30 septembre 2006

accomplissement du projet

Trop de réflexion mène inéluctablement à des essais de formulation qu'on souhaiterait valables

Ecrire contre ses pairs, c'est encore écrire pour eux (le pamphlet littéraire et la parodie participent généralement d'une sphère de production plus que restreinte puisqu'ils s'adressent à un public possédant une connaissance relativement précise du texte/auteur cible - Or, qui peut prétendre à une meilleure compréhension que le raillé?). Dans ce cas-ci, on peut donc considérer que pour est hypéronyme de contre ou qu'il y a union des contraires (les deux acceptions sont bonnes, je crois).

29 septembre 2006

proposition

Suite à la sacro-sainte semestrialisation désirée et impliquée par le nouveau système universitaire, il serait logique de revoir les intitulés de certains cours. Exemple : Marathon de questions approfondies d'histoire de la littérature française des 19e et 20e siècles.

18 septembre 2006

17 septembre 2006

Qualité/Prix

Chez Pêle-mêle, je déniche L'art d'être Hugo[1] en parfait état (probablement jamais lu), au prix identique au numéro de la page où il est crayonné (3). Au dos du bouquin, par contre, tout en bas de la jolie couverture, il est indiqué 19euros50. Je considère donc qu'il me reste pour 16euros50 de livres à choisir, comme en cadeau, et j'emporte un autre tas de trucs[2] pour lesquels je me serais ruiné, en temps normal[3].

[1] Pascal Durand, L'art d'être Hugo, Actes Sud, 2005
[2] Fragment d'un discours amoureux, Le monde selon Garp, Le littéraire et le social, ...
[3] Les notes de bas de page, ça fait tout de suite plus sérieux.

13 septembre 2006

notes sur les recherches aux AML

La taille des toilettes de la KBR et le paysage sur lequel elles ouvrent feraient pâlir d'envie certains employés aux bureaux exigus, certains étudiants aux kotuscules. (J'ai rechargé les piles de l'appareil photo et patiente cinq longues heures, persuadé qu'ils n'auront pas oublié l'anniversaire, que l'avion finira bien par arriver, je suis bien placé). Au moment du déclic, un monsieur âgé discute avec un urinoir, mais je préfère le garder hors champ: rien n'indique qu'il ne participe pas de quelque institution qui pourrait se mettre en travers de ma route ou la croiser (méfiance vis-à-vis des institutions + people that talk to pispots).

11 septembre 2006

Noèse

Frustré par l’orage et l’absence de relations sexuelles au sein de son couple, l’examinateur estime pour la septième fois ce mois-ci que mes manœuvres ne sont pas encore parfaites et que je ne parviens pas à garder mon calme au volant. Je lui donne absolument raison en faisant crisser les pneus du véhicule que j’encastre dans ses rotules. La distance que le beuglard impose entre la bagnole et le mur se rétrécit petit à petit, jusqu’à ce que la fumée du moteur m’empêche d’y voir vraiment clair. En reculant, je permets à l’acariâtre de s’écrouler de douleur. Je vais quand même aux nouvelles et lui fais poliment remarquer que ma marche arrière de libération frôlait la perfection.

10 septembre 2006

stake out

Après le café du matin, je porte péniblement la pousse ou l’inverse et gueule un coup pour réveiller l’équipage. Le handler est déjà debout, achevant de dessiner sur un bidon une esquisse de table de petit déjeuner. Tous les autres ont relativement bien dormi et, au garde-à-vous, attendent que je leur fasse signe de gagner leur bol respectif. Un sourire se dessine sur leurs sept visages quand j’annonce qu’ils auront quartier libre en ville après m’avoir déposé, sauf sur celui des deux Roumains, qui ne sont pas là, profitant d’une excursion organisée par leur centre carcéral (une semaine relaxante sous le soleil de Madagascar), et du petit, dont la bouche a été cousue au lacet de bottine pendant la nuit. L’attelage en éventail réagit promptement aux coups de fouets que je décoche dans le vide ou sur l’oreille droite du petit, qui ne peut pas crier. Je gare le traîneau à l’emplacement réservé et libère la meute, après avoir opéré une synchronisation des montres et fixé un rendez-vous à quatorze heures. Le petit engage l’ébranlement du convoi délivré, défaisant méticuleusement son cordage buccal, écoutant distraitement le Polonais qui, avec un sourire de compassion, lui explique pour la cinquante-troisième fois qu’il est désolé d’en arriver là à chaque fois, mais qu’il va devoir apprendre à la fermer quand les autres ont sommeil.

