29 décembre 2005
26 décembre 2005
23 décembre 2005
-and Gertrude Stein said that's enough.
Vu mon incapacité générale, je est désintégré.
_____________________________________________________________
L'intérêt (le seul peut-être) de la narcolepsie, c'est la multitude de dégagements rêvés.
____________________________________________________________
- "Maintenant, on est certains qu'Emmanuelle Béart s'est fait refaire les seins...
- Ah. Peut-être. Ce qui est marrant, c'est ses sourcils épais noirs avec ses cheveux blonds.
- Genre il a pas vu ses seins et il me parle de ses sourcils.
- ...
- ...
- Tu sais, Carole Bouquet, quand elle est maquillée en vieille...
- Oui?
- On dirait Lucius Malefoy. "
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L'intérêt (le seul peut-être) de la narcolepsie, c'est la multitude de dégagements rêvés.
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- "Maintenant, on est certains qu'Emmanuelle Béart s'est fait refaire les seins...
- Ah. Peut-être. Ce qui est marrant, c'est ses sourcils épais noirs avec ses cheveux blonds.
- Genre il a pas vu ses seins et il me parle de ses sourcils.
- ...
- ...
- Tu sais, Carole Bouquet, quand elle est maquillée en vieille...
- Oui?
- On dirait Lucius Malefoy. "
19 décembre 2005
54

Un travail irrecevable à cause d'un excès de fautes d'orthographe devrait être dit conchylien. Ca, oui, ce serait vraiment drôle. Je serais même presque prêt à accepter que ce soit un des miens qui inaugure cette dénomination.
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La phrase du jour, je crois que c'est:
"La bibliographie, elle doit aussi être en texte continu?"
11 décembre 2005
ceci n'est pas un texte engagé
Le monde entier a décidé d’investir les allées éclairées de Liège. Un flot limite ingérable de vestes en fourrure et de bonnets, chargés de paquets cadeaux. Grossiers, butés et bousculeurs. Des gens diront dans le bus que l’esprit n’est plus là, franchement et qu'ils ont bien envie de rester chez eux (cf. l'excellente page de Brétecher "noël73", dans les frustrés je-ne-sais-plus-combien).
Aux passages pour piétons, des policiers dirigent les opérations et leurs cris d’acier fusent comme des balles. Quand quelqu’un prétend traverser après le sifflement aigu qui dit non, il se prend un coup de matraque lumineuse dans l’estomac, le casqué siffle une nouvelle fois (parler = temps + perte concentration ; circulez) et le quidam de faire marche arrière, la queue entre les pattes. Il y en a qui rigolent. Romain profiterait de la situation pour soupirer, à jamais dégoûté. Je n’ose pas imaginer ce que ferait Emilie. Les noms de Brice Petit et Jean-Michel Maulpoix traversent, comme autant de défenseurs d’une même cause que ceux que j’ai d’abord cités. Après tout, il faut bien réguler, tendre des droites, plutôt parallèles que perpendiculaires (mais parfois ils n’ont pas le choix), on ne fait pas d’omelettes sans casser d’œufs et la sécurité avant tout.
Les casqués contre nous, au tennis des lieux communs, c’est comme Brésil - Luxembourg au foot…
Aux passages pour piétons, des policiers dirigent les opérations et leurs cris d’acier fusent comme des balles. Quand quelqu’un prétend traverser après le sifflement aigu qui dit non, il se prend un coup de matraque lumineuse dans l’estomac, le casqué siffle une nouvelle fois (parler = temps + perte concentration ; circulez) et le quidam de faire marche arrière, la queue entre les pattes. Il y en a qui rigolent. Romain profiterait de la situation pour soupirer, à jamais dégoûté. Je n’ose pas imaginer ce que ferait Emilie. Les noms de Brice Petit et Jean-Michel Maulpoix traversent, comme autant de défenseurs d’une même cause que ceux que j’ai d’abord cités. Après tout, il faut bien réguler, tendre des droites, plutôt parallèles que perpendiculaires (mais parfois ils n’ont pas le choix), on ne fait pas d’omelettes sans casser d’œufs et la sécurité avant tout.
Les casqués contre nous, au tennis des lieux communs, c’est comme Brésil - Luxembourg au foot…
03 décembre 2005
Je prédis une émeute

Les hauts responsables de la ville de Liège avaient établi le joli projet de parsemer quelques cirques sur les différentes places importantes, histoire de contrecarrer la course effrénée et impérialiste de la grisaille antithétique dans la cité ardente.
Puis, devant les réactions hostiles de certains riverains qu'on ne pourrait qualifier d'anticirquistes (par le même esprit logique et anti-anachronique qui permet de sauver Voltaire de l'antisémitisme) et les dépenses fortuites que nécessiterait l'opération (il faut toujours songer à Francorchamps, éternelle menace, à l'anniversaire du bourgmestre et à l'aide au standard à noël -chaque année, cinq millions destinés à couvrir les amendes engendrées par les joueurs exclus), ces mêmes responsables se sont rétractés et ont préféré opter pour des barrières fantaisies, qui empêcheront le quidam de chuter dans l'éventration dirigée par les Haussmann et Belgrand liégeois (dont je ne connais pas les vrais noms et, à vrai dire, je m'en tape).
C'est quand même pas pareil.
Puis, devant les réactions hostiles de certains riverains qu'on ne pourrait qualifier d'anticirquistes (par le même esprit logique et anti-anachronique qui permet de sauver Voltaire de l'antisémitisme) et les dépenses fortuites que nécessiterait l'opération (il faut toujours songer à Francorchamps, éternelle menace, à l'anniversaire du bourgmestre et à l'aide au standard à noël -chaque année, cinq millions destinés à couvrir les amendes engendrées par les joueurs exclus), ces mêmes responsables se sont rétractés et ont préféré opter pour des barrières fantaisies, qui empêcheront le quidam de chuter dans l'éventration dirigée par les Haussmann et Belgrand liégeois (dont je ne connais pas les vrais noms et, à vrai dire, je m'en tape).
C'est quand même pas pareil.

