30 décembre 2007

to Carla

Si « 4 consonnes et 3 voyelles, c'est le prénom de Raphaël », la bonne nouvelle, c'est que ça marche aussi pour Nicolas. Ca rime un peu moins, ceci dit.

réception(s)

Lu Maus d'Art Spiegelman, souvent conseillé. Terrible dans les deux sens, à faire lire avec La nuit de Wiesel à des futurs élèves le cas échéant. La superbe, dans ce genre de texte, de l'absence de manichéisme : les combines pas toujours nettes du héros de Maus, le ras-le-bol du je vis-à-vis de son père dans La nuit (et, en y repensant l'Allemande généreuse dans L'espèce humaine d'Antelme).

24 décembre 2007

kikou les poulets

Dans la liste des choses que je n'aime pas, il faudrait rajouter la contrepèterie Noyeux Joël. Le premier a l'avoir employée était sûrement un exemple de vivacité d'esprit, ceux qui nous imposent son souvenir ne méritent que l'exclusion sociale.

22 décembre 2007

Et de joyeuses fêtes, avec ça...

Pour l'occasion, je vous offre un lien vers un ancien post de nologos.net. Si ça se trouve, j'ai déjà renvoyé à cet outil intéressant, mais ça ne fera de mal à personne d'y retourner faire un tour.

13 décembre 2007

recasage de photos avec une tentative de justification un peu bancale, mais bon...

L'excellent dernier post de Boulet me rappelle à ma tâche. Mettons que je suis un adulte et que je peux (dois) donc imaginer. Pour commencer en douceur, on va imaginer que c'est l'été (les vacances, la chaleur, les fleurs et les couleurs - on dirait une chanson de Lorie) : ça fera du bien à tout le monde.


11 décembre 2007

un tout petit peu de méta

J'ai un peu de scrupules à exploser ces pages qui font un peu doublon parce que j'aime bien les photos. Peut-être vont-elles se retrouver ici dans les prochains jours. Ah et puis, tiens, un lien vers un dictionnaire cynique, en passant.

07 décembre 2007

Droit de réponse au Carnet

Le bimestriel Le carnet et les instants a, dans son dernier numéro, proposé une sympathique chronique du site que vous parcourez actuellement. Malheureusement, par une manière de confusion, l'auteur de la recension a attribué à l'histrion Tanguy Habrand la paternité de mon œuvre. Une mise au point était nécessaire, que le malheureux blogueur de Question de style et moi-même nous sommes empressés d'effectuer, chacun via le blog de l'autre. Vous trouverez donc ci-dessous les élucubrations de T.H. et pouvez directement filer sur QDS pour découvrir mon avis autrement plus éclairé.

« En confondant mon travail réalisé sur questiondestyle.net et les tentatives malheureuses d’Inerties fulgurantes, Le Carnet et les Instants signe un bel exemple de relativisme culturel couplé à un nivellement par le bas. On comprendra tout de même l’erreur : Inerties fulgurantes est né de QDS. Sauf que (c’est là que la confusion fait mal) non content de plagier sauvagement l’angle d’attaque que je me suis efforcé de développer sur QDS depuis quatre ans, le blog de D.Saint-Amand s’y prend à la manière d’un contrefacteur de Foire, vendant de la Follex pour de la Rollex. Tant et si bien que la lecture de ces inepties me fait l’effet de me regarder dans un miroir déformant (pour ce qui de l’image), d’un écho trop tardif (pour ce qui est du son). Car DSA, incapable de reproduire quoi que ce soit, ignore à peu près tout de ce que « créer » et « innover » veulent dire.

Bien sûr, nous partageons un même univers de référence, ayant en commun des rues, des couloirs, des amis et des études. Mais là où je me suis toujours amusé à mobiliser des signes disparates, DSA en fait son plan de bataille, de manière à passer pour ce qu’il n’est pas : un intellectuel d’une part (ce que tentent de faire avaler ses lectures à prétention érudite, qu’il cite et commente dès qu’il en a l’opportunité), un cool d’autre part (car l’intellectuel doit montrer qu’il a une vie, qu’il va à des concerts (et vas-y que je te mette des photos), qu’il sait prendre son pied avec de la « culture de masse », tant que cela reste à petite dose).

Avide de quitter la misère artistique qui est la sienne, DSA multiplie les essais d’élévation. Ainsi de l’adresse du site, « dessus de portes ». N’est-ce pas viser trop haut ? Ni érudit ni underground, ni produit du subtil mélange des deux, Inerties fulgurantes patauge. Saint-Siège de la fausseté, le blog reste le royaume du cynisme et de l’arrivisme le plus ignoble. Louons Le Carnet et les Instants d’avoir commis l’erreur par laquelle DSA — qui dans ses jours de grande forme (pour autant qu’il y en ait) n’atteint pas même ce que je ferais vomissant avec 45° de fièvre dans le coma aux soins intensifs — aura eu sa petite érection pour cette aspiration vulgaire qui est la sienne : faire parler de lui ».

27 novembre 2007

Violent animal stealing my minolta

À cause du kapo qui m'a arraché des mains mon précieux appareil photo alors que je profitais de la prestation de Saint-André pour ajuster mes réglages, vous ne trouverez ici aucune photo de ma soirée d'hier (aucune photo, donc, du duo surprise AaRON-Mélanie Laurent sur U-Turn, pas plus que de l'after show au champagne et en petites tenues dans les backstages, duquel je suis revenu à 7 heures pour filer donner un cours sur le Dictionnaire de Flaubert, Juvénal, les Nouveaux mots du pouvoir et Erostrate)[1].

[1] De façon générale, disons que AaRON ne disposait plus, ici, de l'effet de surprise de juillet et qu'il y avait un petit côté mégalo dans les interventions du chanteur. À côté de ça, au point de vue musical - et, principalement, vocal -, ça restait très très correct.

24 novembre 2007

Visé, mon amour

Le concert de Malibu Stacy, hier soir, à Visé, aurait pu être une réussite totale. En plus des sourires bien sympathiques d’ex-collégiennes, il m’aura permis de retrouver la fraîcheur du combo local qui, à cette occasion, avait décidé de faire découvrir ses nouvelles compositions au public de la cité de l’oie. J’en aurai aussi profité pour me rendre compte, non sans une certaine surprise indubitablement teintée d’une petite jalousie, des talents de T.M. derrière les platines d’Elektrash. Passé les hurlements poussifs d’une première partie décevante (et que je ne vais pas m’amuser à nommer pour lui laisser sa chance), Malibu Stacy a démontré une nouvelle fois sa capacité à enflammer une salle par le biais de chansons aussi simples qu’efficaces. Plus de deux ans après leur émergence remarquée (ma première rencontre avec le groupe date d’un set mémorable ouvrant une soirée durant laquelle les Visétois partageaient l’affiche avec The Cribs et les Kaiser Chiefs, qui ne vendaient pas tellement d’albums à l’époque – l’expérience s’est prolongée à plusieurs reprises, comme ici et ), le groupe a embarqué derrière lui une foule de (très) jeunes gens déchaînés, capables de reprendre à l’unisson les singles de leurs rockers belges préférés et de provoquer quelques frissons. Tout pour plaire cette soirée, donc. Et bien en fait non, pas tant que ça finalement, à cause de la situation visétoise de ce concert. La population présente, à quelques exceptions près, avait en effet tout d’un bal de rhéto du Collège (le seul, avec sa majuscule) : stagnant au milieu de cet univers rock auquel ils étaient absolument étrangers, une foule de petites métonymies sur pattes incarnaient à merveille l’idéologie de la capitale de la Basse-Meuse. Dans ces polos scapa frappés d’un éternel numéro trois et dans ces pulls arborant un sigle TH, qui, dans la conjoncture actuelle, rappelle plus un médiocre groupe allemand que la marque élitiste duquel il est l’emblème, se cristallisaient (malheureusement) à merveille les valeurs néo-libérales inhérentes à la plupart des électeurs de ce microcosme à l’esprit de clocher si développé. Dans les discussions surplombant, tout le concert durant, les mélodies du groupe occupant la scène, on retrouvait ce mélange légèrement antithétique (quoique) de suffisance et de vacuité, ces propos éternels et inexpérimentés sur la supériorité des HEC, tenus par des puceaux en la matière, fruits d’une détermination sanguine inversement proportionnelle – c’est un paradoxe, encore – à la bleuité du parti dont les affiches ornent les fenêtres de la maison paternelle. Je te hais, Visé, pour la façon dont tu incarnes trop parfaitement ces valeurs de productivité et de rentabilité cloisonnées, jusque dans tes salles de concert.

