Au seuil du livre de la semaine, on se dit éventuellement - si on vient souvent faire un tour ici - qu'il y a quelque chose qui a déjà figuré à cette place il y a quelque semaine et, si on est vraiment observateur, on se rend compte que c'est le nom d'auteur. Une des particularités du texte mis en évidence est d'avoir fait l'objet d'une publication sur internet avant de voir le jour dans un joli petit volume comme les éditions Le Fram font si bien. Mais ça, c'est juste une des particularités. Une autre serait d'avoir une couverture dont la reproduction est trop grande pour figurer dans ma petite marge (et je ne commence pas à redimensionner et à héberger sur mon compte, sinon il y aura des jaloux).
30 juin 2006
28 juin 2006
cent mille milliards...
Finalement, le dictionnaire des synonymes que propose le programme microsoft word peut s'avérer un excellent producteur de poésie automatico-moderniste (oui, oui).
Jugeons ensemble, voulez-vous, parce qu'un petit poème vaut mieux qu'un grand métadiscours : en (1), le texte original de Breton ( "Hôtels", dans "Ne bougeons plus" dans Les Champs Magnétiques, 1924) ; en (2) son adaptation relativement aléatoire.
(1) A minuit, vous verrez encore les fenêtres ouvertes et les portes fermées. La musique sort de tous les trous où l’on peut voir mourir les microbes et les vers majuscules. Mais plus loin, toujours plus loin, il y a encore des cris si bleus que l’on meurt d’émoi. Tout est bleu ici. Les avenues et les grands boulevards sont déserts. La nuit est surpeuplée d’étoiles et le chant de ces gens monte vers le ciel comme la mer s’en va à la recherche de la lune, bonheur si lourd et si peu décevant pour les âmes délicates des vagues. Les plages sont pleines de ces yeux sans corps que l’on rencontre près des dunes et des prairies lointaines et rouges du sang des troupeaux fleuris. Cadavres des jours adorés, cirque des émotions et des ivresses rouges, rouges, mais où le cœur bat comme une cloche fine et pâlie par les soleils extérieurs. La porte majeure laisse écouler les fumées oranges comme les champignons que nous aimions, le bois est tout près et les femmes rondes courent de-ci de-là en ramassant les feuilles ressuscitées et passagères ; ce sont des oiseaux de toutes les couleurs et qui chantent mieux que le vent. Quadrilatère où l’on étouffe pour jamais, mais à la sortie on sait que le chasseur est là, avec tous ces chiens, tous ces yeux et personne n’oublie la montre putain d’église qui vous frappe à la tête comme une roche qui se désagrège sans un cri.
(2) A minuit, vous percevrez aussi des clartés béantes puis ces passages clos. Simple litanie écoulée par quelques vides où l’on croit distinguer le trépas des embryons en compagnie des ascarides immenses. Néanmoins ailleurs, perpétuellement ailleurs, il y a également certains signaux tellement céruléens que l’on expire d'excitation. Bleuité intégrale. Plusieurs routes et des éminentes promenades restent sauvages. L’obscurité vit, grouillante d'astres et l’aubade de la foule s’élève au firmament tel que le large file quêtant ton postérieur, satisfaction pénible et tellement peu fourbe auprès des souffles exquis des ressacs. Des grèves subsistent débordantes des visions sans cadavres que l’on saisit à côté des surélévations après les pâturages obliques et vermeils du plasma des ramassis ornés. Défunts des lumières magnifiés, arène des troubles et des ébriétés écarlates, écarlates, mais où la passion régit similairement à une campanile ravissante et décomposée par les planétoïdes périphériques. Une embrasure adulte abandonne l’évanouissement des buées blondasses comme les psilocybes que nous affectionnions, le boqueteau incarne tout près et les truies galopent de-ci de-là en raflant les frondaisons remises et transitoires ; ce sont des évaporables de toutes les peintures et qui fredonnent mieux que l’air. Trapèze asphyxiant en aucun cas, cependant à l’issue on craint que le boucanier demeure, en compagnie de tous ces mâtins, toutes ces clairvoyances et l’imbécile n'omet le chronomètre catin de chapelle qui vous administre un estampille capiteux comme une galette qui se corrompt en la fermant.