_______________________________________________________ 7.12.2005, 18h.
Aline dit:
tu viens en bus à l'école toi, non?
denis dit:
oui pourquoi? C'est pour me dire qu'il y a grève ou tu rédiges ma biographie non officielle?
Aline dit:
toi et ton ego surdimensionné
29 novembre 2005
PPP
Il est 22h50 quand je pose le pied dans le dernier bus. Je tends mon abonnement au chauffeur en feignant un sourire amical et lui lance un "bonsoir" relativement sincère (je n'ai pas gardé les cochons avec lui, somme toute). Je me tourne, empli d'une étrange philanthrophie, vers l'imbécile qui s'est lui-même chargé de tenir le crachoir au conducteur durant le trajet, me disant en un éclair de seconde que, après tout, mon salut comblerait son absence de vie sociale.
Les mots sortent très faiblement de ma bouche, mais je ne détourne pas les yeux.
L'inconnu est dévisagé. Dans les deux sens du terme. Son visage n'a d'humain que la substance première, les traits sont ravagés par un mélange de lèpre et d'acné purulente. Ou alors un agresseur a balancé au malheureux un flacon d'acide sulfurique en pleine face. C'est tout à fait plausible. S'il existe des malades pour imaginer cette hypothèse, il doit en exister d'autres qui lui donnent réalité. J'imagine aussi que j'ai pu me tromper, j'ai mal vu (je me suis posé, depuis). Il est également possible que, se rendant à une soirée à thème, le brave jeune homme se soit déguisé en pizza, mais cette supposition écarte le bon goût dont je suis un parangon. Aux oubliettes.
Je me suis assis de façon à étudier l'être dans son ensemble. Le pauvre garçon porte un de ces blousons d'aviateurs américains à la mode il y a quelques années (j'avais 13 ans). Il doit mesurer 1mètre90 et peser 150 kilos. Je n'abuse pas. Je ferme les yeux dix secondes. Les réouvre. Le temps de se défaire de son image et de pouvoir évaluer une seconde fois. 1mètre90 et 150 kilos -très sincèrement. J'ai envie de me lever et d'aller entamer la discussion, d'offrir à ce brave homme un peu d'humanité.
Mais il s'approche du chauffeur, exerce un léger mouvement de balancier -avant, arrière. Je tends l'oreille.
Je suis pris d'un haut-le-coeur sans égal. Cette monstrueuse créature, ce malheureux animal est frappé du handicap le plus répugnant, les plus inhumain qui soit, véritable punition du ciel.
Il a un cheveu sur la langue.
__________________________________________________________
29.11.2005, 13h30 environ
Aline dit:
Il a un accent de merde...
denis dit:
Tu peux parler...
Les mots sortent très faiblement de ma bouche, mais je ne détourne pas les yeux.
L'inconnu est dévisagé. Dans les deux sens du terme. Son visage n'a d'humain que la substance première, les traits sont ravagés par un mélange de lèpre et d'acné purulente. Ou alors un agresseur a balancé au malheureux un flacon d'acide sulfurique en pleine face. C'est tout à fait plausible. S'il existe des malades pour imaginer cette hypothèse, il doit en exister d'autres qui lui donnent réalité. J'imagine aussi que j'ai pu me tromper, j'ai mal vu (je me suis posé, depuis). Il est également possible que, se rendant à une soirée à thème, le brave jeune homme se soit déguisé en pizza, mais cette supposition écarte le bon goût dont je suis un parangon. Aux oubliettes.
Je me suis assis de façon à étudier l'être dans son ensemble. Le pauvre garçon porte un de ces blousons d'aviateurs américains à la mode il y a quelques années (j'avais 13 ans). Il doit mesurer 1mètre90 et peser 150 kilos. Je n'abuse pas. Je ferme les yeux dix secondes. Les réouvre. Le temps de se défaire de son image et de pouvoir évaluer une seconde fois. 1mètre90 et 150 kilos -très sincèrement. J'ai envie de me lever et d'aller entamer la discussion, d'offrir à ce brave homme un peu d'humanité.
Mais il s'approche du chauffeur, exerce un léger mouvement de balancier -avant, arrière. Je tends l'oreille.
Je suis pris d'un haut-le-coeur sans égal. Cette monstrueuse créature, ce malheureux animal est frappé du handicap le plus répugnant, les plus inhumain qui soit, véritable punition du ciel.
Il a un cheveu sur la langue.
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29.11.2005, 13h30 environ
Aline dit:
Il a un accent de merde...
denis dit:
Tu peux parler...
27 novembre 2005
22 novembre 2005
Inémergence
21 novembre 2005
Dialogue entre l'auteur et un sauvage qui a voyagé...
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
c'est dur mon gars
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
depuis que j'ai ma copine... faire de la shalalalapowerpop c inutile
denis dit :
okay, fais du post rock ou du folk à la bright eyes.
denis dit :
le jour où tu veux faire un groupe à texte, tu prends ta guitare accoustique, on chope deux tabourets et on va réciter des poèmes à l'escalier, en buvant du whisky et en pissant sur la scène...
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
héhé obligé!
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
on joue à poil l'air de rien
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
comme des artistes quoi
denis dit :
mais non, en costume!
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
ca pourrait le faire
denis dit :
soyons dandys!
denis dit :
avec le haut de forme et le monocle...
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
moi des loupes pour m'agrandir les yeux
denis dit :
oui, au fait, tu peux les ouvrir, maintenant...tu dois être assez habitué à la lumière, ça ne te brûlera pas la rétine...
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
Connard!
c'est dur mon gars
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
depuis que j'ai ma copine... faire de la shalalalapowerpop c inutile
denis dit :
okay, fais du post rock ou du folk à la bright eyes.
denis dit :
le jour où tu veux faire un groupe à texte, tu prends ta guitare accoustique, on chope deux tabourets et on va réciter des poèmes à l'escalier, en buvant du whisky et en pissant sur la scène...
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
héhé obligé!
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
on joue à poil l'air de rien
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
comme des artistes quoi
denis dit :
mais non, en costume!
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
ca pourrait le faire
denis dit :
soyons dandys!
denis dit :
avec le haut de forme et le monocle...
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
moi des loupes pour m'agrandir les yeux
denis dit :
oui, au fait, tu peux les ouvrir, maintenant...tu dois être assez habitué à la lumière, ça ne te brûlera pas la rétine...
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
Connard!
20 novembre 2005
Je continuerai à boire l'encre de mon stylo
On pourrait s’interroger sur ce qui peut bien pousser à répéter toujours les mêmes démarches puisqu’elles conduisent aux mêmes méprises. Mais là, je n’ai pas un exemple précis en question ou n’ai pas envie d’en étaler (je ne sais pas). Une autre interrogation porterait sur le choix de dénominations singulières des éléments, au détriment d’une quantification plurielle (on notera ici le paradoxe que j’ai trop banalement intégré). Eventuellement, je peux m’arrêter un instant sur l’absence désormais de comportement véritablement répréhensible dans les actes d’un supérieur envers ses subordonnés. Si tu préfères, on évoque la composition classique des radiateurs (robinet, purgeur et vanne de retour d'eau vers la chaudière -généralement placée en quinconce par rapport au robinet de réglage). Mais, moi, de toutes façons, à part Rimbaud, je ne connais rien à rien (sic). Tracasse pas, Alice, je me soigne.
(On ne dit pas « je suis en voiture de perdre mon temps », mais « je suis en train de perdre mon temps ».)
(On ne dit pas « je suis en voiture de perdre mon temps », mais « je suis en train de perdre mon temps ».)
15 novembre 2005
13 novembre 2005
brèves

*Vendredi: Levé à dix-huit heures, très difficilement, j'ai appris, au moins théoriquement, à tuer à mains nues grâce à David Cronenberg. Tout cela peut servir un jour.
*Samedi: J'avais pourtant juré fidélité aux bus. Les trains m'en veulent. Nous n'aimons pas te voir tendre des cordes qui cassent, nous préférons te taire.
06 novembre 2005
Paris brûle-t-il?

Les kilomètres défilaient à travers la fenêtre, mais les minutes passaient plus vite.
J'ai passé plus de quatre heures dans des trains ou à les attendre.
Je ne tromperai plus les bus, j'ai été assez puni.
31 octobre 2005
26 octobre 2005
Le jour où Jean-Philippe Toussaint est venu à l'école
1) Aujourd'hui, Jean-Philippe Toussaint est venu à l'école et un gros garçon à boutons lui a demandé comment il pouvait atteindre cette frénésie, cette euphorie que procure l'écriture en faisant des textes comme les siens.
Le gros garçon savait de quoi il parlait: lui aussi écrit un peu.
2) J'ai réussi une bonne caricature du trio locuteur, mais elle est restée sur la feuille de David.
Il faudrait que je la récupère. (Finalement, c'est surtout Toussaint qui n'est pas raté. Laurent Demoulin pardonnera cette courbe due à un glissement de bic. )
Le gros garçon savait de quoi il parlait: lui aussi écrit un peu.
2) J'ai réussi une bonne caricature du trio locuteur, mais elle est restée sur la feuille de David.
Il faudrait que je la récupère. (Finalement, c'est surtout Toussaint qui n'est pas raté. Laurent Demoulin pardonnera cette courbe due à un glissement de bic. )

3) Chez Pax, Jean-Philippe Toussaint me dit qu'il ne sent pas la moindre appartenance à une littérature belge.
Il est Belge (il me dit cela comme s'il m'annonçait qu'il était mon père, mais il dit "belge" à la place de "ton père". Ca m'aurait étonné un peu.), mais appartient plutôt à la littérature de langue française, sans aucun penchant régionaliste. Je le remercie et lui conseille en chuchotant de ne pas répeter ce qu'il vient de me confier au personnage derrière nous, celui avec une chemise orange.
08 octobre 2005
C'est un très au-vent d'octobre paysage...