21 novembre 2007

Euro pourri d'avance ou « Cette vie est décidément insupportable »

L'éclaircie, ce soir, pouvait surgir de Londres, où l'Angleterre, grâce à la victoire d'Israël sur la Russie, samedi dernier, avait à nouveau son sort entre ses mains et pouvait se contenter d'un match nul face à des Croates déjà qualifiés et évoluant sans pression. C'était sans compter sur les talents de Scott Carson, incarnation du triste mythe anglais du gardien peu fiable et dont le patronyme devrait très vite devenir antonomase. Défaits 2-3 sur leurs terres tandis que, dans le même temps, la Russie s'imposait à Andorre par le plus petit écart, les Anglais, effondrés, voyaient s'envoler leur participation à l'Euro 2008. Cela pourrait paraître anecdotique, mais ça n'améliore en rien ma vie, voyez-vous. Une année sur deux, les compétitions footbalistiques rythment mes sessions d'examens, infléchissent mes heures d'études et me permettent de concentrer toute mon attention sur un objet absolument distinct de mes préoccupations scolaires (encore qu'il est parfois tentant d'imaginer une sémiotique du corner ou une approche posturale des fautifs appréhendés par l'arbitre, mais tout de même, c'est délassant). Or, cette année, vu les éliminations belge (la campagne des Diables Rouges s'est néanmoins ponctuée par une victoire encourageante en Azerbaïdjan...) et anglaise, je vais avoir beaucoup de mal à m'intéresser à ce championnat d'Europe qui n'accueille que des équipes dont je n'ai strictement rien à fiche ou qui me sont franchement antipathiques. C'était déjà assez difficile lors de la coupe du monde allemande, à l'occasion de laquelle le dernier carré était composé de quatre nations qui m'inspiraient fort peu... Mon amour pour la suffisance française et le souvenir de l'injustice de la finale de 2000 m'avaient conduit à rejoindre le camp azzurri, mais sans véritable conviction - et j'avoue que je n'ai pas tellement envie de remettre le couvert. Entre les équipes intrinsèquement anticharismatiques et sans véritable histoire (l'Autriche, la Suisse, la Roumanie, la Russie, la Pologne, la Croatie), celles qui développent un jeu digne de celui prôné par Vercauteren (la Turquie, la Grèce, l'Italie la plupart du temps) et les traditionnels "grands" qui ne parviennent guère à proposer le football de rêve dont on prétend qu'ils sont capables (les Pays-Bas, l'Espagne, la République Tchèque, le Portugal et l'Allemagne), il ne reste qu'une seule équipe susceptible de recueillir mes faveurs: la Suède. Mais, malgré ses mille et un petits charmes, elle ne passera vraisemblablement pas le premier tour. Cette vie est décidément insupportable.

16 novembre 2007

un sandwich en passant

Croisé A. et M., qui me demandent sur quoi je donne cours pendant les stages. Elles connaissent le bouquin que j'étudie en classe (il a gagné des prix, elles en ont lu d'autres de l'auteur). Je réponds en souriant que c'est chouette, que c'est rare, qu'en général on ne connaît pas les auteurs contemporains. Esquisse d'une discussion sur la non-lecture chez les romanistes, avortée très vite devant l'inutilité du développement. Mercredi, des gens qui ont reçu un diplôme de lettres ou sont en passe de le recevoir ont répondu non à l'unisson quand on leur a demandé s'ils connaissaient Houellebecq. (Le but n'est pas de dire alala quelle bande de cons, simplement, c'est assez étonnant).

15 novembre 2007

projets qui ne verront jamais le jour ou alors, éventuellement, un jour de pluie

1) Lancer une étude sur les lieux d'émergence en littérature, de nos jours. Il faudrait notamment vérifier la survivance du "café littéraire" et tenter d'en mesurer l'efficacité, mais il y aurait bien d'autres éléments à prendre en compte (quels sont les cénacles contemporains desquels il faut participer?).
2) Refaire le dessin de l'homme-mouton et le soumettre à Murakami (il était effrayant, dans ma lecture).
3) Monter un groupe pour un concert one-shot et le saborder ensuite, au sommet d'une gloire fulgurante et éphémère.
4) Etc.

note en passant

Trouvé dans le journal de Jules Renard: la femme est un roseau dépensant.

14 novembre 2007

Dans le fond de la classe

Moi : On ne s'en rend pas compte, mais Oedipe est à l'origine de toute la législation sur l'homicide involontaire.
Audrey : Ah bon, c'est vrai?

13 novembre 2007

Abel, c'mon, gimme the keys, man...

Hier soir, prodigieux concert de The national dans une Ancienne Belgique (qui n'a jamais si bien porté son nom) remplie d'un public duquel F. et moi avons contribué à amoindrir la moyenne d'âge.


set list : 1) Start a War 2) Mistaken for Strangers; 3) Secret Meeting 4) Brainy; 5) Baby We'll Be Fine 6 )Slow Show 7) Squalor Victoria; 8) Abel 9) All the Wine 10) Racing Like A Pro 11) Ada 12) Geese of Beverly Road, the 13) Apartment Story 14) Daughters of the Soho riots 15) Fake Empire // 16) Green Gloves 17) Mr. November 18) You've done it again, Virginia 19) About Today.

06 novembre 2007

« culture » geek

En prenant le parti de me distancier des culture et philosophie geeks, je sais que j'opte pour une position conservatrice voire réactionnaire et, en conséquent, j'accepte de passer à côté d'un certain nombre d'innovations. Dès lors, c'est avec trois siècles de retard que je découvre le « langage élite » et j'avoue que ça m'a fait rire. À cette adresse, un exemple de détournement d'un célèbre poème, par Nicolas Patrois.

04 novembre 2007

« À quoi sert la littérature? »

À cette adresse, l'enregistrement vidéo de la rencontre précédant la séance officielle de rentrée académique de l'ULg.

03 novembre 2007

fontanelle

L'automne psychologique, avec un huis clos de prépas probablement excessives. J'écoute les disques de saison, comme il y a deux posts, et j'ai finalement ouvert le dernier Harry Potter, même si je connais l'histoire d'avance. Quatre années d'études spécifiques ont gommé certaines parties de ma naïveté de lecteur, mais je ne regrette rien (ce n'est pas le cas de tout le monde). Un exemple amusant, c'est le repérage de tics d'écriture: par exemple, dans le dernier Harry Potter, Rowling aime vraiment beaucoup les "larmes aux yeux", à tel point que l'expression se retrouve environ toutes les 5 pages. Toujours sur Harry Potter, Fabula fait écho à une interview récente de Rowling évoquant l'homosexualité de Dumbeldore... et renvoie à la réaction de fans passionnés, qui, tels des parents ouverts d'esprit, auraient préféré que ça arrive au fils du voisin.

31 octobre 2007

L'auteurE! L'auteurE!

En tête d'un rayon de la Fnac, il y a le deuxième tome de Fraise et chocolat, petit titre faussement mignon, d'Aurelia Aurita. Je m'en rends compte une fois qu'il est dans mes mains, celles-ci ayant happé l'opuscule à cause de l'autocollant prix vert. Le premier volume de la "série" avait quelque chose de novateur, on peut l'admettre, qui tenait, à mes yeux, de ce contraste assez violent entre, d'une part, la douceur et la naïveté de ces dessins-esquisses rappelant peut-être Joann Sfar et, d'autre part, la crudité d'un discours amoureux souvent empli d'une certaine tendresse, mais absolument focalisé sur la relation sexuelle. J'ouvre donc le deuxième tome et, après avoir balayé trois planches du regard, je le referme, les joues écarlates d'un fard fulgurant... Je me suis fait avoir, en connaissance de cause. En reposant le bouquin sur le présentoir, je vérifie l'environnement : comme prévu, je suis bien du côté de ces BD vaguement indépendantes et loin des recueils de blagues dessinées par Dany ou des classiques de Reiser. En somme, loin de la place qui aurait été dévolue à cet ouvrage si son auteure avait été un auteur...