Jugeons ensemble, voulez-vous, parce qu'un petit poème vaut mieux qu'un grand métadiscours : en (1), le texte original de Breton ( "Hôtels", dans "Ne bougeons plus" dans Les Champs Magnétiques, 1924) ; en (2) son adaptation relativement aléatoire.
(1) A minuit, vous verrez encore les fenêtres ouvertes et les portes fermées. La musique sort de tous les trous où l’on peut voir mourir les microbes et les vers majuscules. Mais plus loin, toujours plus loin, il y a encore des cris si bleus que l’on meurt d’émoi. Tout est bleu ici. Les avenues et les grands boulevards sont déserts. La nuit est surpeuplée d’étoiles et le chant de ces gens monte vers le ciel comme la mer s’en va à la recherche de la lune, bonheur si lourd et si peu décevant pour les âmes délicates des vagues. Les plages sont pleines de ces yeux sans corps que l’on rencontre près des dunes et des prairies lointaines et rouges du sang des troupeaux fleuris. Cadavres des jours adorés, cirque des émotions et des ivresses rouges, rouges, mais où le cœur bat comme une cloche fine et pâlie par les soleils extérieurs. La porte majeure laisse écouler les fumées oranges comme les champignons que nous aimions, le bois est tout près et les femmes rondes courent de-ci de-là en ramassant les feuilles ressuscitées et passagères ; ce sont des oiseaux de toutes les couleurs et qui chantent mieux que le vent. Quadrilatère où l’on étouffe pour jamais, mais à la sortie on sait que le chasseur est là, avec tous ces chiens, tous ces yeux et personne n’oublie la montre putain d’église qui vous frappe à la tête comme une roche qui se désagrège sans un cri.
(2) A minuit, vous percevrez aussi des clartés béantes puis ces passages clos. Simple litanie écoulée par quelques vides où l’on croit distinguer le trépas des embryons en compagnie des ascarides immenses. Néanmoins ailleurs, perpétuellement ailleurs, il y a également certains signaux tellement céruléens que l’on expire d'excitation. Bleuité intégrale. Plusieurs routes et des éminentes promenades restent sauvages. L’obscurité vit, grouillante d'astres et l’aubade de la foule s’élève au firmament tel que le large file quêtant ton postérieur, satisfaction pénible et tellement peu fourbe auprès des souffles exquis des ressacs. Des grèves subsistent débordantes des visions sans cadavres que l’on saisit à côté des surélévations après les pâturages obliques et vermeils du plasma des ramassis ornés. Défunts des lumières magnifiés, arène des troubles et des ébriétés écarlates, écarlates, mais où la passion régit similairement à une campanile ravissante et décomposée par les planétoïdes périphériques. Une embrasure adulte abandonne l’évanouissement des buées blondasses comme les psilocybes que nous affectionnions, le boqueteau incarne tout près et les truies galopent de-ci de-là en raflant les frondaisons remises et transitoires ; ce sont des évaporables de toutes les peintures et qui fredonnent mieux que l’air. Trapèze asphyxiant en aucun cas, cependant à l’issue on craint que le boucanier demeure, en compagnie de tous ces mâtins, toutes ces clairvoyances et l’imbécile n'omet le chronomètre catin de chapelle qui vous administre un estampille capiteux comme une galette qui se corrompt en la fermant.
25 juin 2006
21 juin 2006
20 juin 2006
encore une fois traverser la rue
...et puis on retournera décharger des camions, tiens. Il y a dans tout ça quelque chose qui tient de cette bonne vieille conception cyclique du temps.
18 juin 2006
parler sans bruit
Se tenir sur le pont, sur le garde-fou en équilibre. Et puis, quand les gens commencent véritablement à s’agglutiner et que la rumeur s’élève à laquelle se mêle quelque chose d'inquiet, descendre simplement, se faufiler et reprendre sa route en sifflotant pour jouer les désinvoltes.