En contemplant l’agitation liégeoise depuis les coteaux, je suis convaincu que, oui, il y a bien des endroits qui valent le déplacement. Le problème, me dis-je en poursuivant l’observation, c’est qu’on s’y habitue, qu’après un temps, ils nous sont si familiers qu’on n’y prête même plus attention et qu’ils perdent, par conséquent, de leur valeur initiale. Il me semble que le contraire n’est pas possible : on n’en viendra pas à trouver beau un endroit pourri côtoyé quotidiennement. J’en suis à la conclusion que la laideur l’emportera à jamais sur la beauté puisqu’on s’habituera toujours à cette dernière, quand je me dis que cette théorie est trop parfaite pour n’avoir jamais été imaginée. Du coup, quasi instantanément, je me rappelle la phrase de Céline, dans Voyage Au Bout De La Nuit, disant que la beauté est comme l’alcool et le confort, qu’on finit par ne plus y prêter attention.
Je rage.
En passant place Cathédrale, on croise un gars qui était avec moi en rhéto. Il m’apostrophe et me supplie presque de rester trente secondes d’abord, trois minutes ensuite, en sa compagnie.Etonné, je lui demande s’il a des ennuis, à quoi il répond évasivement qu’il attend des copains, puis qu’il fait le guet. Il mène en effet une action héroïque (du moins la perçoit-il telle quelle) contre les publicistes, ses amis et lui projetant de taguer un abri de bus recouvert d’une réclame pour une console de jeux. L’opération étant diurne dans le but de banaliser la réappropriation des espaces publiques. Le temps de lui dire avec un sourire de joker que je n’hésiterai pas à le balancer au premier représentant de la maréchaussée dont je percevrai l’odeur, le garçon déclare « ah c’est fait » et prend un rapide congé. Nous retournant, nous pouvons contempler le résultat. Je saisis mon appareil pour immortaliser l’acte, que je trouvais amusant, mais les piles ont rendu l'âme.
Je rage.
Au concert, le soir, la première partie (Absynthe Minded) se voit octroyer une heure de set, ce qui est plutôt rare, mais pas désagréable. Le concert de Mud Flow commence deux heures plus tard, le groupe se permettant un soundcheck d’une heure. Après deux notes, on comprend que ça valait la peine d’attendre, c’est vraiment très fort. Malheureusement, le public est probablement venu en prévision de l’after dirty dancing et papote abondamment, ce qui pousse même le chanteur à interrompre un morceau joué seul à la guitare pour invectiver un spectateur bruyant. Pour couronner le tout, le couple d’abrutis qui se trouve devant nous a décidé de se lever, me bouchant la vue, alors que leur place au premier rang des gradins lui permettait de vivre le concert posément, en restant assis. Ils refusent de retrouver cette position, qu’ils ont pourtant occupée tout le long du concert précédent, prétextant que cela se vit mieux de cette façon et peu importe si je dois, de mon côté, regarder le spectacle à travers le dandinement constipé d’un con et l’immobilité remarquable de sa fausse jeune compagne. J’attends alors que Vincent annonce « ceci est notre dernière chanson » pour planter la clef de ma maison dans la carotide du mec. Le coup est si bien asséné qu’il se renverse doucement par-dessus la petite barrière, sans avoir le temps de comprendre ce qui lui arrive ou d’exprimer sa surprise. Le bruit de craquement de sa nuque, à l'atterrissage, indique qu’il ne se relèvera peut-être pas tout de suite. Je décide qu’il faut quand même filer assez rapidement, ce que Laura accepte en rigolant.
Je rage.
En passant place Cathédrale, on croise un gars qui était avec moi en rhéto. Il m’apostrophe et me supplie presque de rester trente secondes d’abord, trois minutes ensuite, en sa compagnie.Etonné, je lui demande s’il a des ennuis, à quoi il répond évasivement qu’il attend des copains, puis qu’il fait le guet. Il mène en effet une action héroïque (du moins la perçoit-il telle quelle) contre les publicistes, ses amis et lui projetant de taguer un abri de bus recouvert d’une réclame pour une console de jeux. L’opération étant diurne dans le but de banaliser la réappropriation des espaces publiques. Le temps de lui dire avec un sourire de joker que je n’hésiterai pas à le balancer au premier représentant de la maréchaussée dont je percevrai l’odeur, le garçon déclare « ah c’est fait » et prend un rapide congé. Nous retournant, nous pouvons contempler le résultat. Je saisis mon appareil pour immortaliser l’acte, que je trouvais amusant, mais les piles ont rendu l'âme.
Je rage.
Au concert, le soir, la première partie (Absynthe Minded) se voit octroyer une heure de set, ce qui est plutôt rare, mais pas désagréable. Le concert de Mud Flow commence deux heures plus tard, le groupe se permettant un soundcheck d’une heure. Après deux notes, on comprend que ça valait la peine d’attendre, c’est vraiment très fort. Malheureusement, le public est probablement venu en prévision de l’after dirty dancing et papote abondamment, ce qui pousse même le chanteur à interrompre un morceau joué seul à la guitare pour invectiver un spectateur bruyant. Pour couronner le tout, le couple d’abrutis qui se trouve devant nous a décidé de se lever, me bouchant la vue, alors que leur place au premier rang des gradins lui permettait de vivre le concert posément, en restant assis. Ils refusent de retrouver cette position, qu’ils ont pourtant occupée tout le long du concert précédent, prétextant que cela se vit mieux de cette façon et peu importe si je dois, de mon côté, regarder le spectacle à travers le dandinement constipé d’un con et l’immobilité remarquable de sa fausse jeune compagne. J’attends alors que Vincent annonce « ceci est notre dernière chanson » pour planter la clef de ma maison dans la carotide du mec. Le coup est si bien asséné qu’il se renverse doucement par-dessus la petite barrière, sans avoir le temps de comprendre ce qui lui arrive ou d’exprimer sa surprise. Le bruit de craquement de sa nuque, à l'atterrissage, indique qu’il ne se relèvera peut-être pas tout de suite. Je décide qu’il faut quand même filer assez rapidement, ce que Laura accepte en rigolant.
04 octobre 2005
moins pire qu'en vrai
A priori, aujourd’hui commence par un coup de bol : un cours déprogrammé reprend finalement place et je peux assister, ayant été contraint de me rendre plus tôt en ville. Une heure plus tard, nous nous étonnons d’avoir été encouragés à digresser à partir du texte et à ne pas nécessairement s’y tenir. Les avis divergent.
Une demi-heure de perdue ensuite, à la recherche d’un local puis des clefs qui l’ouvriraient.
En synchro, mon voisin perd le fil. Bloomfield préconise l’application du schéma basique behaviouriste S-R au langage. Et I ? S-R constitue la signifiance constante et définie. L’antiphrase est mise de côté, ce qui ôte tout intérêt à l’étude d’aujourd’hui et permet de considérer ma dernière phrase comme une vérité immuable.
Avant le cours de philo du Moyen-Âge, je reçois comme message « on est au Delft si ça te dit ». En y entrant, je m’aperçois qu’on ne m’attend visiblement pas. Les sièges sont occupés, la discussion cesse et ma présence va jusqu’à encombrer le serveur. Haineux, je m’éclipse et réfléchis au nombre infinitésimal de dialogues valables de cette journée... et à ce foutu rapport S-R, qui, décidément, ne s'applique au langage qu'au prix de maints détours (et l'innéisme, hein?).
