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14 mars 2009

Une nuit supplémentaire à Nantes (et c’est vrai que, là, maintenant, ça fait un sacré bout de temps que je n’ai plus vu ton sourire).

Il va falloir se concentrer un petit peu pour réordonner les événements de ces derniers mois, mettre en lumière leurs éventuelles articulations, les associations logiques qui procèdent naturellement de tel fait antérieur, et, malgré tout, l’impression d’une relative et imbécile imprévisibilité de la situation chaotique dans laquelle mes pieds sont embourbés ici et maintenant. C’est peut-être dans une cave de B. que tout a commencé à se déconstruire.

28 février 2008

Foire du livre 2008

Grosse affiche, cette année.
Chaque année, ça me déprime de voir ce petit vieillard, tout seul, peiner à vendre sa marchandise comme un poissonnier sur un quelconque marché de province, hurlant ses meilleurs succès (le sac de billes remplace ici le filet de cabillaud) avec une fierté inébranlable de laquelle tout le monde se rit - cette impression que, assurément, il est de ceux qui comptent.

22 décembre 2006

Au petit bonheur de la fatalité

Le train s’ébranle lourdement vers la capitale et dans le coin gauche de Liège on peut presque sentir poindre l’aube, à travers des vapeurs blanchâtres. Un bras reste tendu, qui désigne le Bruxelles-Ostende près de la porte rouge du troisième wagon. C’est quand même bien fait, cet affichage électronique. Ca gagnerait peut-être à être agrandi, mais, point de vue fréquence, rien à reprocher : la quatrième voiture en est pourvue, comme la cinquième, la sixième et la septième… Après, je n’ai plus l’occasion de vérifier parce que, à ma droite, un rire éclate, provoqué par la vue du bras désespérément tendu et des yeux (« la synecdoque ou l’art de ne pas citer les noms ») qui suivent le mouvement de notre train, qui a changé de voie pendant que nous discutions, en passant subrepticement dans notre dos, en ne partant pas trop loin – juste le quai d’à côté – pour porter le ridicule de notre situation à son paroxysme.
Tu sais, le titre du post, c’est l’épigraphe des Complaintes de Laforgue, en direction duquel l’entête du site clignait déjà de l’œil quand elle affichait « Tandis que, d’un autre côté … », le vers final de la Complainte des débats mélancoliques et littéraires.

17 septembre 2006

Qualité/Prix

Chez Pêle-mêle, je déniche L'art d'être Hugo[1] en parfait état (probablement jamais lu), au prix identique au numéro de la page où il est crayonné (3). Au dos du bouquin, par contre, tout en bas de la jolie couverture, il est indiqué 19euros50. Je considère donc qu'il me reste pour 16euros50 de livres à choisir, comme en cadeau, et j'emporte un autre tas de trucs[2] pour lesquels je me serais ruiné, en temps normal[3].

[1] Pascal Durand, L'art d'être Hugo, Actes Sud, 2005
[2] Fragment d'un discours amoureux, Le monde selon Garp, Le littéraire et le social, ...
[3] Les notes de bas de page, ça fait tout de suite plus sérieux.

13 septembre 2006

notes sur les recherches aux AML

La taille des toilettes de la KBR et le paysage sur lequel elles ouvrent feraient pâlir d'envie certains employés aux bureaux exigus, certains étudiants aux kotuscules. (J'ai rechargé les piles de l'appareil photo et patiente cinq longues heures, persuadé qu'ils n'auront pas oublié l'anniversaire, que l'avion finira bien par arriver, je suis bien placé). Au moment du déclic, un monsieur âgé discute avec un urinoir, mais je préfère le garder hors champ: rien n'indique qu'il ne participe pas de quelque institution qui pourrait se mettre en travers de ma route ou la croiser (méfiance vis-à-vis des institutions + people that talk to pispots).

23 août 2006

le retour 1

L'homme dans le bus dont je peux savoir (plus que deviner, plus encore que sentir qui ne serait ici à prendre que dans le sens olfactif et qui n'indiquerait pas la simultanéité de la perception et de la prise de conscience) la présence rien qu'en respirant quand je tends mon abonnement au chauffeur.