15 juin 2006
14 juin 2006
fragment d'un discours estival
"Tu es partie, Chérie, mais tu sais ma vie n'a pas changé : c'est toujours canettes de foot et matchs de bière à la télé". Cette joyeuse double hypallage aurait peut-être habilement aidé à témoigner de la perturbation mentale vécue par le malheureux je. La prochaine fois, faites-moi signe. Pour les royalties, on s'arrangera.
10 juin 2006
TEC forever (3.0) / sur le bouquin de la semaine / Coupe du monde
Dans le bus, il y a deux séminaristes qui discutent l'interprétation d'un passage du, je crois, Deuxième livre de Samuel (si j'ai bien compris ça devait tourner autour des chapitres 18 - 19, de David j'en suis certain, d'Absalom presque). Je me frotte les yeux. Ils sont toujours là et se demandent à présent comment prononcer les oints. [lezwẽ] ou [le wẽ]? Optant pour la deuxième solution, sans donner de justification valable, ils se moquent en passant d'un cureton de leurs proches qui dit systématiquement "Israyël" - et ils ressemblent à des étudiants de première candi qui se foutent d'un condisciple qui n'a toujours pas pigé la façon dont le l+yod va se palataliser tout en jouant un rôle d'entrave pour la voyelle de la syllabe précédente, quel con celui-là quand même. Le premier abandonne l'autre à la moitié de mon parcours. Il porte un sachet réutilisable et des sandales.
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Malgré la couverture affreuse de la première édition (qui est la seule de taille acceptable rencontrée sur le net et je n'allais pas m'amuser à redimensionner la couverture du petit format paru aux éditions Ancrage, qui est jolie sous ses contours bleus, et à l'héberger sur photobucket ou autre), lisez Ciel bleu trop bleu de Nicolas Ancion parce que - outre le relatif intérêt de la narration au futur qui crée une certaine entorse à ce bon vieux cours d'analyse textuelle, comme le cligne d'oeil Vincent Rahir en postface, bien qu'on puisse vraiment discuter du genre de ce texte, présenté comme un roman - il y a là-dedans de la jolie cruauté, du méchamment doux, des épigraphes de noir désir et, hors-texte, la preuve qu'il ne faut pas désespérer de son statut de romaniste.
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Christophe Géradon profite de l'événement footbalistique de l'année pour ouvrir un blog particulier. Moi, je trouve l'idée intéressante : je vais pouvoir me passer de noter ici des observations surchargeantes et, en allant placer de temps à autre un commentaire là-bas, je ne détruis pas tout à fait la posture que je construis tant bien que mal (à grands coups de "filtres", n'est-ce pas). Juste un truc plus ou moins footbalistique avant de conclure: revenons sur Cissé. Il y a quelques mois, le délicieux attaquant français avait cassé les côtes de sa dulcinée, au cours de je ne sais quelle dispute anodine. La brisure récente et spectaculaire de sa jambe de plasticine devrait servir d'argument à ceux qui prêchent l'existence d'un Dieu vengeur et colérique. Mais je suis trop gentil, ils devraient apprendre à se débrouiller seuls.* *
Juke-box / Jouer les relais
1) Explosions in the sky – Yasmin the light
2) Bright eyes – Touch
3) Sigur Rós – Starálfur
4) Elliott Smith - Needle in the hay
5) Elliott Smith – The Biggest Lie
6) Pedro the lion – I am always the one who calls
7) Louise Attaque – Lea
8) Girls in hawaii – Flavor
2) Bright eyes – Touch
3) Sigur Rós – Starálfur
4) Elliott Smith - Needle in the hay
5) Elliott Smith – The Biggest Lie
6) Pedro the lion – I am always the one who calls
7) Louise Attaque – Lea
8) Girls in hawaii – Flavor
il n'y a rien de neuf là-dedans, mais ça reste bien.
07 juin 2006
seuils
in Bill WATTERSON, Gare au psychopate à rayures! (Homicidal psycho jungle cat),1999, Hors Collection / UPS, Paris / Kansas City, 1999, p.46.
06 juin 2006
100 raisons très ordinaires pour aimer à peu près tout le monde
À la manière de et en hommage à André Stas.