Je lis le texte de Bloomfield en patientant au local philo II. Les gens arrivent en masse et je me réjouis de mon relatif malheur. Il y aura finalement trop d’étudiants dans la classe et le cours ne durera que soixante minutes.
En me dirigeant vers l’arrêt, mon cerveau colle mes lèvres entre elles, et seul un effort surhumain sporadique me permet de les desceller.Mais si cela s’est vu, ce fut jugé indigne de commentaire. (dit-il en se lovant dans un fauteuil troué)
Une demi-heure de perdue ensuite, à la recherche d’un local puis des clefs qui l’ouvriraient.
En synchro, mon voisin perd le fil. Bloomfield préconise l’application du schéma basique behaviouriste S-R au langage. Et I ? S-R constitue la signifiance constante et définie. L’antiphrase est mise de côté, ce qui ôte tout intérêt à l’étude d’aujourd’hui et permet de considérer ma dernière phrase comme une vérité immuable.
Avant le cours de philo du Moyen-Âge, je reçois comme message « on est au Delft si ça te dit ». En y entrant, je m’aperçois qu’on ne m’attend visiblement pas. Les sièges sont occupés, la discussion cesse et ma présence va jusqu’à encombrer le serveur. Haineux, je m’éclipse et réfléchis au nombre infinitésimal de dialogues valables de cette journée... et à ce foutu rapport S-R, qui, décidément, ne s'applique au langage qu'au prix de maints détours (et l'innéisme, hein?).
Je lis le texte de Bloomfield en patientant au local philo II. Les gens arrivent en masse et je me réjouis de mon relatif malheur. Il y aura finalement trop d’étudiants dans la classe et le cours ne durera que soixante minutes.
En me dirigeant vers l’arrêt, mon cerveau colle mes lèvres entre elles, et seul un effort surhumain sporadique me permet de les desceller.Mais si cela s’est vu, ce fut jugé indigne de commentaire. (dit-il en se lovant dans un fauteuil troué)
28 septembre 2005
post-rock dummies
Lundi
La nuit du Soir à Bruxelles. Toujours Bruxelles. Sorte de pâle copie de New York pour ses trottoirs bigarrés. L'intérêt, en plus du bota', vient des sortes de brocantes de bouquins. Donc, là, le but du déplacement, sa finalité avouée et assumée, était un concert quasi gratuit, avec des groupes d'ici et là. Dans la salle, à 19h, il n'y a que très peu de monde et mon sac est sur la scène. On rit un peu, de loin, des jumeaux qui se sont vus redirigés vers les gradins. Le public est jeune et nous ne nous entendrons pas. Après 4heures, après m'être mangé la baguette du batteur de malibu stacy dans la gorge et après avoir fort songé à appliquer les conseils de soldout qui me proposaient de tuer mon ennemi, nous nous redirigeons vers le centre.
XXX
Mardi
Il fait pas chaud.
Fête de la communauté française oblige, les théâtres ouvrent leurs portes aux profanes (c'est-à-dire moi. Bien que "athé(âtr)e" conviendrait mieux, ici...) Les gens sont pédants. Dedans et autour. Cela ne devrait être qu'un loisir, un divertissement et c'est une institution. Je viens de comprendre la notion d'institutionnalisation et c'est vachement moche. Je réponds tout seul que c'est pareil chez les mauvais poètes, mais je n'ai jamais rien vu. J'ai la très nette impression de ne pas être là où on voudrait que je sois. Il y a une cuillère et de l'aluminium sur l'évier, dans les toilettes du café.
Fête de la communauté française oblige, les théâtres ouvrent leurs portes aux profanes (c'est-à-dire moi. Bien que "athé(âtr)e" conviendrait mieux, ici...) Les gens sont pédants. Dedans et autour. Cela ne devrait être qu'un loisir, un divertissement et c'est une institution. Je viens de comprendre la notion d'institutionnalisation et c'est vachement moche. Je réponds tout seul que c'est pareil chez les mauvais poètes, mais je n'ai jamais rien vu. J'ai la très nette impression de ne pas être là où on voudrait que je sois. Il y a une cuillère et de l'aluminium sur l'évier, dans les toilettes du café.
25 septembre 2005
21 septembre 2005
rentrée
Je ne comprenais pas bien tout ce foin qu'on faisait des quarante bouquins censés constituer les lectures obligatoires de cette année.
D'abord, ils se plantaient complètement: là, il y en a déjà trente pour deux cours. Or, cette année, il y a au moins quatorze cours obligatoires. Ce sera donc plus. (- Bien sûr, pas quinze par cours. Les trente évoqués correspondent aux lectures obligatoires dans les cours de littérature. On ne va pas devoir se taper quinze ouvrages pour chaque cours de linguistique... Enfin, je crois... J'espère quoi. J'espère vraiment fort.)
Quoi qu'il en soit, je garde l'expression quarante livres par économie (plus ou moins quarante bouquins, on verra bien serait pénible à retaper), tout en précisant que le figement de la locution n'est pas complet et que le second terme peut commuter avec bouquins, romans, ouvrages etc. Même si "quarante livres" a de quoi effrayer un analphabète ou un historien, l'énonciation de cette sentence devrait se faire sur un ton enjoué (une sorte de synonyme de "oh, quarante bouquins! Chouette, on va pouvoir faire que ça ou presque!"). En tous les cas, dans la masse des quarante livres, on trouvera sans doute du très valable. Aucune raison de s'inquiéter donc. Jusqu'au moment où on retourne les bouquins en question et qu'on aperçoit leur valeur, sur un autocollant souvent placé de biais, à la va-vite, mais tellement signifiant. Là, je comprenais mieux le problème.
Sinon, vu que l'été est mort depuis hier, j'avais pensé en tirer les conclusions, un peu à la manière des chaînes de télévision musicales, sous forme de Top 10 ou Top 5...Mais, finalement, je me suis dit que classer des lectures, des musiques et surtout des moments, ça ne rimait pas à grand-chose.
D'abord, ils se plantaient complètement: là, il y en a déjà trente pour deux cours. Or, cette année, il y a au moins quatorze cours obligatoires. Ce sera donc plus. (- Bien sûr, pas quinze par cours. Les trente évoqués correspondent aux lectures obligatoires dans les cours de littérature. On ne va pas devoir se taper quinze ouvrages pour chaque cours de linguistique... Enfin, je crois... J'espère quoi. J'espère vraiment fort.)
Quoi qu'il en soit, je garde l'expression quarante livres par économie (plus ou moins quarante bouquins, on verra bien serait pénible à retaper), tout en précisant que le figement de la locution n'est pas complet et que le second terme peut commuter avec bouquins, romans, ouvrages etc. Même si "quarante livres" a de quoi effrayer un analphabète ou un historien, l'énonciation de cette sentence devrait se faire sur un ton enjoué (une sorte de synonyme de "oh, quarante bouquins! Chouette, on va pouvoir faire que ça ou presque!"). En tous les cas, dans la masse des quarante livres, on trouvera sans doute du très valable. Aucune raison de s'inquiéter donc. Jusqu'au moment où on retourne les bouquins en question et qu'on aperçoit leur valeur, sur un autocollant souvent placé de biais, à la va-vite, mais tellement signifiant. Là, je comprenais mieux le problème.
Sinon, vu que l'été est mort depuis hier, j'avais pensé en tirer les conclusions, un peu à la manière des chaînes de télévision musicales, sous forme de Top 10 ou Top 5...Mais, finalement, je me suis dit que classer des lectures, des musiques et surtout des moments, ça ne rimait pas à grand-chose.
18 septembre 2005
Bruxelles