26 octobre 2007

Cemented shoes

L'ipod, ces derniers mois, a provoqué sur ce blog le déclin des posts consacrés aux transports en commun. En effet, ce délicat petit bout de plastique (ou d'acier? ou de ce fameux métal qui n'existe pas?) me permet de me couper définitivement du monde, lové dans mon siège de bus, et de posséder désormais le don de me plonger dans n'importe quelle lecture sans avoir à composer avec les tribulations du petit univers mobile duquel je participe sans participer, en devenant élément passif et non-concerné du décor (ça n'a pas toujours été le cas). Mais pas le jeudi. Le jeudi, c'est le marché d'Herstal, et je ne peux m'assoir dans le bus. Ma place et celles qui, d'ordinaire, sont vacantes sont réquisitionnées par une armée de petites vieilles permanentées à cabas, clignant des yeux de verre entre elles et songeant à leur déambulation proche et faussement préoccupée dans la brume empestée de Gorgonzola et les travées de toile blanche doucement ruisselantes. Le jeudi, ma lecture de La tache de Philip Roth ne progresse pas, à moins que j'accepte de me casser la figure dix-sept fois et de devoir m'interrompre pour aider à décharger les cabas, comme je décharge les poussettes. Le jeudi, l'ipod dans les oreilles, je regarde monter et descendre les personnes âgées, qui recréent dans le bus une certaine forme de sociabilité vaguement mondaine, sans rites d'introduction (ou alors les adeptes ont depuis longtemps réussi l'épreuve) et sans véritable leader, mais soutenue par une routinisation indéniable et qui permet d'entretenir leurs petits sourires. Et sans avancer dans ma lecture, je profite peut-être plus de la playlist du mois, qui, à l'image d'un automne sans grosses surprises, est une suite prévue de petites minutes douces-amères.

20 octobre 2007

Ode to Pavlov

Alors que, pour la millième fois, mes yeux sont confrontés à la présentation de la célèbre expérience de Pavlov (pour la première fois dans un cadre didactique, ceci dit), je prends enfin conscience du génie poétique du psychologue russe.

(L'image est empruntée aux dias du cours de DG)
Finalement, les progrès que le chercheur a générés en matière de théorie béhavioriste sont minimes en regard de l'éclatante avancée artistique représentée par la salivation du clébard : Pavlov, en parvenant à conférer à une sonnette les vertus d'un morceau de viande, a magistralement appliqué l'idéal mallarméen visant à faire de la fleur "l'absente de tout bouquet" et a réalisé la première métaphore vivante. Rien que ça.

16 octobre 2007

dogma 2

Vu hier ce film, Les idiots (Idioterne) de Lars von Trier. Avant de poster un billet d'humeur, j'ai rapidement fait le tour du web (ai vérifié la pertinence des 87.200 pages que google a sorties pour les idiots von trier) pour conclure que tout avait déjà été bien décrit et problématisé sur cinetudes.com et qu'on pourrait toujours se référer au site officiel du film pour la curiosité. Je me souviens avoir voulu visionner ça après avoir lu (vers 1999-2000) que c'était un film hype d'un mouvement hype (mais je n'avais pas 16 ans à l'époque), puis j'avais loupé la diffusion sur la rtbf (il y a deux ans ou trois) et, depuis, je différais la location. Dix ans de retard de hype.

10 octobre 2007

Dans les coulisses de l'agrég (histoire vraie)

Maîtresse de stage X : Bon, je ne vais quand même pas te demander de donner un cours sur Descartes.
J... : Ben, sur des cartes de quoi?

08 octobre 2007

7 octobre

À la croisée du transept de l'église de l'évêché sont entreposées des caisses surplombées d'une feuille A4 indiquant la rubrique sciences sociales. Je fouille parmi les essais de sociologie religieuse et dégote un essai sur la vie en communauté, rédigé par un certain abbé Lhostie (en parlant de prédestination). Cette foire aux livres n'attire pas grand-monde, R. en profitera pour augmenter sa collection de classiques de plus de 50 titres.
* *
*
En quittant placebo, Steve Hewitt tourne définitivement ma page avec le groupe, qui, comme celle du batteur, s'écrivait depuis Without You I'm Nothing (1998), mais qui se brouillonnait depuis Sleeping with ghosts (2003).
*
* *
- Ca va te sembler bizarre que je te dise ça, mais... je ne parviens pas à me faire à cette idée que le moment présent est vraiment présent. Ou que moi, je suis vraiment moi. Qu'ici c'est vraiment ici. C'est toujours comme ça. Comme si quelque chose ne tombait pas juste. Et puis, mais bien après, ça finit par coller. Ca fait dix ans que je ressens ça. (Haruki Murakami, La course au mouton sauvage, trad. P. De Vos, Paris, Seuil, "Points", 1990, pp. 173-174).

30 septembre 2007

Tintin et les oranges bleues

En écrivant La terre est bleue comme une orange, Paul Éluard ne se doutait peut-être pas qu'il inventait une blague belge avant-gardiste.

25 septembre 2007

10.30 pm

Là, comme prévu, je retrouvai V. Il déambulait en compagnie de sa copine et d’un type, la cinquantaine, qui portait un costume noir sous un vieux loden à carreaux moche et qui avait une raie sur le côté. Ils m’invitèrent à manger un bout (– Comme à Barcelone, l’heure sied parfaitement. « Sied », je vous jure). L’inconnu nous offrit le pousse-café. Je ne l’avais jamais vu et le fait que V., l’adolescent primesautier, fréquente un homme plus âgé m’étonnait quelque peu. Pendant le repas, il fut rapidement établi que le philanthrope était une sorte d’entrepreneur, collègue bruxellois du père de V. Ce dernier n’avait su se libérer d’une réunion très importante (le degré d’importance des réunions de Monsieur V. père était, je le savais, directement proportionnel à l’heure à laquelle celles-ci se terminaient et il était plus de minuit quand le serveur de la pizzeria nous amena le cognac désiré) et avait mandé son fils de distraire son ami pendant quelques heures. Tâche ingrate s’il en était, vu la physionomie du personnage. Le type nous avait accablé de propos fastidieux, évoquant, avec une fade satisfaction et sur un rythme monocorde, l’inflation constante des rarissimes terrains à bâtir d’Etterbeek, l’insupportabilité des clients, les discussions perpétuelles sur des détails de plans et autres futilités résolument indigestes pour n’importe qui s’était levé il y a moins de trois heures.
Marquant machinalement le velours de mon pantalon d’un trait qu’un revers de la main suffisait à effacer, j’avançai timidement qu’il me faisait penser à un castor. – Pour le côté bâtisseur ? – Non, pour le physique : vos incisives sont déconcertantes.
V. recracha dans son verre la lampée de cognac qu’il venait de mettre en bouche (comme au cinéma, j’étais ravi). Je compris la nécessité de me fondre dans la nature aux regards, qui amusément embarrassé, qui outré que me lançaient les différentes parties. J’avais un bus à prendre moi, subitement. Je saluai et vidai les lieux gauchement, accrochant au passage le sac à main qu’une dame avait glissé dans le prolongement du pied de sa chaise, le ramassant en marmonnant confusément des excuses empressées. Cabiai. J’aurais du dire cabiai et pas castor. Ca aurait mieux convenu à sa taille.

11 septembre 2007

inside the car

Je n'aime pas les hôpitaux, ces endroits presque aussi tristes qu'un cirque.
Je poursuivis alors droit devant, à la ramasse, pendant un kilomètre, en espérant finalement retrouver la nationale. De là, je tentai de m’attirer les faveurs d’une voiture en levant le pouce avec une conviction feinte et un sourire un peu aguicheur, je l’admets. Stratégie efficace.
– Vous êtes en permission ?
Je susurrai que non, pas vraiment, sans vraiment comprendre ce qu’elle voulait dire par là. Je portais bien un pull kaki et un sac, mais il ne fallait pas pousser, avais-je sincèrement un tête de plouc. Sincèrement ? Sans avoir écouté ma réponse, la petite dame qui se tenait très près de son volant dit que, elle aussi, elle avait un fils dans l’armée. Dans l’artillerie, à Bastogne. D’accord, dis-je. Et j’habitais où comme ça ? Je n’allais pas loin et elle pourrait me déposer quand je lui ferais signe. Ca la dérangerait de couper la radio?
Notre interrogatoire mutuel s’interrompit deux kilomètres plus loin, quand je lui demandai de stopper là. J’avais encore à trotter un petit peu, mais je n’avais pas vraiment envie qu’elle sache précisément localiser l’endroit où je vis. Merci beaucoup, dis-je dans le vide, au moment où elle redémarra, en agitant un peu la main.