06 septembre 2006

Le retour 3

Les quatre premiers sièges à gauche du troisième wagon sont occupés par deux employés qui regagnent Liège après leur journée de travail. Ils discutent des filles qu'ils tentent péniblement de lever sur meetic et pèsent entre 200 et 250 kilos à eux deux. Pour l'une d'elle, qui habite Chimay, le moins gros serait capable de reprendre un train directement, dès qu'il arrive aux Guillemins. Il ne l'a jamais vue, mais il en est amoureux. Il y en a une autre avec qui il a chatté une fois et qui est passionnée de World of Warcraft : ils n'ont parlé que de ça pendant deux heures. Alors que la communauté imaginative s'étiole peu à peu, le plus gros revient vers une discussion qui concerne leur entreprise et, donc, vers des collègues qu'il visualisera absolument, sans devoir collecter des informations pour recomposer un portrait approximatif qui n'approchera de toutes façons pas le sujet original. Ils en viennent rapidement à plaindre ceux qui ont une famille et ne peuvent se permettre de jouer en réseau le week-end (le vendredi soir, c'est les meilleures parties).

Et tout leur discours apporte, malgré eux, de l'eau au moulin de certains buts de vie, qui se construisent par opposition, négativement, mais qui se construisent : le voeu de ne jamais devenir un héros de Houellebecq.

Pendant que je trace la conclusion au dos d'un formulaire cartonné de la KBR, ils se trouvent une nouvelle communauté, celle des armes qu'ils choisissent dans tel JDR. Une arbalète, une arme légère et une arme lourde. Mais ils n'utilisent jamais cette dernière.

02 septembre 2006

notes du carnet (II)

La dame dans le bus, aux pieds de laquelle un minuscule chien gémit comme si le trajet allait le tuer et tous les passagers ne sourient plus, qui sentent en eux une poussée de haine et un désir de casser la tête de la dame plutôt que du chien.

Le gros type en orange qui peine à traîner deux sacs type marin comme on en donne à l'armée. Il se pose près d'une bulle à verre, extrait une pince mécanique d'un des sacs et entreprend de récupérer des bouteilles non brisées. Il examine scrupuleusement l'intérieur de la bulle, probablement apte à reconnaître celles qui sont susceptibles d'être consignables.

Le couple de toxicomanes en mauvais état, devant la poste. Ils semblent se réconcilier et se caressent titubement mais avec passion. La queue devant le distributeur de billets les regarde. Deux dames âgées passent, la première apostrophant la seconde d'un "links" qui devrait sonner comme un code indéchiffrable, mais qui pousse mon regard à accompagner la direction de celui de la deuxième à laquelle la contemplation des ébats provoque un petit spasme.

Certains personnages rencontrés finissent par perdre l'importance première qu'on leur confère, à cause de personnages postérieurs. Par exemple, l'homme aux yeux pochés et au nez couvert d'un vaste masque, qui avait pourtant une apparence toute respectable dans son costume trois pièces a failli disparaître de ma mémoire à cause des deux junkies précités.

Le groupe d'artistes qui établit un gros glaçon au milieu de la Place du Marché et distribue des tracts à certaines personnes seulement. Ils posent un mégaphone sur l'iceberg. Ce sont peut-être des activistes? (mais il y a des enfants avec eux).

Plus tard, Romain me dit qu'il serait bien, tiens, lui, pour inerties. C'est comme ces types qui brossent des croquis, qui dessinent... Un peu pareil, mais en un paragraphe. Et il me montre du doigt un grand garçon qui ressemble à Anthony Vandenborre, surmonté d'une casquette orange légèrement dévissée et de chaussettes remontées jusqu'aux genoux. Jusque là c'est facile. Mais alors qu'Anth... que le garçon tente péniblement de s'attirer les faveurs d'une jeune fille, il récolte une réponse qui le fait pivoter de 180°, d'un air absolument détaché, mine de rien.