Je viens de passer deux nuits dans une chambre illuminée par ce trophée. Je pense que ce mini trip (hommage à TG) peut donc se passer de commentaires.
(Bruxelles, c'est des cafés chers et des tours infinies, des voitures partout et des livres au kilo, les quatre nuits d'un rêveur et les plus hautes toiles de Wiertz, des boeufs musqués empaillés et les écouteurs gratuits au parlement européen...)
15 septembre 2005
TEC forever
Il faudrait peut-être calculer le temps que je passe dans le bus. Ou à l’attendre. Je finirai par croire que la finalité de mon existence est étroitement liée à ce moyen de transport. En fait, si on considère mes échecs en voiture comme des Signes Divins, tout s’arrange… Je donnerai en sacrifice le premier imbécile qui osera s’en moquer –c’est dit.
Il y avait une sorte de couple d’indigents. Un vieux, jouant les savants, bonnet posé sur la tête (une sorte d’hommage à feu Cousteau ?) et complet gris. Son compagnon est plus jeune. Il porte également un vieux costume. Mal rasé, air hagard et bouteille de blanc à la main. Il ressemble fort à Massimo Troisi, en fait. Dans un premier temps, le vieux se renseigne auprès du chauffeur : il aimait bien un autre chauffeur, un jeune, qui roulait bien. Il est où lui? Vu la précision de la question, l’interlocuteur esquive : il n’en sait trop rien. Je pense qu’il s’agit peut-être de celui qui s’est tué la semaine passée, mais je le garde pour moi. Il ne doit pas avoir des masses de plaisir autant lui laisser l’espoir de revoir son conducteur préféré.
Dix minutes plus tard :
Le vieux : «Tu vois, ça, c’est un vieux château… »
L’autre : « ah…un vieux château… » (coup de blanc)
Silence.
La femme la plus laide du monde pénètre dans le véhicule.
Le silence se poursuit : une telle laideur, ça force le respect.
Après trois arrêts, nouveaux arrivants, je déplace le zoom. Des toxicomanes redescendent en ville et, vaguement, parlent de quelque embrouille et de besoin de méthadone. Ils se posent trop loin pour que je puisse vraiment comprendre.
De toutes façons, un nouveau personnage entre en scène. Grosse. Elle est là depuis quelques arrêts, mais les lumières la fixent seulement vers la mi-trajet. Elle surjoue. C’est un rôle assez dramatique : elle vient de se faire cambrioler (son lecteur dvd, sa télé avec écran plasma, sa chaîne hi-fi…). Ses serrures n’ont pas été forcées, il s’agit donc de quelqu’un de son entourage et elle sait qui c’est. Elle le crie fort. Pas à moi. À quelqu’un à l’autre bout du fil. D’ailleurs, lui, il est vraiment trop con d’avoir laissé traîner les clefs. Quant à l'autre ordure, si elle l'attrape... J’écourte parce qu’après ça devient vulgaire. C’est un peu comme si elle s’adressait à l’ensemble des voyageurs. Du coup, tout le monde l’écoute très attentivement (chacun avait quelque chose à raconter chez lui, en rentrant).
Déplacement de l'objectif. Deux ans que je ne l’avais plus vu et on se tombe dessus deux fois en deux semaines.
-« J’ai horreur des bus. Ma voiture est en réparation… »
Il s’essuie, chassant l’esprit de poix qui s’installe dans le creux d’une main propre agrippant un axe. Espérant que je le comprenne. Tout à fait.
XXXIl y avait une sorte de couple d’indigents. Un vieux, jouant les savants, bonnet posé sur la tête (une sorte d’hommage à feu Cousteau ?) et complet gris. Son compagnon est plus jeune. Il porte également un vieux costume. Mal rasé, air hagard et bouteille de blanc à la main. Il ressemble fort à Massimo Troisi, en fait. Dans un premier temps, le vieux se renseigne auprès du chauffeur : il aimait bien un autre chauffeur, un jeune, qui roulait bien. Il est où lui? Vu la précision de la question, l’interlocuteur esquive : il n’en sait trop rien. Je pense qu’il s’agit peut-être de celui qui s’est tué la semaine passée, mais je le garde pour moi. Il ne doit pas avoir des masses de plaisir autant lui laisser l’espoir de revoir son conducteur préféré.
Dix minutes plus tard :
Le vieux : «Tu vois, ça, c’est un vieux château… »
L’autre : « ah…un vieux château… » (coup de blanc)
Silence.
La femme la plus laide du monde pénètre dans le véhicule.
Le silence se poursuit : une telle laideur, ça force le respect.
Après trois arrêts, nouveaux arrivants, je déplace le zoom. Des toxicomanes redescendent en ville et, vaguement, parlent de quelque embrouille et de besoin de méthadone. Ils se posent trop loin pour que je puisse vraiment comprendre.
De toutes façons, un nouveau personnage entre en scène. Grosse. Elle est là depuis quelques arrêts, mais les lumières la fixent seulement vers la mi-trajet. Elle surjoue. C’est un rôle assez dramatique : elle vient de se faire cambrioler (son lecteur dvd, sa télé avec écran plasma, sa chaîne hi-fi…). Ses serrures n’ont pas été forcées, il s’agit donc de quelqu’un de son entourage et elle sait qui c’est. Elle le crie fort. Pas à moi. À quelqu’un à l’autre bout du fil. D’ailleurs, lui, il est vraiment trop con d’avoir laissé traîner les clefs. Quant à l'autre ordure, si elle l'attrape... J’écourte parce qu’après ça devient vulgaire. C’est un peu comme si elle s’adressait à l’ensemble des voyageurs. Du coup, tout le monde l’écoute très attentivement (chacun avait quelque chose à raconter chez lui, en rentrant).
Déplacement de l'objectif. Deux ans que je ne l’avais plus vu et on se tombe dessus deux fois en deux semaines.
-« J’ai horreur des bus. Ma voiture est en réparation… »
Il s’essuie, chassant l’esprit de poix qui s’installe dans le creux d’une main propre agrippant un axe. Espérant que je le comprenne. Tout à fait.
Dans le bus du retour, rien de notable. Il y a juste une fille avec la coiffure de Cruella. Mais elle n’a pas de fume-cigarette et ne porte pas de manteau en dalmatien.
De toutes façons, j’ai beaucoup moins envie de lire ou d’écouter les gens. Alors tout le monde la ferme.
12 septembre 2005
Une aiguille dans une botte de foin

