer la sélection itunes et augmenter le volume des baffles. Regarder par la fenêtre, dix minutes.
(se distraire toujours)
Le champ suppose donc l’originalité, mais en même temps, il suspecte les ruptures radicales et ne tolère pas les comportements anomiques. (Jacques Dubois, L'institution de la littérature, rééd. Labor "Espace Nord", 2005, p.69)

20 octobre 2006

La jalousie

A l'heure où les éditions de Minuit me rejettent sans état d'âme, Jean-Philippe Toussaint réussit à faire éditer 24 pages sous le titre La mélancolie de Zidane. Investir le champ est une épreuve de force. Une fois qu'on y est, on peut retirer ses godasses et mettre les pieds sur la table en se curant les oreilles.

17 octobre 2006

l'épopée zutique: épisode 1 - ironie

Tu déballes un cd réinscriptible parce qu'aujourd'hui tu as deux minutes de libre et tu te dis que ce serait pas mal de sauvegarder les données actuelles de tes recherches (juste comme ça, pour voir). Le cd gravé, tu lances firefox et il décide de foirer un peu, d'envoyer balader tous les liens importants que tu avais marqués comme favoris depuis des mois (juste comme ça, pour voir).
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En même temps, on peut se consoler en clamant haut et fort que les sites internet ne sont pas une source fiable...

16 octobre 2006

posture de quoi

Ne plus utiliser le p2p que pour télécharger des entretiens diffusés sur France Culture ou des cours au Collège de France.

13 octobre 2006

pathologie (4)

denis dit : je vais mourir du hoquet: je l'ai depuis hier, ça me rend dingue. al dit : fais un "je vous salue marie" en tirant la langue. denis dit : je pense que les techniques anti-hoquet sont surtout faites pour que ceux qui ne l'ont pas puissent se marrer un coup. al dit : possible.

09 octobre 2006

transition IV

Comme la langue, la masse électorale se caractérise par une résistance de l'inertie collective à toute innovation. Quoique dans ma commune, il y a eu un véritable positionnement, un engagement en faveur d'un parti dont l'absence de programme et les tracts tapageurs (style nos adversaires ont fait ceci et cela de mal, ça doit changer) ne sont pas sans rappeler la "stratégie" politique du parti - théoriquement - antagoniste .

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Je me souviens de Nicolas et Bart.
Je me souviens de "vous n'avez pas le talent de votre père".
Je me souviens de Kurt Roethlisberger.

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Le blog de Nicolas Ancion.

06 octobre 2006

pathologie (3)

À notre époque, l'utilisation des transports en commun implique les cris d'enfants. Même à court terme, le procédé n'amuse pas. L'utilisateur X quitte le transport en commun, se cloître dans son deux-pièces qu'il décore de photos d'enfants sur lesquelles l'espace oculaire a été retiré au cutter.

04 octobre 2006

pathologie (2)

À notre époque, l’appartenance au groupe social récemment fondé (type association sans but lucratif idéaliste, équipe de hockey sur glace, quintet pop-punk, collectif de recherche en physique quantique) implique la réception de courriels collectifs. À court terme, le procédé amuse. Le membre X n’a que faire du P.S. destiné en private-joke au membre Y sur le mail de rappel de la cotisation, mais il sourit : il participe, il est impliqué, on le prend en compte. Cependant, au bout de quinze « nouveaux messages » de discussion (à laquelle le membre X ne prend pas part) sur le choix de la marque de shampoing pour la douche d’après match ou sur la composition des sandwiches à servir lors de la réunion du samedi, les contractions zygomatiques ont laissé place à une nervosité que les autres membres ne comprennent pas. Le membre X quitte le groupe social, se cloître dans son deux-pièces, construit des civilisations sur des jeux en réseau.

03 octobre 2006

pathologie

Les yeux rivés sur Brian Molko qui vient de changer de chemise et tente d'éterniser la reprise de running up that hill en plaquant sa fender contre l'ampli histoire de décocher quelques larcens, je me demande s'il est vraiment indispensable d'intégrer la totalité des éléments consultés dans une bibliographie, si tout cela ne va pas nous donner une vaniteuse liste de quinze pages.