(la relecture des vieilles notes et des vieux doc.word, exercice difficile).

06 septembre 2007

appendice au Dictionnaire des Idées Reçues (II)

conventions : être à cheval sur elles ou s'asseoir dessus. Ce qui, paradoxalement, ne revient pas au même.

02 septembre 2007

linguistique

Je me souviens (le contraire serait malheureux, ça date d'il y a un an et quelques mois) du cours de linguistique synchronique où, pour l'examen, il fallait être capable d'appliquer l'analyse en constituants immédiats et de mener une analyse de la phrase selon les procédés élaborés par Tesnière dans Éléments de syntaxe structurale. Ce genre de lecture permettait de mettre au jour, par des systèmes d'arborescences, les différences sémantiques entre des phrases comme, par exemple, Je n'ai pas de conseil à te donner et Je n'ai pas à te donner de conseil. Si quelqu'un a le temps de faire les schémas respectifs de ces deux propositions...

01 septembre 2007

notuscule

On trouve, sur le site enseignement.be, une liste de blogs ou sites d'auteurs belges contemporains (format pdf) dans laquelle figure l'adresse www.dessus-de-portes.blogspot.com. Comme je ne suis pas, à ma connaissance, un auteur belge contemporain, le site est accolé au nom de Tanguy (qui m'a signalé le lapsus). La confusion procède, à n'en pas douter, d'une inconnaissance des formations de réseaux au sein du réseau.

26 août 2007

se rendre à l'évidence

Aussi comme, de ma fenêtre, je vois des spectres nouveaux roulant à travers l'épaisse et éternelle fumée de charbon, - notre ombre des bois, notre nuit d'été ! [...] [AR, Ville]
Contemplant, à travers le cadre de bois, l'impressionnante fumée qui se dresse vers le ciel, quasi-inflexible et menaçante, je n'ai guère d'autre option qu'accepter les faits et reconnaître mon erreur: les mangemorts sont bel et bien de retour et ont pris possession du parc industriel des Hauts-Sarts. Le choix est incongru. Il faut maintenant annoncer la nouvelle au monde, mais, inévitablement, les oreilles se bouchent, qui ne veulent pas qu'on leur raconte la fin de Harry Potter VII. Nous courons à la catastrophe et les fans du héros de Rowling, malgré eux, sont en train de précipiter notre perte.

21 août 2007

à faire

1) Dans la Genèse, au premier verset du quatrième chapitre, on peut lire « L'homme connut Ève, sa femme ; elle conçut et enfanta Caïn [...] ». L'expression que je souligne évoque en fait, étrangement, le coït et on parlera à cet effet d'euphémisme (je précise à l'attention des porte-étendards d'un athéisme total qui me lisent - ce sont ceux-là qui, chaque année, se sentent offensés par la présence de Saint-Nicolas dans leur supermarché préféré). 2) Cette semaine, on peut lire en couverture d'un magazine people « Johnny violé dans son intimité ». L'expression que je souligne ne réfère pas aux sphincters anaux du chanteur sans pays, mais à la présence, dans la propriété dudit saltimbanque, d'un individu étranger et non désiré (du type columbidé ou corvidé, que sais-je). On parlera ici d'hyperbole.
Il faudrait faire un recensement des expressions euphémisantes utilisées pour désigner l'acte charnel à travers les siècles, au quotidien comme en littérature (du « Tout se fit ombre et aquarium ardent » rimbaldien au « Faire catleya » de Swann). Il faudrait aussi faire le contraire, dénombrer les récupérations métaphoriques de l'acte charnel pour évoquer des situations communes (cela impliquerait une approche lexicographique : la locution « prendre son pied » référait-elle en premier lieu au plaisir sexuel ou à une sorte d'ataraxie?). Cette deuxième solution tiendrait des cultural studies.

19 août 2007

bashfr.org saves my day

Zang : Au brevet d'histoire, on avait le bilan de la WWII, avec comme document la photo de la conférence de Yalta sur laquelle figuraient Roosevelt, Churchill et Staline. La question demandait où se trouvait le Général de Gaulle pendant ce temps.
Zang : Question bizarre n'est-ce pas?
Bear : Assez...
Zang : Je me suis dit qu'il y avait un piège.
Bear : Tu as répondu quoi?
Zang : Qu'il prenait la photo.

(Évidemment, ces gens ont des rédacteurs attitrés ou certains quidams postent sur IRC des vannes préparées à l'avance. Malgré tout, c'est drôle).

14 août 2007

Voici le temps des Assassins

C'est gentil de me ménager, mais il ne faut pas hésiter à me dire si vous êtes au courant d'actualités de ce genre (si si, c'est bien Jonathan Cerrada dans le rôle principal).

13 août 2007

Joey

De façon un peu ironique, ma probable meilleure photo des vacances (si pas de l'année, si pas du monde), c'est la frimousse imposante du virulent Joey Starr qui se découpe dans la brume d'une scène liégeoise, au début du mois de juillet.

Epilogues

1) Face à la grande étendue qui s’offrait à moi, je baissais trop respectueusement les yeux. J’étais les pieds dans le sable, qui tentait vainement de reproduire un tableau d’André Masson sur mes tibias. Il y avait des mouettes et puis personne. Deux piles composées chacune de quatre kayaks jaunes sanglés s’enracinaient là. Elles pouvaient remercier l’usure délavée de leurs flancs respectifs, sans laquelle elles auraient atrocement juré avec le ciel. Un vaste plan d’eau salée et verdâtre. Je souris imbécilement. Et toi.

2) Face à la grande étendue qui s’offrait à moi, je baissais trop respectueusement les yeux. J’étais les pieds dans le sable, qui tentait vainement de reproduire un tableau d’André Masson sur mes tibias. Il y avait des mouettes et puis personne. Deux piles composées chacune de quatre kayaks jaunes sanglés s’enracinaient là. Elles pouvaient remercier l’usure délavée de leurs flancs respectifs, sans laquelle elles auraient atrocement juré avec le ciel. Un vaste plan d’eau salée et verdâtre. Je souris imbécilement. Et pan.

06 août 2007

Lazare

Alors que je scrute, en attendant le choix de la visite, les disproportions de la reproduction du David exposée sur la Piazza della Signoria, à l'entrée du Pallazo Vecchio, au sortir des couloirs peuplés de files de deux heures, je suis arraché à ma contemplation par le son français d'une voix de la quarantaine.
- Regarde la fontaine, Lazare, je pense que tu vas l'aimer.
Et de désigner de cette façon l'imposant et statique Neptune de Bartolomeo Ammannati et son cortège aquatique. Lazare ne regarde pas ce que papa lui indique. Lazare a environ dix ans et Lazare regarde le vide en traînant les pieds et en laissant échapper un large filet de bave de sa bouche entrouverte. Lazare est trisomique et je mettrais bien une claque à celui qui a décidé de lui donner ce prénom de miraculé, probablement persuadé que Dieu cherchait à éprouver sa foi et que j'imagine louant l'Éternel de lui avoir offert ce cadeau, ce vecteur de croyance, cette indulgence. Passablement aussi taré que le prêtre de Adam's apples.

20 juillet 2007

300

Pour fêter mon 300e post, je mets le cap sur la Toscane, et j'en profite pour fuir les torrents de boue qui rendent impraticables les boulevards de Liège, inaccessible la Fnac et qui font s'attrouper des groupes sociaux de toutes les apparences.

18 juillet 2007

fréquentation par mots clefs

Je ne sais pas qui est la personne qui tombe systématiquement sur ce site en cherchant sur google les noms des zutistes les moins célèbres (Michel de l'Hay, Ernest Cabaner...), mais, si c'est un étudiant, j'ai envie de lui dire que c'est un peu tard. J'en profite aussi pour passer le bonjour aux groupes qui ont joué aux deux festivals des précédents posts et qui tombent ici en faisant leur revue de presse after-show. Excellente, cette technologie moderne.

16 juillet 2007

carnets 68

Je me suis renseigné sur Sophie Podolski (eu le manuscrit de Le pays où tout est permis en mains), mais je ne creuserai pas la piste. J'avais trouvé son nom dans la liste des lectures d'un personnage de Bolaño et j'étais enthousiaste à la base. Pas besoin de justifier ça par trente-cinq lignes de métadiscours : certains extraits valent mieux qu'un long discours (ici, ici, ici, ici, et enfin, ici, en guise de conclusion).