La cour des mineurs. Mon père y a kotté avec son frère, qui estimait avoir dessaoulé une fois parcourue la volée d’escalier qui mène à la maison. Moi, j’y passais les temps de midi de mes dernières années à l’école secondaire. On se faisait parfois foutre dehors… Deux junks, un bruit de cuillère…
- « Oh excusez-nous »
- « Euh… c’est rien »
- « Vous comprenez, on préfère faire ça ici…Dans la rue, avec les jeunes… »
- « Ouais, ouais…Bonne journée »
Demi-tour.
11 septembre 2005
la pire des soirées

Tu sais, sans rire, sans rien. Trop pleine de vide. Avec la plus sale musique et l’alcool qui veut pas fonctionner. Comme par hasard, c’est jamais celle qu’on n’organise pas, qui se fait en trois coups de fil et qu’on a vite choisi au détriment des heures seul à bouquiner qui semblaient couler de source. Non. Tu sais, la soirée qu’on attend, celle au cours de laquelle on se dit qu’il va encore se passer 1001 trucs dont on reparlera plus tard… Toujours celle-là qui foire.
À poser les yeux sur les gens qui la peuplent, on est pris de bouffées d'un désagréable orgueil qu’on voudrait ravaler. Mais qu’est ce qu’on fout ici au juste ? Pourquoi on reste? On les blaire pas, ces cons qui se marrent. D’ailleurs, ils font peine à voir, comme l’autre sur son trottoir. On se paye pas leur tête pourtant : ça, ce serait marrant… Non, on râle, juste… Et on est trois ou quatre à se morfondre. Toujours.
C’est d'autant plus moche que c’était la dernière…
_______________________________________________________
Julien dit:
dis-moi...
denis dit:
oui?
Julien dit:
ton post là, "la pire des soirées"...
Julien dit:
il sera sur le prochain album de Saez?
08 septembre 2005
humeur d'hiver
Je me pose dans le café qui est face à l’université.Je dis toujours que boire un verre dans ce bar est une activité d’étudiant désireux de se montrer sous un bon jour aux profs qui le peuplent - du coup, on n’y boit pas d’alcool.Bon, après, on rétorquera que je généralise, mais je maintiens que certains le fréquentent uniquement dans ce but.
Bref. Je m’y pose donc car je n’ai aucun adjuvant susceptible de m’indiquer l’heure.Il n’y a pas vraiment de rapport jusqu’ici.
Le truc, c’est que j’en ai relativement ras-le-bol des couloirs d’examens, surtout quand ils ne me concernent pas. Attendre quatre heures parmi quelques rongeurs d’ongles et des pauvres désespérés ne me tente guère. Je préfère tranquillement siroter un thé (on sait jamais, un prof pourrait passer…) en feuilletant l’anthologie des éditions Espace Nord (on sait jamais, un prof pourrait passer…) en espérant la sortie de mon analyseuse textuelle. J'ai adopté la posture de ceux que je dénoncais il y a deux paragraphes.
Avant ma pose, je me suis quand même promené un mini peu: la grand’rue est absente et des voiles ont recouvert les murs de la cité qui somnole encore, pelotée par les mains du soleil baladeur. Rien de transcendant, vraiment. Direction ce café, qui, à l'entrée, dégage une sorte de parfum d’avant-hier. Un directeur de troupe de théâtre, solennel mais ignorant complètement ce que « fichier pdf » peut signifier, y explique à une demoiselle qu’il est préférable de ne pas indiquer la date d’une représentation sur l’affiche –à cause des frais supplémentaires et des droits d’auteurs, vous comprenez. Un vieux me regarde en buvant un canada dry et un étudiant de l’année au-dessus lit ou prend des notes, un peu plus loin.
Bref. Je m’y pose donc car je n’ai aucun adjuvant susceptible de m’indiquer l’heure.Il n’y a pas vraiment de rapport jusqu’ici.
Le truc, c’est que j’en ai relativement ras-le-bol des couloirs d’examens, surtout quand ils ne me concernent pas. Attendre quatre heures parmi quelques rongeurs d’ongles et des pauvres désespérés ne me tente guère. Je préfère tranquillement siroter un thé (on sait jamais, un prof pourrait passer…) en feuilletant l’anthologie des éditions Espace Nord (on sait jamais, un prof pourrait passer…) en espérant la sortie de mon analyseuse textuelle. J'ai adopté la posture de ceux que je dénoncais il y a deux paragraphes.
Avant ma pose, je me suis quand même promené un mini peu: la grand’rue est absente et des voiles ont recouvert les murs de la cité qui somnole encore, pelotée par les mains du soleil baladeur. Rien de transcendant, vraiment. Direction ce café, qui, à l'entrée, dégage une sorte de parfum d’avant-hier. Un directeur de troupe de théâtre, solennel mais ignorant complètement ce que « fichier pdf » peut signifier, y explique à une demoiselle qu’il est préférable de ne pas indiquer la date d’une représentation sur l’affiche –à cause des frais supplémentaires et des droits d’auteurs, vous comprenez. Un vieux me regarde en buvant un canada dry et un étudiant de l’année au-dessus lit ou prend des notes, un peu plus loin.
Le Delft, en vacances, est un havre de paix
Que seul le crâne chauve de Raxhon peut troubler.
L’anthologie parcourue est agréable comme tout. Les gens dehors sont bizarres, ils semblent se dépêcher vers un lieu commun (dans mon dos) avec un air de ne pas y toucher. Après deux heures seul à une table, je vais m’informer des évolutions des interrogatoires. Vu que cela n’avance pas et que j’ai un rendez-vous l’après-midi, je me casse.
Il est quatorze heures six et je ressors de la maison. À l’arrêt du bus, je traverse et m’assied –pour être à l’ombre et me donner une chance d’apercevoir le véhicule (du bon côté, je dois me fier uniquement à mon ouïe, un tournant m’empêchant de jouer les Sœur Anne). Je porte des lunettes de soleil inutiles puisque, dès le franchissement de mon seuil, un nuage s’est décidé à opaquer les généreux rayons d’un soleil avec lequel je suis brouillé depuis son absence du mois d’août. En fait, le temps, je préfère toujours celui qu’on n’a pas.
Puisque la journée commence comme ça, je râle sans discontinuer : je trouverai bien une foule de raisons pour me justifier.
Il est quatorze heures six et je ressors de la maison. À l’arrêt du bus, je traverse et m’assied –pour être à l’ombre et me donner une chance d’apercevoir le véhicule (du bon côté, je dois me fier uniquement à mon ouïe, un tournant m’empêchant de jouer les Sœur Anne). Je porte des lunettes de soleil inutiles puisque, dès le franchissement de mon seuil, un nuage s’est décidé à opaquer les généreux rayons d’un soleil avec lequel je suis brouillé depuis son absence du mois d’août. En fait, le temps, je préfère toujours celui qu’on n’a pas.
Puisque la journée commence comme ça, je râle sans discontinuer : je trouverai bien une foule de raisons pour me justifier.
04 septembre 2005
cinéma ou boîte à rails
Ne vaudrait-il pas mieux conserver entre ces villes leur distance, toutes ces gares, tous ces paysages qui les séparent?
Mais en plus des communications normales par lesquelles chacun pourrait se rendre de l'une à l'autre quand il voudrait, il y aurait un certain nombre de points de contact, de passages instantanés qui s'ouvriraient à certains moments déterminés par des lois que l'on ne parviendrait à connaître que peu à peu.
(Butor, la modification, 1957)
EA sous zantac
Il est une heure dix-huit et je saute sur mon lit, ce qui a pour malheureux effet de défoncer une nouvelle fois le sommier que je replie correctement et maintiens dans une position approximativement horizontale grâce à un baffle et trois bouquins. Il est une heure vingt-deux et je serre un peu les dents. Je pense une nouvelle fois à la composition de l’assistance de mon hypothétique enterrement dans trois semaines (on ne sait jamais, si tout cela s’aggrave…). Je finis toujours par apercevoir dans la foule le visage peu familier de l’un ou l’autre quidam qui serait là par obligation envers mes pauvres parents.C’est finalement assez lassant de toujours s’emporter sur les mêmes divagations, donc je m’en dégage rapidement. Mine de rien, il est déjà une heure trente-trois. Je prends Malpertuis, qui traîne sur le tabouret au rôle de table de nuit, et j'y tombe.
31 août 2005
égocentrisme et insignifiance
Réussir à cesser d'évoquer les autres. Il faudrait en arriver à ne parler que de soi et de choses insignifiantes pour ne pas entacher la réputation des gens, transformer leurs dires ou interpréter leurs gestes. Bien sûr cela soulève un certain nombre de problèmes.
Le premier relève de la question de la signifiance (c'est très mal dit). Problème de ce point: certains êtres sont insignifiants et on pourrait donc en parler. De plus, outre le degré cinq cent de subjectivité que cette considération implique, il faudrait veiller à ce que ma notion d’insignifiant soit commune à celle de mon interlocuteur…Avant de lancer la conversation, il serait donc nécessaire de procéder à une sorte d’échange de nos listes respectives de thèmes ou personnes insignifiants. Dans de telles circonstances, établir un dialogue s’avérerait particulièrement fastidieux et briserait tout effort d’économie que le langage a instauré. Le plus simple serait donc de ne pas parler du tout des autres.
Le second problème est celui du vide, de l’ennui.
Imaginons telle rencontre:
--« Tiens, aujourd’hui, j’ai bu un verre avec X et nous avons pu discuter pendant quelques heures…
--Ah, discuter de quoi ?
--Je suis désolé, mais je ne peux m'avancer à résumer le contenu de cette discussion. Cela équivaudrait probablement à trahir les pensées de X, que je ne pourrais transposer fidèlement. »
Ridicule assuré.
On pourrait concevoir qu’il suffirait de tout transcrire, mais nous retournons alors au problème du laborieux… De plus, aucun écrit n’a jamais rendu de façon exacte des paroles (problème de l’absence d’intonation, etc. Basique).
Ce qui est surtout très drôle, c'est qu'une telle renonciation serait vraisemblablement considérée comme de l’égocentrisme alors qu’il s’agit au contraire du plus pur désir de philanthropie jamais imaginé… ça pourrait être intéressant.
Le premier relève de la question de la signifiance (c'est très mal dit). Problème de ce point: certains êtres sont insignifiants et on pourrait donc en parler. De plus, outre le degré cinq cent de subjectivité que cette considération implique, il faudrait veiller à ce que ma notion d’insignifiant soit commune à celle de mon interlocuteur…Avant de lancer la conversation, il serait donc nécessaire de procéder à une sorte d’échange de nos listes respectives de thèmes ou personnes insignifiants. Dans de telles circonstances, établir un dialogue s’avérerait particulièrement fastidieux et briserait tout effort d’économie que le langage a instauré. Le plus simple serait donc de ne pas parler du tout des autres.
Le second problème est celui du vide, de l’ennui.
Imaginons telle rencontre:
--« Tiens, aujourd’hui, j’ai bu un verre avec X et nous avons pu discuter pendant quelques heures…
--Ah, discuter de quoi ?
--Je suis désolé, mais je ne peux m'avancer à résumer le contenu de cette discussion. Cela équivaudrait probablement à trahir les pensées de X, que je ne pourrais transposer fidèlement. »
Ridicule assuré.
On pourrait concevoir qu’il suffirait de tout transcrire, mais nous retournons alors au problème du laborieux… De plus, aucun écrit n’a jamais rendu de façon exacte des paroles (problème de l’absence d’intonation, etc. Basique).
Ce qui est surtout très drôle, c'est qu'une telle renonciation serait vraisemblablement considérée comme de l’égocentrisme alors qu’il s’agit au contraire du plus pur désir de philanthropie jamais imaginé… ça pourrait être intéressant.
30 août 2005
26 août 2005
Cliché