1 - je l’aime parce qu’il ne s’est pas assis à côté de moi, m’épargnant ce sac qui n’a pas l’air très propre. 2 - je les aime parce qu’ils ont fait un détour pour me redéposer. 3 - je les aime parce qu’elles ont retenu mon prénom alors que nous ne nous sommes vus qu’une fois. 4 - je l’aime parce qu’elle est absolument facile à cerner tant sa vie est plate et que ça me rassure. 5 - je l’aime parce qu’il n’a pas osé me regarder dans les yeux pendant toute la durée de l’examen. 6 - je l’aime parce qu’elle assaisonne bien les plats qu’elle cuisine. 7 - je l’aime parce qu’il a l’air si seul avec ces mottes de terre qui volent dans sa direction. 8 - je l’aime parce qu’elle n’hésite jamais à balancer une rumeur distrayante. 9 - je l’aime parce que son teint jaunâtre me permet de le reconnaître quand je ne porte pas mes lunettes. 10 - je l’aime parce que, à vingt ans, il avait fait tout mieux que tous. 11 - je l’aime parce qu’il est pauvre et que le fréquenter me donne une posture humaniste. 12 - je l’aime parce que son penalty était vraiment mal tiré et que j’ai récolté une gloire facile en le détournant. 13 - je l’aime parce qu’il me salue toujours chaleureusement, bien qu’il ait très probablement oublié qui je suis. 14 - je l’aime parce qu’il parvient à cacher sa déprime en se donnant une contenance de personnage désinvolte. 15 - je l’aime parce qu’il s’est arrêté en voyant que je courais et a ouvert les portes en plein milieu d’un tournant. 16 - je l’aime parce qu’il danse n’importe comment, seul au milieu d’une piste déserte sans avoir bu un seul verre d’alcool. 17 - je l’aime parce que ça fait cinq ans qu’elle oublie de me réclamer son cd. 18 - je l’aime parce qu’il m’a envoyé une carte postale personnalisée. 19 - je l’aime parce qu’il invente presque un nouveau genre musical en posant ses accords de guitare acoustique sur une mélodie electro. 20 - je les aime parce que leur présence détend l’atmosphère. 21 - je l’aime parce qu’il répond attentivement à mes mails. 22 - je l’aime parce qu’elle m’a laissé passer avant elle quand elle a vu que je n’avais qu’un article à payer. 23 - je l’aime parce qu’elle accepte ma position, même si elle est diamétralement opposée à la sienne. 24 - je l’aime parce qu’il m’a téléphoné spontanément pour me proposer un travail. 25 - je l’aime parce qu’elle attend que je finisse de parler avant de prendre la parole. 26 - je les aime parce qu’ils arrivent toujours à l’heure. 27 - je l’aime parce qu’elle est agile et noble, avec sa jambe de statue. 28 - je l’aime parce qu’il est touchant de naïveté avec ses rêves de nouvelle écharpe. 29 - je l’aime parce qu’il est absolument convaincu de mes capacités. 30 - je l’aime parce qu’elle a préparé le petit déjeuner pour tout le monde. 31 - je l’aime parce qu’il ne m’a fait aucun reproche sur ce comportement déplacé. 32 - je l’aime parce qu’il a payé nos consommations. 33 - je l’aime parce qu’elle ne s’est pas barrée avant que je ne me réveille. 34 - je l’aime parce que, malgré son jeune âge, elle a une culture littéraire florissante. 35 - je l’aime parce qu’il est plein de panache avec sa longue queue noire et blanche qui termine son corps malgache. 36 - je les aime parce qu’ils sont prêts à mettre de côté leur petite personne pour privilégier la communauté. 37 - je l’aime parce qu’elle est jolie. 38 - je l’aime parce qu’il me considère comme son modèle. 39 - je l’aime parce qu’il prend position contre ce café, envers et contre tous. 40 - je l’aime parce que son intervention bouffonne m’a servi de point de départ. 41 - je l’aime parce qu’elle n’a pas insisté quand je lui ai dit que je n’avais pas le temps de signer sa pétition. 42 - je l’aime parce que sa présence sur la passerelle contribue au folklore liégeois. 