14 juillet 2007

Dour 2007

La boue de Dour, à l'arrivée, bat celle des Ardentes. Fange immonde à treize heures, elle sera tapis de gomme, mousse trampoline douze heures plus tard. Le public de Dour, c'est indéniable, ne vient pas pour la musique - dix premiers rangs de chaque concert mis à part, et encore - mais pour la fête et ses divers composants.
(Conor Oberst par Mathieu Drouet)
Je retiendrai surtout la prestation de The national (prestation aussi éthylique que limpide, devant un public pas toujours intéressé, avec le génial About today pour conclure le concert) et des Bright Eyes (Conor Oberst n'est plus un adolescent emo, il est désormais adulte et porte des costumes blancs; ses onze musiciens et lui-même maîtrisent toujours autant leur sujet sur scène), mais il paraît que j'ai manqué quelque chose en écourtant Clap your hands say yeah. Sinon, le set de Sharko était inconstant, les Tellers étaient moins mauvais qu'à Liège (mais leurs chansons sonnent mieux en version studio) et enfin, pour reprendre un compliment que m'avait adressé mon institutrice de cinquième primaire, je dirais que Sean Lennon n'a pas le talent de son père (peut-on imaginer plus gentil compliment? Je ne le pense pas, Sean, c'était juste pour faire un je me souviens - et tu admettras néanmoins que tu étais un peu mou).

note : point de vue backstages, c'est quand même mieux à Dour.

12 juillet 2007

conseil théâtral

Monter En attendant Godot et placarder des affiches indiquant en très grand "Avec Brad Pitt dans le rôle de Godot". Succès garanti?

09 juillet 2007

festival les ardentes 2007- days 3 & 4

en vrac

!!! (chk chk chk), Johnossi, Absynth minded, Infadels, Ladytron, The datsuns, The blood arm, X-makeena, Mud flow, Calexico & Olivia Ruiz étaient sympas.
Clinic, Ghinzu, The tellers, Ultra orange & Emmanuelle, Daan, goodshoes, Les gens, la pluie et ma patience un peu moins. (Le tout à des degrés divers).

07 juillet 2007

festival les ardentes 2007 - day 2

Le deuxième jour semblait commencer idéalement, qui débutait par l'esquive parfaite de la fouille imposée par les prix Nobel de full security (trente secondes de file, du jamais vu). C'était sans compter sur l'annulation de The teenagers, pour qui je m'étais spécialement déplacé (en tous cas, pour qui j'avais fait l'effort de venir tôt). J'aurais dû me méfier de leur accent anglais à la Nelson Monfort et de leur look douteux, ça ne laissait rien présager de bon, on ne peut décidément pas faire confiance à la scène rock française (c'est une façon de dire, bien sûr, il n'y a pas de scène rock en France depuis que noir désir - je ne terminerai pas cette phrase).
À la place des annulés, un type (dont le nom m'échappe) avec un oeil géant en guise de couvre-chef propose un set électro-rock d'une demi heure. Plutôt correct, mais pas de photo ici pour des questions de goût (a-t-on idée? un tel chapeau?) Pour la suite, c'est Piano Club qui enchaîne: le groupe évolue sur ses terres et jouit de son petit contingent de groupies sautillantes. Anthony Sinatra et ses amis sont de blanc vétus, contrairement à ce que l'on voit sur la photo, prise pendant les balances. Girl on tv est le climax du concert, qu'un lâcher de ballons clôt de façon multicolore.
Piano club c'est gentil, mais je reste quand même la star du jour. C'est en tous cas l'avis de la dame à la camera, qui me filme depuis la scène.
Vient ensuite la surprise du jour. Si je trouve que Air est un groupe de salon (ou de bar lounge) absolument sédatif en live, c'est l'inverse pour Data rock, qu'il me serait impossible d'écouter en privé, mais tout à fait charismatique sur scène. Caractériser le groupe est assez compliqué: il y a quelque chose de déjanté à la Bloodhound gang là-dedans, mais aussi de l'electro pour club à la Cassius (que je n'ai pas vu ce soir), du rock indie, voire du bordel festif à la I'm from Barcelona/Polyphonic spree. Enorme.
Des chorégraphies minutieuses, sublimées par des costumes étincelants.
Je ne sais pas combien de fois j'ai vu Superlux dans ma vie. La première fois, ils avaient joué une chanson qui parlait d'un savant fou qui mettait les voiles, une compo dans la lignée des meilleurs textes de Jeronimo. Depuis, je n'aime pas. Il y avait du monde et ça a plu au public, mais je n'ai pas vu grand'chose : j'étais en backstages (haha).
Je ne suis pas resté longtemps devant Vive la fête non plus. Eux aussi font des ateliers d'écriture avec Jeronimo. Mais comme ils viennent du Nord du pays, on hypostasie quelque peu (Aaaah, l'âme belge, réaliste mais pas sèche comme celle des français, plongée dans la brume sans mysticisme allemand, baignant dans la bière et les frites... Vive la fête est un peu un carnaval ostendais d'Ensor - même si ce sont des Anversois.) Grosse ambiance et belle « communion » avec le public (oui, enfin bon, la chanteuse a serré quelques mains.)
Dans la salle, la nuit allait encore être longue avec, en ouverture, The hacker, mais sans moi. (Plutôt Birdy nam nam demain.) Au fait, il n'y aura pas de photos des deux derniers jours tout de suite, le cable usb de l'appareil est momentanément indisponible.

06 juillet 2007

festival les ardentes 2007 - day 1

Cette année, les Ardentes, c'est un peu comme à Dour au point de vue de la boue. Mais en même temps , il faut se distinguer du festival hennuyer: à Liège, on paye pour pisser, par exemple (40 centimes d'euro par passage ou un pass de 2 euros 50 pour la journée - sans bracelet de couleur).
La paire de bottines avec un jean soigneusement replié d'une jeune fille qui posait, pensant que je lui tirais le portrait.
La boue envahit même le premier verre commandé.
Je n'ai pas pris de photo de Kris Dane, qui n'aura peut-être pas envie de se rappeler son concert liégeois devant 20 personnes, ni de Joshua, dont la prestation scénique était un bon échauffement. AaRON aura été le vrai coup de soleil de la journée. Un jeu de jambes au je-ne-sais-quoi de commun avec David de Malibu Stacy, une voix assurée, un vrai plaisir d'être là (premier concert en Belgique), un U-turn repris à l'unisson (mais sans Méla, seul petit bémol) : la classe. Surprenant.
Jasper Steverlinck était content d'être là avec ses amis d'Arid. Bon concert, propre et sans bavures, avec cette fameuse voix qui va quelquefois flirter avec la cîme des arbres du parc Astrid de Coronmeuse. Plaisant, mais pas transcendant non plus.
Zita swoon avait sorti un bon album il y a quelques années, Life= a sexy sanctuary (je crois). Depuis, Stef Camil Carlens est probablement tombé sur des disques de la Compagnie créole et s'est dit que dans la mesure où la postmodernité permet l'élévation au statut d'artiste de gens comme Katerine ou Teki Latex, il n'allait pas se compliquer la tâche. Bref, ce concert n'était pas pour moi. J'ai regardé l'écran, sur lequel s'affichaient les textos que les festivaliers pouvaient envoyer à un numéro base (dans les deux sens, base, la marque et le centre). Il y avait une sorte de modération derrière tout ça, mais une modération de clampin : j'ai envoyé WALEN BUITEN, juste comme ça, pour voir, et ça n'a jamais été affiché - au contraire d'un paquet d'obscénités d'adolescent(e)s en rut (les prochains jours, je ferai un florilège, tiens)
Dans la géniale vidéo de Roses de dEUS, je croyais que le type en robe qui mange une cigarette c'était Carlens (il m'avait marqué ce clip). Je me suis trompé. D'un côté, je préfère : ça m'aurait embêté qu'un type aussi dérangé en soit revenu à ce type de production musicale.
Les Français de Air étaient censés s'occuper de l'apothéose de la soirée. Haha. On avait pas dû les briefer, les pauvres. Air en concert, c'est un concept : trois morceaux plutôt sympas (Cherry blossom girl, sexy boy et Kelly watch the stars) et, le reste du temps, une suite de chipotages électro-mous juste bons à valoriser par l'absurde les trois compos bougeantes. Le genre de musique de fond des bars lounge, c'est-à-dire un vague son prolongé, qui te détend et te permet de discuter en sirotant un cocktail dans ton complet noir classe (chacun sa représentation des bars lounge). Dans un bar, c'est délassant, en concert, c'est juste lassant.