J'avais pensé intituler ce post le jour où j'ai retrouvé des photos de moi quand j'étais petit ou enfance II (comme le titre de la photo), mais le premier titre a été plus ou moins utilisé par Toussaint (ici) et le deuxième aurait encore trop référé à Rimbaud.
Baignant dans cette éternelle inoriginalité (peut-être que je marque un point sur ce mot) , il m'apparaissait évident qu'il fallait la souligner, d'où ce titre (triplement bon il me semble: 1) mes références sont clichés 2) mon image est cliché -une mise en abîme facile 3) mon image est intrinsèquement cliché d'un cliché...).
Mais elle est sympa, cette photo.
Baignant dans cette éternelle inoriginalité (peut-être que je marque un point sur ce mot) , il m'apparaissait évident qu'il fallait la souligner, d'où ce titre (triplement bon il me semble: 1) mes références sont clichés 2) mon image est cliché -une mise en abîme facile 3) mon image est intrinsèquement cliché d'un cliché...).
Mais elle est sympa, cette photo.
24 août 2005
dimanche
Il est dix heures quarante-sept et j’entends la grille qui grince. J’ai fait l’effort de me lever depuis beaucoup plus longtemps qu’une heure pour ne trouver qu’un petit mot, griffonnage paternel, stipulant que le retour de son auteur était prévu pour onze heures. Il apparaît, souriant. Encore trois quarts d’heure d’attente.
-- Tiens, je ne l’aurais pas évitée celle-là.
-- Bah. Si. Je m’étais trop engagé.
-- Peut-être, ouais…
Il est douze heures vingt-trois et je rigole des combines de fraudeurs. Je pénètre un univers surprenant (pour la modique somme de huit euros) où on tente de me plonger en une sorte de pseudo Moyen-Âge. Le tout n’est qu’un prétexte à boire et je me pose encore en supérieur narquois. On décide de garder les chopes.
Sur le chemin du retour, au détour d’un ferrailleur qui se croyait antiquaire :
-- Le problème de ces gens est d’être persuadé que la poussière de leur magasin vaut déjà dix euros…
-- Et s’il y a quelque chose en dessous, c’est Byzance !
-- L’entrée, disons cinquante euros… Déjà soixante là !
-- Vous prenez rien ? Ok, je vous l’emballe ?
Il est dix-sept heures dix-sept et je fais un vœu.
-- Tiens, je ne l’aurais pas évitée celle-là.
-- Bah. Si. Je m’étais trop engagé.
-- Peut-être, ouais…
Il est douze heures vingt-trois et je rigole des combines de fraudeurs. Je pénètre un univers surprenant (pour la modique somme de huit euros) où on tente de me plonger en une sorte de pseudo Moyen-Âge. Le tout n’est qu’un prétexte à boire et je me pose encore en supérieur narquois. On décide de garder les chopes.
Sur le chemin du retour, au détour d’un ferrailleur qui se croyait antiquaire :
-- Le problème de ces gens est d’être persuadé que la poussière de leur magasin vaut déjà dix euros…
-- Et s’il y a quelque chose en dessous, c’est Byzance !
-- L’entrée, disons cinquante euros… Déjà soixante là !
-- Vous prenez rien ? Ok, je vous l’emballe ?
Il est dix-sept heures dix-sept et je fais un vœu.
23 août 2005
21 août 2005
palindrame
19 août 2005
Il fallait bien
Je pense très sincèrement qu’il ne faut plus rien espérer à partir du moment où des étudiants jouissant de quatre heures respectives de latin et de grec en quatrième secondaire en viennent à réinventer la norme de la façon suivante :
Ben voila C Kathy !!! Sa fé déja 3 ans k'on se koné !! On s'entend plutot bien !! Elle est bien marrante, sympo, zolie... !! Malheureusement on a po bcp l'occasion de parler sof par sms ! Enfin voila C po trop graff... tt ce ke G a te dire C ke j't'adore !! bizz
Ne vaudrait-il pas mieux perdre le contact?
Ben voila C Kathy !!! Sa fé déja 3 ans k'on se koné !! On s'entend plutot bien !! Elle est bien marrante, sympo, zolie... !! Malheureusement on a po bcp l'occasion de parler sof par sms ! Enfin voila C po trop graff... tt ce ke G a te dire C ke j't'adore !! bizz
Ne vaudrait-il pas mieux perdre le contact?
17 août 2005
30 juillet 2005
Sauter du toit
28 juillet 2005
Compagnon d'intercours
26 juillet 2005
brèves de car(ré) V 3.0
(Ici, le quasi monologue exceptionnel d'un ancien de l'Ulg chérissant les doux visages des jeunes romanistes, un soir, au détour de la rue du Pot d'Or...)
Vous n'êtes pas gays? Ca vous viendra! Les femmes vous déçevront!
Ah mais, le communisme, ça fait mal par où ça passe...mais c'est tellement bon après!
Oui, j'ai connu M.P***...En Géorgie...Je dirigeais un camp de concentration...Pour les ennemis du peuple...
Madame B***? Ah oui...l'onomastique! Les noms de la bite dans les dialectes wallons!
Bon, c'est pas tout ça!Je dois aller rejoindre un jeune Marocain auquel je tiens beaucoup...
Vous n'êtes pas gays? Ca vous viendra! Les femmes vous déçevront!
Ah mais, le communisme, ça fait mal par où ça passe...mais c'est tellement bon après!
Oui, j'ai connu M.P***...En Géorgie...Je dirigeais un camp de concentration...Pour les ennemis du peuple...
Madame B***? Ah oui...l'onomastique! Les noms de la bite dans les dialectes wallons!
Bon, c'est pas tout ça!Je dois aller rejoindre un jeune Marocain auquel je tiens beaucoup...
Spectacle d'ombres
En ce moment, je suis probablement la seule personne sur terre à écouter Weeping Pillow de Sébastien Schuller en lisant de la poésie espagnole contemporaine.
À part la mère du premier cité, peut-être, mais ce serait un manque de pot .
À part la mère du premier cité, peut-être, mais ce serait un manque de pot .
23 juillet 2005
Vacances?
20 juillet 2005
Dour

Lundi, 5h32, un mec en singlet et en casquette, passablement ivre, à une mini-foule de cinquante festivaliers attendant la navette qui les mènera à la gare de Saint-Ghislain:
-"Bande de gorets!!
-Avance Christophe...
-Mais c'est des gorets!!Regarde!! hein...(bras d'honneur)...tiens! Phacochères!! Bande de gorets
-...
-Bande de gorets...mais je te jure! C'est des gorets!! Regarde-les...bande de gorets!"
(Au loin, on le voit tituber. Les néerlandophones présents dans la masse impatiente sont incrédules. Le soleil se lève doucement et Saint-Nicolas travaille dans son atelier. La navette arrive.
Pure morning, Pure morning.)
-"Bande de gorets!!
-Avance Christophe...
-Mais c'est des gorets!!Regarde!! hein...(bras d'honneur)...tiens! Phacochères!! Bande de gorets
-...
-Bande de gorets...mais je te jure! C'est des gorets!! Regarde-les...bande de gorets!"
(Au loin, on le voit tituber. Les néerlandophones présents dans la masse impatiente sont incrédules. Le soleil se lève doucement et Saint-Nicolas travaille dans son atelier. La navette arrive.
Pure morning, Pure morning.)
15 juillet 2005
( )
Le quotidien Le soir propose actuellement, sous forme de cartes postales -c'est toujours ça d'économisé pour les fêtes de fin d'année, des photographies censées retracer les évènements qui ont marqué les 175 ans d'existence de notre beau pays uni.
L'un de ces clichés m'a particulièrement attiré: nous sommes en 1968 et se déroule une manifestation d'étudiants universitaires louvanistes (Leuven ici), lunettes carrées, cravates et souliers cirés.
La tête de ce défilé est occupée par 7 jeunes hommes soulevant fièrement une pancarte portant le sobre et éloquent slogant "Walen Go Home", accompagné d'une tête de mort...
L'image m'a rappelé ces cours de secondaire sur la création de LLN, la visite dans ladite cité, sa modernité un peu excessive peut-être et l'ennui dans le car, pendant le trajet.
L'intérêt du document -outre son rôle de Madeleine de Proust- est de nous confronter à notre époque et notre environnement: en 2005, à l'Ulg, il ne viendrait à l'esprit d'aucun étudiant d'éprouver de la haine ou de la gêne vis-à-vis d'un condisciple néerlandophone.
Ce serait parfait, si cela ne s'était pas mué en de la pudibonderie chez certains inscrits pour qui la moindre vanne sur une minorité est intolérable et synonyme de xénophobie.
Tout ça pour dire que, dans les images du Soir, une photo illustrait l'explosion de Ghislenghien et que, moi, en lisant le commentaire numéro 5, ici, j'ai fort fort ri.
L'un de ces clichés m'a particulièrement attiré: nous sommes en 1968 et se déroule une manifestation d'étudiants universitaires louvanistes (Leuven ici), lunettes carrées, cravates et souliers cirés.
La tête de ce défilé est occupée par 7 jeunes hommes soulevant fièrement une pancarte portant le sobre et éloquent slogant "Walen Go Home", accompagné d'une tête de mort...
L'image m'a rappelé ces cours de secondaire sur la création de LLN, la visite dans ladite cité, sa modernité un peu excessive peut-être et l'ennui dans le car, pendant le trajet.
L'intérêt du document -outre son rôle de Madeleine de Proust- est de nous confronter à notre époque et notre environnement: en 2005, à l'Ulg, il ne viendrait à l'esprit d'aucun étudiant d'éprouver de la haine ou de la gêne vis-à-vis d'un condisciple néerlandophone.
Ce serait parfait, si cela ne s'était pas mué en de la pudibonderie chez certains inscrits pour qui la moindre vanne sur une minorité est intolérable et synonyme de xénophobie.
Tout ça pour dire que, dans les images du Soir, une photo illustrait l'explosion de Ghislenghien et que, moi, en lisant le commentaire numéro 5, ici, j'ai fort fort ri.
13 juillet 2005
L'inconcevable joie