Les trente minutes d'attente du train. Je suis placé près d'une jolie blonde qui aura besoin d'aide pour monter ses trois sacs dans le véhicule, mais au moment où le wagon ouvre ses portes c'est une toxicomane qui me réquisitionne, implorant que je hisse sa poussette, qui contient sa fille.

La dame dans le train, qui appelle "mon frère" un Noir qui a porté sa valise. Elle s'assied à côté de moi, puis parle arabe et échange de place avec une enfant. (Je change aussi de place, mais discrètement, en feignant d'aller aux toilettes.)

Le jeune homme au polo rayé qui arrête sa marche pour ne pas passer devant l'objectif de l'appareil photo et que je laisse passer. Je le recroise dix minutes plus tard dans le jardin botanique. Il se lève d'un banc, lance un "hello" et me suit un peu.

Les bandes rouges et blanches soutenues par trois piquets, qui délimitent peut-être le contour d'un corps assassiné, sur la place sablée du jardin botanique où des enfants jouent avec des bois et les poubelles.


Le vieil homme sur le quai, qui porte une cage remplie de pigeons et, dans l'autre main, un bouquin immense qui est censé reprendre les horaires de tous les trains belges.

postures

10 août 2006

la poursuite de la poursuite du bonheur

Ses contorsions asiatiques sur la place de Bruxelles
Ne visent qu’à figer Chang en trois millions d’pixels.
Bousillant leur vaine pose, tu souris gentiment
Un sourcil a froncé sous le Nikon blinquant.
Le ciel est dégueulasse. Errent quatre hispaniques,
L’œil hagard mais chafouin, en quête de narcotiques.

04 février 2006

Foire Foireuse

(clic gauche sur l'image).
Mais très joli programme, de nouveau
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Stef dit :
coucouuuuuuuuu tu vas quels jours à la foire du livre??
denis dit :
Le 19. Tu y vas quand toi?
Stef dit :
Pas le 19!!!! c'était pour être sure de pas te croiser, merci !

06 novembre 2005

Paris brûle-t-il?



Les kilomètres défilaient à travers la fenêtre, mais les minutes passaient plus vite.
J'ai passé plus de quatre heures dans des trains ou à les attendre.
Je ne tromperai plus les bus, j'ai été assez puni.

28 septembre 2005

post-rock dummies



Lundi
La nuit du Soir à Bruxelles. Toujours Bruxelles. Sorte de pâle copie de New York pour ses trottoirs bigarrés. L'intérêt, en plus du bota', vient des sortes de brocantes de bouquins. Donc, là, le but du déplacement, sa finalité avouée et assumée, était un concert quasi gratuit, avec des groupes d'ici et là. Dans la salle, à 19h, il n'y a que très peu de monde et mon sac est sur la scène. On rit un peu, de loin, des jumeaux qui se sont vus redirigés vers les gradins. Le public est jeune et nous ne nous entendrons pas. Après 4heures, après m'être mangé la baguette du batteur de malibu stacy dans la gorge et après avoir fort songé à appliquer les conseils de soldout qui me proposaient de tuer mon ennemi, nous nous redirigeons vers le centre.

XXX

Mardi

Il fait pas chaud.
Fête de la communauté française oblige, les théâtres ouvrent leurs portes aux profanes (c'est-à-dire moi. Bien que "athé(âtr)e" conviendrait mieux, ici...) Les gens sont pédants. Dedans et autour. Cela ne devrait être qu'un loisir, un divertissement et c'est une institution. Je viens de comprendre la notion d'institutionnalisation et c'est vachement moche. Je réponds tout seul que c'est pareil chez les mauvais poètes, mais je n'ai jamais rien vu. J'ai la très nette impression de ne pas être là où on voudrait que je sois. Il y a une cuillère et de l'aluminium sur l'évier, dans les toilettes du café.

18 septembre 2005

Bruxelles



Je viens de passer deux nuits dans une chambre illuminée par ce trophée. Je pense que ce mini trip (hommage à TG) peut donc se passer de commentaires.
(Bruxelles, c'est des cafés chers et des tours infinies, des voitures partout et des livres au kilo, les quatre nuits d'un rêveur et les plus hautes toiles de Wiertz, des boeufs musqués empaillés et les écouteurs gratuits au parlement européen...)