43 - je l’aime parce qu’il est venu me demander si ça me dérangeait qu’il tonde la pelouse. 44 - je l’aime parce que son handicap me rappelle que ma vie n’est pas si moche. 45 - je l’aime parce qu’il m’a laissé traverser alors que je n’étais pas sur un passage pour piétons. 46 - je t’aime parce que tu as lu les quarante-six premières raisons et c’est déjà un bel effort. 47 - je l’aime parce qu’elle a pensé à me glisser un mot dans sa lettre de suicide. 48 - je l’aime parce qu’il a proposé de m’aider à nettoyer et à ranger pendant que les autres s’éclipsaient lâchement. 49 - je l’aime parce qu’il sent tellement fort que ça me permet de le localiser sans coup d’œil et que son odeur appartient presque à mon horizon d’attente. 50 - je l’aime parce qu’elle me considère loyal et me confie ses secrets. 51 - je les aime parce qu’ils ont mis un lien vers mon site sur le leur. 52 - je l’aime parce qu’elle est tout à fait humaine quand elle décolle la gomme des violettes qui s’accroche à ses dents. 53 - je l’aime parce qu’il ne s’est pas contenté de signer mon bouquin et qu’il a engagé une conversation sincère. 54 - je l’aime parce qu’elle sautille, remue la queue et cesse d’aboyer quand elle m’aperçoit. 55 - je l’aime parce que son héritage m’a permis d’acquérir une nouvelle bagnole. 56 - je l’aime parce qu’il manie l’humour noir avec un rare talent. 57 - je l’aime parce qu’il a flanqué une taloche à son moutard qui beuglait dans le magasin. 58 - je les aime parce qu’ils m’ont invité à leur pendaison de crémaillère. 59 - je l’aime parce qu’il n’a pas osé siffler le hors-jeu flagrant qui entachait la phase de laquelle est venue le but libérateur. 60 - je l’aime parce qu’il a demandé mon avis avant de prendre sa décision. 61 - je l’aime parce qu’elle a une jupe de coton à carreau blanc et brun, qui a du être portée au siècle dernier. 62 - je l’aime parce qu’il accepte sa maladie sans geindre et refuse d’en tirer un quelconque avantage. 63 - je l’aime parce qu’il est courageux de camper sur une position si réactionnaire. 64 - je l’aime parce qu’il parvient à rendre ce cours attractif. 65 - je les aime parce qu’ils ont accepté de m’octroyer ce prêt. 66 - je l’aime parce qu’elle pleure en lisant ce bouquin. 67 - je l'aime parce qu'elle sent l'ambre. 68 - je les aime malgré ce qu’ils sont devenus parce que leur musique a bercé mon adolescence. 69 - je l’aime parce qu’elle a pensé à faire le plein avant de me rendre la voiture. 70 - je les aime parce qu’ils se sont souvenus de mon anniversaire. 71 - je l’aime parce qu’elle est absolument surréaliste sans le chercher. 72 - je l’aime parce qu’il a réparé mon ordinateur en un rien de temps. 73 - je l’aime parce qu’expliquer l’importance de son amendement m’a permis de briller en salon. 74 - je l’aime parce qu’elle me sourit sans me connaître. 75 - je l’aime parce qu’il m’a vendu un billet de subito gagnant. 76 - je l’aime parce que les limites de sa tolérance dépassent l’entendement. 77 - je l’aime parce qu’elle rayonne dans sa robe de mariée. 78 - je les aime parce qu’ils sont tellement cons que j’ai l’air brillant à leurs côtés. 79 - je l’aime parce qu’elle m’aime. 80 - je l’aime parce que son père est plein aux as et que je suis tout à fait vénal. 81 - je l’aime parce que c’est comme ça. 82 - je l’aime parce qu’il peut rester assis des heures au soleil sans rien dire. 83 - je l’aime parce qu’il n’a jamais tenté de m’exploiter et n’hésite pas à me faciliter la tâche. 84 - je l’aime parce que je suis complètement bourré. 85 - je l’aime parce qu’il est passionné par tout ce qu’il entreprend. 86 - je l’aime parce qu’elle m’a consacré un vibrant panégyrique à en croire les dires de ceux qui l’écoutaient. 