Je comptais parler un peu de Cioran, mais une Odyssée lui est déjà consacrée ici, donc autant s’abstenir de jouer les philosophes. De toutes façons, ces derniers jours, le semblant de cynico-scepticisme (si on peut appeler ça comme ça) qu’il m’avait refilé a cédé la place à une sorte de légère euphorie, toutefois un peu contrebalancée par ce sentiment de vulnérabilité et d’insignifiance – comme des petites descentes à pic, mais rares. Alors bon, autant se réjouir et poster la photo que je m’étais juré de prendre, un jour.
09 juillet 2005
brèves de car (refour) v2.0
[Le titre de ce post incite déjà à la franche rigolade]
-Hé, regarde un peu son chapeau à la fille des poissons, regarde! Tout déformé!
-C'est pasque j'ai une grosse tête! Bien pleine!
-Pleine de vide, ouais....
-T'as dit quoi toi??
-moi? rien.
-Me semblait bien...
-Hé,ho!! T'endors pas! TU veux un café bien noir? Tu veux que je te tamise la lumière aussi??
-...
Fait chier aussi hein celle-là! Putain! L'a qu'à rester chez elle! Y ades gens qui cherchent du travail!! Euh, ça reste entre nous, hein...
-Hé, regarde un peu son chapeau à la fille des poissons, regarde! Tout déformé!
-C'est pasque j'ai une grosse tête! Bien pleine!
-Pleine de vide, ouais....
-T'as dit quoi toi??
-moi? rien.
-Me semblait bien...
-Hé,ho!! T'endors pas! TU veux un café bien noir? Tu veux que je te tamise la lumière aussi??
-...
Fait chier aussi hein celle-là! Putain! L'a qu'à rester chez elle! Y ades gens qui cherchent du travail!! Euh, ça reste entre nous, hein...
07 juillet 2005
[this is really happening]

J'avais dit pouvoir enfin cesser le plagiat.
Ne considérons pas ceci comme une promesse.
Tiens, puisque Londres brûle aujourd'hui, demain matin cela crachera bassement.
Le carref*ur d'Herstal emploie en effet un échantillon intéressant de la base électorale du front national: une main d'oeuvre belgo-belge au q.i. atteignant à grand peine le chiffre de la température anale d'un phoque dans son écosystème, mais pourvue d'une estime de soi à faire pâlir Chateaubriand (et pas Vancouver, haha).
Ne considérons pas ceci comme une promesse.
Tiens, puisque Londres brûle aujourd'hui, demain matin cela crachera bassement.
Le carref*ur d'Herstal emploie en effet un échantillon intéressant de la base électorale du front national: une main d'oeuvre belgo-belge au q.i. atteignant à grand peine le chiffre de la température anale d'un phoque dans son écosystème, mais pourvue d'une estime de soi à faire pâlir Chateaubriand (et pas Vancouver, haha).
03 juillet 2005
Quotidien.
Je suis très mer, soleil, sable et tout cela pour le moment.On dirait Emma Bovary.
Pas de mouettes ici, mais une grosse qui crie "Sale con" à son gamin qui avait omis d'ôter ses chaussettes pour pénétrer le bac qui lui sert de piscine. Le vecteur commun qu'est la connerie est décidément bien aléatoire.
Lueur d'humour tout à l'heure, sur une interprétation de Ponge que finalement, il est préférable de garder pour soi.
01 juillet 2005
"Rigole pas, sinon j'te noie!"
la côte belge:
Les mouettes, la retrouvaille avec l'éternité et les trainings (métonymie d'or)perdant leur ballon et décidés à te planter si tu le touches...Sauvé!
Les perles en direct, qui pleuvent:
denis dit :
il t'aime
émilie dit :
lol il a pas intérêt
(Et je vais pouvoir cesser de vous plagier)
Les mouettes, la retrouvaille avec l'éternité et les trainings (métonymie d'or)perdant leur ballon et décidés à te planter si tu le touches...Sauvé!
Les perles en direct, qui pleuvent:
denis dit :
il t'aime
émilie dit :
lol il a pas intérêt
(Et je vais pouvoir cesser de vous plagier)
24 juin 2005
Suds&Soda
Un mois de lecture et d'apparence, de couloirs électriques où on arrive l'esprit léger mais qu'on quitte en ayant des envies de meurtre -parfois. Un mois uniforme cette fois, sin altibajos, sans pics, sans chutes...Sans goût..
Elle est retrouvée!/ -Quoi? /L'uniformité! C'est la mer, mêlée au soleil.
Je confonds tout, l'uniformité, c'est ce qui fait boire pour la combattre, chez certains. Mon horizon est désormais mêlé d'aubes navrantes et de déchargages de camions.
Elle est retrouvée!/ -Quoi? /L'uniformité! C'est la mer, mêlée au soleil.
Je confonds tout, l'uniformité, c'est ce qui fait boire pour la combattre, chez certains. Mon horizon est désormais mêlé d'aubes navrantes et de déchargages de camions.
22 juin 2005
"un papier et un crayon"
Sur un de ces espaces publics où certains parviennent (ou "en viennent même")à se créer une deuxième identité, j'avais rétorqué à une plus jeune que moi, tentée par la poésie et désireuse de connaître les opinions publiques sur ses textes, qu'avant de se mettre à l'oeuvre, il serait bon qu'elle accorde ses violons avec ses dictionnaires. Ses rimes très pauvres étaient peuplées de fautes d'orthographe. La demoiselle répliqua qu'elle en était désolée, mais que ses idées étaient le plus important, que la forme, finalement, n'était rien, qu'elle y allait avec un papier et un crayon et que son but n'était pas d'arriver au niveau d'excellence de Rimbaud, niveau inégalable d'après ses dires... Plusieurs questions:
- Peut-on imaginer un texte véhicule d'idées valables où la forme n'importerait pas?
- Plutôt: jusqu'à quel point peut-on négliger cette forme productrice de sens et conserver de la qualité?
- Comment est-il possible de conserver une échelle de valeur telle que certains en arrivent à considérer Rimbaud inégalable...et moi à estimer qu'une forme avariée forme altère les idées?
- Peut-on imaginer un texte véhicule d'idées valables où la forme n'importerait pas?
- Plutôt: jusqu'à quel point peut-on négliger cette forme productrice de sens et conserver de la qualité?
- Comment est-il possible de conserver une échelle de valeur telle que certains en arrivent à considérer Rimbaud inégalable...et moi à estimer qu'une forme avariée forme altère les idées?
15 juin 2005
Calmées, mes crises de neurasthénie agressive!
Lisez Neruda, déclamez et dites l'aimer, évoquez Skarmeta, récitez vaguement Rimbaud. Le stakhanovisme paye toujours et c'en sera fini de l'espagnol.
09 juin 2005
Insouciante humeur
Il soleille. Le mec d'en face tond sa pelouse.
Sorte de bruit infernal cadeau du ciel, puisqu'il m'empêche de relire pour la troisième fois la pista de hielo de Roberto Bolaño. Pas savourable à sa juste valeur (de la désagréabilité des lectures imposées). Entre être contraint d'humer de l'herbe coupée et plancher sur l'implication improbable d'un gros catalan d'un mètre soixante-trois amoureux d'une patineuse blonde et capricieuse dans l'assassinat très étrange d'une sans-papier cantatrice d'opéra, le choix n'est pas permis.
Sorte de bruit infernal cadeau du ciel, puisqu'il m'empêche de relire pour la troisième fois la pista de hielo de Roberto Bolaño. Pas savourable à sa juste valeur (de la désagréabilité des lectures imposées). Entre être contraint d'humer de l'herbe coupée et plancher sur l'implication improbable d'un gros catalan d'un mètre soixante-trois amoureux d'une patineuse blonde et capricieuse dans l'assassinat très étrange d'une sans-papier cantatrice d'opéra, le choix n'est pas permis.
Brèves de Bus V 1.0 [à la façon de J-M Gouriot]
J'ai repassé mon manteau maint'nant il est cent fois plus beau!
Oui hein, je dois aller au kinézis'...
-Tu vas en ville?
-Oui, acheter un cadeau pour Sandrine...
-Ah.
-C'est son anniversaire...
-...
-Mais elle est grosse, alors...
Ohlalalalalala...Ohlalalalalala...
-Si j'avais su, j'aurais été pêcher!
-...
-Ils ont fait une journée sans permis!
Oui hein, je dois aller au kinézis'...
-Tu vas en ville?
-Oui, acheter un cadeau pour Sandrine...
-Ah.
-C'est son anniversaire...
-...
-Mais elle est grosse, alors...
Ohlalalalalala...Ohlalalalalala...
-Si j'avais su, j'aurais été pêcher!
-...
-Ils ont fait une journée sans permis!
07 juin 2005
de si grandes espérances...
Commercialiser son éloquence devient une nécessité.
Le comptage des gens est une chose triste.

Pour l'instant, je suis toujours contraint à récupérer des idées, des images. Ca ne tardera plus.
Le comptage des gens est une chose triste.
Pour l'instant, je suis toujours contraint à récupérer des idées, des images. Ca ne tardera plus.
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