04 juillet 2007

projets de vacances

1) Fonder le sous-réalisme (vérifier, d'abord, si ce n'est pas déjà fait).
2) Se renseigner sur Sophie Podolski (vos contributions sont les bienvenues).

diarisme

Dans Jérôme Lindon, plaquette conseillée par Tanguy, que Jean Echenoz a rédigée et publiée à l'occasion du décès, en 2001, du directeur des éditions de Minuit, c'est un portrait honnête et humain qui se construit. Honnête et humain parce que Echenoz, dont je n'aime pas beaucoup les autres textes, présente son ancien patron en évitant absolument la veine panégyrique, le dessinant comme un type passionné et déterminé, mais n'éclipsant pas le côté versatile de sa personnalité, pas plus que le dédain (certains parleront de clairvoyance) que Lindon pouvait avoir à l'égard de certains de ses poulains. À lire aussi, en comparaison, le petit texte de Toussaint sur sa rencontre avec Lindon.
Proust, lecteur de Lautréamont ! « Et comme cet hyménoptère observé par Fabre, la guêpe fouisseuse, qui pour que ses petits après sa mort aient de la viande fraîche à manger, appelle l’anatomie au secours de sa cruauté et, ayant capturé des charançons et des araignées, leur perce avec un savoir et une adresse merveilleux le centre nerveux d’où dépend le mouvement des pattes, mais non les autres fonctions de la vie, de façon que l’insecte paralysé près duquel elle dépose ses oeufs, fournisse aux larves, quand elles écloront un gibier docile, inoffensif, incapable de fuite ou de résistance, mais nullement faisandé, Françoise trouvait pour servir sa volonté permanente de rendre la maison intenable à tout domestique, des ruses si savantes et si impitoyables que, bien des années plus tard, nous apprîmes que si cet été-là nous avions mangé presque tous les jours des asperges, c’était parce que leur odeur donnait à la pauvre fille de cuisine chargée de les éplucher des crises d’asthme d’une telle violence qu’elle fut obligée de finir par s’en aller. »
Dans mon édition Quarto (qui permet quand même d'avoir toute La Recherche pour 30€, et pas dans ce papier bible si mal fichu de La pléiade), c'est à la page 105, dans la deuxième partie de Combray.

La lecture de l'Histoire du surréalisme de Nadeau, avec Les pas perdus de Breton en annexe, permet 1) d'encore mieux comprendre que ce mouvement fasse l'objet de tant d'études : travailler sur le surréalisme est un délassement. 2) de creuser l'hypothèse du sur-emprunt surréaliste aux ancêtres, aux maîtres (ce n'est donc pas un jugement de valeur). Plus encore que dans le système d'écriture: il faut noter, par exemple, la perturbation du banquet Polti par Breton et Desnos, en écho au dîner des Vilains-Bonhommes du 2 mars 1872.

26 juin 2007

Questionnaire

Il y a deux posts (je dis il y a deux posts comme je dirais il y a deux jours), je promettais presque que, dans les futurs jours, on trouverait ici un questionnaire ou l'autre, le genre de décharge égotique qu'on trouve relayée par courriels et qui est toujours bien placé dans les forums, parmi les topics les plus consultés, à tous les coups. Je ne le ferai pas, finalement. Il me semble que, rendus publics, les questionnaire de Sophie Calle (paru dans les Inrockuptibles) et de Proust - pour ne citer que deux cas parmi les plus célèbres -, perdent leur sens originel de "guide de soi-même" pour devenir des instruments de légitimation et des moyens de poser. ("Regardez-moi, je suis in, mon artiste favori est Giacometti/Rothko/Chagall et pas Zep/Cameron Diaz/Wentworth Miller". Mais personne ne lit les réponses des autres et l'arrangement de la vérité tourne à vide).

23 juin 2007

poussettes

Summum dans le bus, aujourd'hui, avec trois bonnes femmes toutes pourvues d'une poussette. Il faut supporter les vieux et les casquettes sonores, mais se briser le dos à six reprises pour faire entrer puis sortir du véhicule des probables consanguins débiles (au vu de la gueule des mères, je me permets), ça devient dur (surtout qu'entre chaque brisure dorsale, les moutards, évidemment, beuglent comme des porcs qu'on égorge). Je mérite un salaire, à la longue.

16 juin 2007

minimalisme

Contemplatif du reste de glaçons baignant dans la désintégration de leurs homologues, je m'interroge très sincèrement sur la nature du morceau de citron qui émerge : est-il parfaitement naturel et a-t-il été coupé en rondelles artisanalement après avoir été acquis chez un négociant d’origine pakistanaise voisin ou bien va-t-on, de nos jours, jusqu’à vendre des rondelles de citron en sachets ? L’hypothèse première doit être la solution. Cependant, le découpage de fruits me semble nécessiter une perte de temps qui s’accommode mal au milieu des horaires surchargés des serveurs. De plus, je les imagine mal se lever aux aurores pour s’acquitter de l’achat de citrons chez un petit épicier, afin de devancer le premier client commandeur de coca light agrumé.

* *
*

Bientôt la possibilité de souffler vraiment. Tiens, le prochain post, ce serait bien un de ces questionnaires sur les goûts, le genre de dialogues à une voix qui permettent de donner une représentation de soi qu'on juge légitime (du style "quelle est la dernière chanson que vous avez écoutée ?" / hum... qu'est-ce qui est un peu underground dans mes fichiers ?).

10 juin 2007

deux assertions

Les jours d'élections, les gens se disent bonjour.


L'artwork de *********, plus qu'un produit aguichant, est un véritable prolongement de la musique et s'articule avec celle-ci de sorte que l'entreprise dépasse le cadre du groupe rock (?) alternatif et tend vers un art total. (Je n'invente rien, mais c'est très frappant ce matin).

08 juin 2007

con-flit de générations

Debout dans le soleil, tu regardes détaler le bronzage artificiel de la gamine. Par terre, la vieille hurle des obscénités depuis que tu as retiré les écouteurs de tes oreilles. Un garçon de type méditerranéen l'aide à se relever, avec prévenance, délicatesse. Deux minutes plus tard, la vieille, à l'encontre de la fuyarde mais en souriant à son bienfaiteur, hurlera qu'il faudrait tous les ramener dans leur pays. Peut-être une des phrases les plus prononcées dans les bus liégeois. Paradoxal: bronzage artificiel, tu le sais, toi. La vieille pas. Ca n'excuse pas tout. Tu lui dis de ne pas tout mélanger, madame. Tu donnes tes nom et adresse au chauffeur, tout en sachant que ton témoignage ne sera pas aussi manichéen que celui des autres passagers.

03 juin 2007

Mot d'excuse

Pour cause d'examen déplacé, je ne participerai pas à la nuit blanche organisée à Liège ce 8 juin. Je le déplore: c'était une belle idée, témoin des chouettes côtés de la cité ardente. (J'aurais probablement privilégié la place du Marché, mais il y a des activités intéressantes un peu partout...)

31 mai 2007

Se faire aimer de ses élèves - leçon 1

6e année. Examen de français - juin 2009
Expliquez les différents mécanismes de détournement régissant ces deux phrases:
"Aux armes citoyens, il n'y a plus de (r/s)aison(s) ! (À détourner Laforgue, on triomphe sans gloire)".

Bonne chance à tous!

27 mai 2007

En attendant Sergio

Il restera toujours un lien entre la forme diariste et ce blog, dans sa structure chronologique avant tout (qu'on contourne comme on peut, par des flash-backs et des prolepses, quelquefois; mais nous sommes parfois las de lutter contre l'inéluctable, voyez-vous). Dès lors, je me permets d'user de ce médium pour remercier le Standard de Liège pour le joli fou rire d'anniversaire qu'il m'a offert avant-hier [1]. Sur ce coup-là, je dois avouer que je ne m'y attendais pas. Les fanfaronnades de l'auto-proclamé meilleur public de Belgique m'induisent parfois en erreur et j'ai souvent tendance à oublier que le club principautaire est passé maître dans le fait de louper le coche... Mais là, contre les superboeren unijambistes de la Venise du Nord, il y avait théoriquement peu à craindre. Et pourtant, une fois encore, ils l'ont fait!