87 - je l’aime parce qu’elle lave tous les jours les couloirs que nous souillons. 88 - je l’aime parce qu’elle a raté deux trains pour rester avec moi. 89 - je l’aime parce qu’il s’est occupé avec soin de mon clebs pendant les vacances. 90 - je les aime parce qu’elles comprennent tout, tout de suite. 91 - je l’aime parce qu’il m’a annoncé en exclusivité qu’il devenait père. 92 - je l’aime parce qu’elle m’a proposé son épaule. 93 - je l’aime parce qu’il a insulté un représentant de la maréchaussée qui abusait de son pouvoir. 94 - je l’aime parce qu’elle ne prend pas toute la couverture. 95 - je l’aime parce qu’il m’a proposé ses notes de cours sans que je pense à lui demander. 96 - je les aime parce qu’ils sont raffinés et courtois, je suis un peu snob parfois. 97 - je l’aime parce qu’il a mis de côté nos différents pour traiter cette affaire de la façon la plus neutre. 98 - je l’aime parce que ses yeux sont. 99 - je l’aime parce qu’il me fait marrer avec ses chaussettes remontées sur son pantalon. 100 - je l’aime parce qu’elle est plus intelligente que moi et que ça me remet à ma place.
04 juin 2006
oeuf de pastiche
Dans le cinquième numéro de la revue Mandrill, on trouve aux pages 23 – 24 une contribution d’André Stas intitulée 100 raisons très ordinaires pour haïr à peu près tout le monde et qui consiste en une liste de 100 raisons très… bon, compris ? Moi, je retombe sur ça il y a vingt minutes, je me souviens que je trouvais ça très légitime, très vrai, relis les cent propositions (j’aime beaucoup les 13, 37, 56, 59, 66, 78 et il y en a d’autres, mais bon j’arrête parce que ça fait un peu le gars qui rigole tout seul) et mes souvenirs sont confirmés. Du coup, je me dis que je vais pasticher le tout pour rendre hommage à l’auteur et que ça lui fera terriblement plaisir (j’ai tendance à penser comme le Petit Nicolas le dimanche soir). Donc, je cherche une idée fulgurante et c’est tout naturellement que je pense à des raisons inverses. Mais trouver 100 raisons très ordinaires pour aimer à peu près tout le monde c’est atrocement compliqué (il faut veiller à ne pas sombrer dans le rose fleuri, dans le petit poney qui gambade dans le pré). Cette réflexion me ramène au fait que Calvin commençait aussi des listes (plus ambitieuses, parfois, mais également débordantes de bonheur : Le million de trucs qui m’ennuie) qu’il interrompait quand Hobbes lui lançait une vanne au bout de trois ou quatre points. Donc, je laisse tomber mon bic pour prendre une BD de Watterson, mais je garde l’idée de la liste, là (je m’y mets après).
03 juin 2006
pot-pourri
En fait, il y a même des examens qu'on se réjouit de passer. (Ceci n'est pas une flagornerie, plutôt un vrai sourire).

Il faudrait se demander comment une production de l’ordre du présentatif peut acquérir a posteriori une dimension représentative. Bon, présenté comme ça, ça peut paraître chiant.

C’est un peu tard pour regretter et tu n’as plus que quelques mètres à faire, tu sens que, malgré toi, la glaire que tu expectorerais ne décollerait pas tout à fait de tes lèvres, les jambes commencent à se durcir, les gestes ne sont plus conçus et la mécanicité raidit le mouvement, la jonction s’opère, inévitablement, mais plutôt que de t’abandonner à cette main qui se pose sur ton épaule, tu la dégages d’un geste vif, tu tapes son propriétaire à terre dans un dernier effort - avec la jambe droite qui bascule son pied d’appui - et tu places toute ta haine dans ces coups de pieds qui martèlent le ventre du clown comme un sac de sable, un coup, deux secondes d’arrêt, un coup, deux secondes d’arrêt, pour qu’il savoure, tandis qu’autour de la piste les gens sont écroulés.
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