28 juin 2006

cent mille milliards...

Finalement, le dictionnaire des synonymes que propose le programme microsoft word peut s'avérer un excellent producteur de poésie automatico-moderniste (oui, oui).

Jugeons ensemble, voulez-vous, parce qu'un petit poème vaut mieux qu'un grand métadiscours : en (1), le texte original de Breton ( "Hôtels", dans "Ne bougeons plus" dans Les Champs Magnétiques, 1924) ; en (2) son adaptation relativement aléatoire.


(1) A minuit, vous verrez encore les fenêtres ouvertes et les portes fermées. La musique sort de tous les trous où l’on peut voir mourir les microbes et les vers majuscules. Mais plus loin, toujours plus loin, il y a encore des cris si bleus que l’on meurt d’émoi. Tout est bleu ici. Les avenues et les grands boulevards sont déserts. La nuit est surpeuplée d’étoiles et le chant de ces gens monte vers le ciel comme la mer s’en va à la recherche de la lune, bonheur si lourd et si peu décevant pour les âmes délicates des vagues. Les plages sont pleines de ces yeux sans corps que l’on rencontre près des dunes et des prairies lointaines et rouges du sang des troupeaux fleuris. Cadavres des jours adorés, cirque des émotions et des ivresses rouges, rouges, mais où le cœur bat comme une cloche fine et pâlie par les soleils extérieurs. La porte majeure laisse écouler les fumées oranges comme les champignons que nous aimions, le bois est tout près et les femmes rondes courent de-ci de-là en ramassant les feuilles ressuscitées et passagères ; ce sont des oiseaux de toutes les couleurs et qui chantent mieux que le vent. Quadrilatère où l’on étouffe pour jamais, mais à la sortie on sait que le chasseur est là, avec tous ces chiens, tous ces yeux et personne n’oublie la montre putain d’église qui vous frappe à la tête comme une roche qui se désagrège sans un cri.

(2) A minuit, vous percevrez aussi des clartés béantes puis ces passages clos. Simple litanie écoulée par quelques vides où l’on croit distinguer le trépas des embryons en compagnie des ascarides immenses. Néanmoins ailleurs, perpétuellement ailleurs, il y a également certains signaux tellement céruléens que l’on expire d'excitation. Bleuité intégrale. Plusieurs routes et des éminentes promenades restent sauvages. L’obscurité vit, grouillante d'astres et l’aubade de la foule s’élève au firmament tel que le large file quêtant ton postérieur, satisfaction pénible et tellement peu fourbe auprès des souffles exquis des ressacs. Des grèves subsistent débordantes des visions sans cadavres que l’on saisit à côté des surélévations après les pâturages obliques et vermeils du plasma des ramassis ornés. Défunts des lumières magnifiés, arène des troubles et des ébriétés écarlates, écarlates, mais où la passion régit similairement à une campanile ravissante et décomposée par les planétoïdes périphériques. Une embrasure adulte abandonne l’évanouissement des buées blondasses comme les psilocybes que nous affectionnions, le boqueteau incarne tout près et les truies galopent de-ci de-là en raflant les frondaisons remises et transitoires ; ce sont des évaporables de toutes les peintures et qui fredonnent mieux que l’air. Trapèze asphyxiant en aucun cas, cependant à l’issue on craint que le boucanier demeure, en compagnie de tous ces mâtins, toutes ces clairvoyances et l’imbécile n'omet le chronomètre catin de chapelle qui vous administre un estampille capiteux comme une galette qui se corrompt en la fermant.

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