Ceci dit, le malheur de fin de saison des rouches constitue pour la presse francophone un véritable marronnier et les faits banals ne sont généralement pas relatés dans mes posts. C'est, chers amis, que la lecture récente de certaines oeuvres de Samuel Beckett et de travaux le concernant m'invitent à considérer sous un autre oeil l'entreprise du Standard. Selon Beckett, "être un artiste c'est échouer comme nul autre n'ose échouer" [
Trois dialogues, Minuit, p. 14] - c'est d'ailleurs à ce titre que l'Irlandais aime la peinture de Bram Van Velde, "véritable artiste qui a osé échouer". Dans La défiguration (très bonne étude croisée de Artaud, Beckett et Michaux), Evelyne Grossman note que, dans les procédés et objets du texte beckettien, "échouer est un processus sans fin", cette "fidélité à l'échec" étant "fidélité à cette force qui s'exerce dans l'avènement d'un mouvement qui la défait" [La défiguration, Minuit, p. 78]. Le lien avec nos amis footballeurs est clair! On ne s'étonne guère que nul journaleux, engeance inculte, n'a jamais pu mettre le doigt sur le génie de l'art déconstructif mosan. Le Standard est beckettien, c'est indéniable. Dans le sens où il est incompris et mourra probablement dans la disette, on peut également considérer qu'il participe de la tradition des maudits.
Me serais-je trompé de club?

[1] Pour ceux qui ne le sauraient pas, il est toujours temps de le noter dans vos agendas en prévision de l'an prochain.

25 mai 2007

Se né pas in saycway

Fi des postures pédantes et au diable ces quêtes éternelles d'élitisme faux : assumons aujourd'hui nos véritables passions, déclarons nos goûts plébéiens et clamons nos amours pour l'illégitime, l'inconsacré! Le dernier titre d'Avril Lavigne, Girlfriend (comme TTC, mais avec des paroles différentes), fleure bon l'été, les jupes courtes et la surproduction d'endorphine. L'adaptation de la chanson en français (il existe aussi des versions en mandarin, japonais, espagnol, allemand, j'en passe et des plus exotiques) permet en outre d'appréhender plus directement l'univers de la punkette, que la barrière de l'anglais de Californie à l'accent canadien (au fond, tout était réuni pour qu'Avril soit polyglotte) nous avait empêché de mieux goûter. Impossible de résister, de ne pas se lever, poing rageur, et de se déhancher... Hey, hey!
Sinon, plus sérieusement, il y a quand même un problème idéologique, avec les paroles d'une certaine façon (mais le punk à roulettes californien n'est pas réputé pour sa finesse) et, surtout, avec le clip qui accompagne la sortie du single, dans lequel s'observe une évidente valorisation de l'agressivité envers les nerds et les dominés (le poing levé d'Avril pour faire dégager les deux filles devant le miroir). Amusant et paradoxal quand on se rappelle ses photos du collège, particulièrement imbécile de façon intrinsèque... Hey, hey!

23 mai 2007

Matérialisme infantile

Je voudrais ceci. (Un enfant dit je veux, mais le caprice est dans l'expression du désir.)

22 mai 2007

Post à la manière d'Annie Ernaux (soyons ethnologues de nous-mêmes!)

Sur Beckett, je crois que j'ai eu l'occcasion de dire ce que je voulais, ce que j'avais prévu. Mais à la première question, portant sur la littérature et la photographie, je n'ai pas pris le temps d'insérer une remarque - assez dérisoire, d'accord - qui me faisait sourire, je la retape donc ici.
Il faut savoir qu'avant d'occuper l'avant-scène de la poésie belge et de compter parmi les auteurs les plus encensés de l' "écurie Minuit", Eugène Savitzkaya a été un étudiant en philologie romanes à l'ULg. L'aventure a tourné court à cause d'un cours d'analyse textuelle à l'examen duquel l'auteur n'a pas réussi à satisfaire. [...] Dans Un jeune homme trop gros, la première caractéristique qui frappe est l'emploi du futur comme temps de la narration, ce qui détache le texte de la perspective narrative classique. Futur comme temps de la narration... Si vous me faites l'honneur (si, si) de consulter quelquefois ces pages, vous aurez peut-être lu quelques notes à propos de Ciel bleu trop bleu de Nicolas Ancion (qui, lui, lit et commente parfois ces posts). Ce texte-là aussi se présente comme un roman et, lui aussi, il est rédigé au futur. Mieux encore, il est l'oeuvre d'un ancien étudiant en philologie romanes de l'ULg, qui, lui, a réussi l'examen de première candi d'analyse textuelle! D'ailleurs, au moment de présenter les temps de la narration dans le roman, l'ancien professeur d'analyse textuelle de l'ULg référait au livre de Nicolas Ancion comme l'exception qui confirmait la règle, "le seul roman à [sa] connaissance qui soit écrit au futur". Si ce professeur s'était souvenu de l'étudiant qui avait réussi (malgré le fait qu'il considère l'écriture de Ciel bleu trop bleu comme un "défi à son cours"), il avait "oublié" que, dix-sept ans plus tôt, un autre étudiant, qui avait été infoutu de faire péter les douze à son analyse genettienne ou servaisettiennettienne (intéressante forgerie), avait déjà relevé le défi. Avouez que ça aurait pris de la place sur ma copie pour une simple vanne à l'encontre de l'analyse textuelle.

Dans le bus surbondé à cause de la panne de celui censé le précéder, aux heures de pointes, le téléphone sonne et la jeune fille derrière moi décroche en disant qu'elle croit avoir raté. Elle rétorque ensuite assez sèchement à sa mère que ce n'est pas une question d'étude, kess tu parles, toi, t'en sais rien. Et puis c'est ça, à tout à l'heure. Le téléphone sonne une nouvelle fois, mais ce n'est plus sa mère, une amie probablement (moche et désagréable, les mecs ne se ruent pas, j'imagine), à qui elle dit qu'elle a raté, encore, et que ça la fait surtout chier pour les gens comme sa troconne (orthographe?) de mère, qui lui disent "t'avais qu'à étudier". Et de mentir à tout le bus en s'exclamant "Mais je me suis trooop emballéééée, j'y ai dit vas-y kesss tu parles toi et j'y ai raccroché à la gueule !". Sentiment de honte, ensuite, au moment où son amie, en raccrochant, la laisse seule sur la banquette du fond, face à ces covoyageurs qui savent ses hyperboles et à côté des deux flamandes qui, depuis l'attente du bus, éructent dans un sabir lexicalement peu fourni toute leur haine de la race jeune.
Si tout va bien, demain, l'épopée zutique approchera de son épilogue. J'ai relu le texte des tonnes de fois, mais je ne le connais pas encore par coeur, et j'ai pu compter sur des adjuvants épatants. Il me manque juste un titre, un surtitre plutôt, en deux mots ou trois, une sorte de syntagme synthétisant une année et des poussières de travail. Quelque chose de sobre. J'avais pensé à des extraits de l'Album, du type nous reniflerons dans les pissotières ou - et tirons-nous la queue!, mais finalement non. On a suggéré Rimbaud et ses potes, Par monts et par nasse ou Révolte et potacheries, mais je ne suis pas convaincu.

15 mai 2007

l'épopée zutique - épisode 10 : Boileau

Le site sur lequel je visionne Prison Break en streaming six mois après que la série fut hype est pour l'instant mort. Donc, pour récupérer, je dors une heure trente qui se transforme en trois. Le réveil est très orange (le drap de lit, la lumière du jour bloquée par le volet et la lampe hallogène à peine allumée qui colore les mots sur les murs). J'ouvre encore une fois le fichier mémoire - version 4.0. Une page sur deux révèle des éléments mal vus, mal dits. Souvent, l'effort est moindre et il s'agit à peine de déplacer des segments, de bricoler. En secondaire (en quatrième), mon professeur de français (celui qui, avec Les garçons de Xavier Deutsch, est responsable de mon choix d'études et qui ne le sait pas) nous distribuait des poèmes qu'il fallait mémoriser pour la semaine suivante, pour les recopier à la virgule près dans le cahier de tests ou pour les massacrer devant le reste de la classe. Corvée à l'époque, mais je sais toujours les réciter. Dans le tas, il y avait des pièces parmi les plus célèbres de Du Bellay, Ronsard, Villon, et même d'André Chénier, que plus personne n'étudie. Il y avait aussi un extrait de l'Art poétique de Boileau, dont l'incipit sélectionné était Cent fois sur le métier...
* *
*
Pass this on de The knife.

12 mai 2007

- 29 - (bon, ça, c'est fait)


"Nous avons joué à onze contre dix pendant une heure, et, pendant ce temps, Anderlecht jouait à onze contre onze. Je ne veux rien insinuer, mais je ne trouve pas cela normal... Nous sommes moralement champions, le reste ne compte pas".

09 mai 2007

ainsi de suite

Si la vulgarisation scientifique est importante, la scientifisation vulgaire est insupportable*. Ce n'est pas une question de classe, ni de position (gardons l'esprit ouvert) : les deux cas s'observent avant tout chez des personnes du même milieu.

*J'entends dans la vraie vie. Dans les bouquins, films, etc. ça me fait marrer quand c'est parodique.

les nouveaux mots du pouvoir

Le volume Les nouveaux mots du pouvoir, dirigé par Pascal Durand, se présente comme un "abécédaire critique". Le but est, pour le dire vite, de donner au lecteur les armes de l'entendement, celles qui lui permettront de décrypter ces termes passe-partout qui, à force de se voir convoqués de façon systématique par ceux qui occupent les positions dominantes, finissent par se vider de leur substance pour mieux dire le flou.


"Conservateur", "idéologique", "compétence", "autonomie", "jeune(s)", "francophonie" sont autant d'exemples de ces termes dont l'emploi outrancier finit par obscurcir le référent. Les mots composés récemment forgés sont également pris en compte, qu'ils soient de nature oxymorique ("flexi-sécurité") ou fondés sur un principe de redondance ("signe ostensible", "plan stratégique"). On y apprend, par exemple, que la locution "gauche de la gauche" est le détournement erroné d'un article livré par Pierre Bourdieu et certains de ses épigones dans le cadre de l'association Raisons d'agir (avec laquelle le présent volume présente certaines accointances) dans lequel les sociologues réclamaient de la gauche française qu'elle soit une vraie gauche (une "gauche de gauche" - rien n'a changé).
Mobilisant près de 70 chercheurs, cet abécédaire offre une résistance intelligente et réfléchie aux lieux communs du pouvoir. Sans échapper aux macro et microstructure du dictionnaire traditionnel, il ne respecte cependant pas la neutralité théoriquement impliquée par les ouvrages de référence*. Ce positionnement est ce qui fait son efficace. Idéalement, la démarche devrait être poursuivie au gré des ans puisqu'elle, si le lexique est intrinsèquement le lieu de modifications, cette terminologie est particulièrement sujette à l'érosion et au renouvellement (quelques propositions de définitions : "diabolisation", "désir d'avenir", "concurrence des mémoires", "engagement", "pacte (républicain)" et "Union Méditerranéenne"). Au cas où les maisons d'édition traditionnelles ne seraient pas convaincues, la plateforme internet pourrait être une solution intéressante...

* Les puristes objecteront que le dictionnaire est une forme de fascisme puisque rien, essentiellement, n'implique que tel mot réfère à telle réalité. À ceux-là, je donne une tape amicale dans le dos et leur demande de reprendre leurs esprits : il y a un moment pour chaque chose.

07 mai 2007

l'épopée zutique - épisode 9 : Sheringham et Solskjaer

Au moment où je presse ctrl+s, le fichier se bloque incompréhensiblement. Après quelques instants de tergiversation, je relance le pc et entends bien récupérer la dernière version du document. Word s'ouvre avec un message d'erreur : le dernier enregistrement a généré une erreur grave, il est impossible d'ouvrir le fichier. Une demi-heure plus tard, après l'activation de l'affichage des fichiers cachés, je renomme le plus tardif des fichiers tmp en doc et la vie reprend son cours. J'hésite entre voir dans ce plantage une volonté de révélation du bonheur à la Saw (jouissons de chaque enregistrement fonctionnel) ou un passage de l'Enfer au Paradis comme le vécurent les Mancuniens lors du Bayern - Manchester de 1999 : récupérer l'irrécupérable, considérer l'attendu comme du merveilleux.
* *
*
Demain, je dis un mot du bouquin du moment. Pour l'instant, je respire.

05 mai 2007

l'épopée zutique - épisode 8 : Joey Starr

En 1871, au moment de rédiger leur Album, les différents membres du Cercle zutique éprouvent un ressentiment certain à l'égard des répresseurs de la Commune de Paris et des différents agents soutenant l'idéologie anti-communarde. S'y attaquer n'est pourtant pas sans risque puisque chaque personne suspectée d'accointances communardes est susceptible d'être écrouée ou déportée. Dès lors, les zutistes, qui agissent dans une sorte de secret mais préfèrent malgré tout ne pas trop s'engager, s'attaquent à la cause principale de la guerre civile : l'Empereur Napoléon III, belliciste incapable et désormais déchu, qui a conduit la France à une guerre perdue de façon humiliante contre la Prusse. Pour le brocarder, les zutistes usent de prosopopées ou de détournements de poèmes de Coppée, mais, de façon générale, restent prudents. On note également un petit dessin, situé sous le poème ressouvenir de Rimbaud, où l’Empereur est pourvu de cornes, attribut du Malin certes, mais aussi des cocus.

À la veille d'une élection française dont la surmédiatisation me fait franchement penser à un reality show (et ces abréviations, mon Dieu... Où en est-on arrivé?), ce petit dessin, discret mais suggestif, me rappelle la chanson de Joey Starr. Le thème est le même, seul le nom change: "Tiens ta femme et tu tiendras la France, t'es cocu Sarko et tout le monde le pense". Deux petites différences : (1) on peut toujours nier le message d'une caricature, quel que soit son degré de réalisme et (2) le dessin zutique a été croqué après que Napoléon III a disparu du pouvoir. C'est pas malin, Joey, si demain soir on te propose une dernière cigarette ou qu'on te presse dans un wagon à bétail, t'auras du mal à trouver des excuses*.

(*) Je n'avais pas entendu la totalité de la chanson. C'est encore moins bien barré pour toi, Joey. D'autant plus que, à mon avis, ton adversaire n'aura pas de mal à déterrer des vieux dossiers. Faut être loin pour réussir à écrire, même de façon ironique, "T'as raison d'avoir peur, t'es qu'un immigré".

03 mai 2007

Pourquoi je n'enseignerai peut-être pas à Bakou l'an prochain (essai de justification d'un sédentarisme légitime)

1) Il est vivement recommandé d’être prudent dans l’utilisation de sa carte bancaire à Bakou et de vérifier son compte bancaire au jour le jour afin de pouvoir faire opposition.
2) Les zones frontalières avec l’Arménie (territoires occupés) et les abords de la ligne de cessez-le-feu doivent être absolument évités, des incidents se produisant à intervalles réguliers. De même, les zones frontalières entre le Nakhitchevan et l’Arménie d’une part, et avec le Daghestan d’autre part, doivent être exclues de tout circuit dans le pays.
3) L’Azerbaïdjan est situé dans une région d’activité sismique.

(Bakou, joyeuse capitale)

4) Circulation libre sauf dans les régions avoisinant la ligne de front et le Caucase nord. La frontière internationale avec la Géorgie (dite du Pont rouge) est ouverte mais l’entrée des véhicules privés est soumise à une réglementation sévère (paiement d’une taxe qui peut varier à la frontière azéro-géorgienne). Les risques d’accident de la route sont permanents. Les règles de conduite de base sont rarement respectées, y compris par les étrangers. En cas d’accident de la route, un constat est dressé par la police (formalité qui peut prendre plusieurs jours).

5) Epidémie de grippe aviaire : La Direction Générale de la Santé recommande aux voyageurs d’éviter tout contact avec les volailles et les oiseaux, c’est-à-dire de ne pas se rendre dans des élevages ni sur les marchés aux volatiles.
6) La fiabilité des contrôles sanitaires sur les viandes et les produits frais importés (de Turquie, de Russie ou de Dubaï) est aléatoire. La consommation de conserves doit être prudente (vérifier la date de péremption). La chaîne du froid n’est pas toujours respectée, surtout en période estivale.