20 juillet 2007

300

Pour fêter mon 300e post, je mets le cap sur la Toscane, et j'en profite pour fuir les torrents de boue qui rendent impraticables les boulevards de Liège, inaccessible la Fnac et qui font s'attrouper des groupes sociaux de toutes les apparences.

18 juillet 2007

fréquentation par mots clefs

Je ne sais pas qui est la personne qui tombe systématiquement sur ce site en cherchant sur google les noms des zutistes les moins célèbres (Michel de l'Hay, Ernest Cabaner...), mais, si c'est un étudiant, j'ai envie de lui dire que c'est un peu tard. J'en profite aussi pour passer le bonjour aux groupes qui ont joué aux deux festivals des précédents posts et qui tombent ici en faisant leur revue de presse after-show. Excellente, cette technologie moderne.

16 juillet 2007

carnets 68

Je me suis renseigné sur Sophie Podolski (eu le manuscrit de Le pays où tout est permis en mains), mais je ne creuserai pas la piste. J'avais trouvé son nom dans la liste des lectures d'un personnage de Bolaño et j'étais enthousiaste à la base. Pas besoin de justifier ça par trente-cinq lignes de métadiscours : certains extraits valent mieux qu'un long discours (ici, ici, ici, ici, et enfin, ici, en guise de conclusion).

14 juillet 2007

Dour 2007

La boue de Dour, à l'arrivée, bat celle des Ardentes. Fange immonde à treize heures, elle sera tapis de gomme, mousse trampoline douze heures plus tard. Le public de Dour, c'est indéniable, ne vient pas pour la musique - dix premiers rangs de chaque concert mis à part, et encore - mais pour la fête et ses divers composants.
(Conor Oberst par Mathieu Drouet)
Je retiendrai surtout la prestation de The national (prestation aussi éthylique que limpide, devant un public pas toujours intéressé, avec le génial About today pour conclure le concert) et des Bright Eyes (Conor Oberst n'est plus un adolescent emo, il est désormais adulte et porte des costumes blancs; ses onze musiciens et lui-même maîtrisent toujours autant leur sujet sur scène), mais il paraît que j'ai manqué quelque chose en écourtant Clap your hands say yeah. Sinon, le set de Sharko était inconstant, les Tellers étaient moins mauvais qu'à Liège (mais leurs chansons sonnent mieux en version studio) et enfin, pour reprendre un compliment que m'avait adressé mon institutrice de cinquième primaire, je dirais que Sean Lennon n'a pas le talent de son père (peut-on imaginer plus gentil compliment? Je ne le pense pas, Sean, c'était juste pour faire un je me souviens - et tu admettras néanmoins que tu étais un peu mou).

note : point de vue backstages, c'est quand même mieux à Dour.

12 juillet 2007

conseil théâtral

Monter En attendant Godot et placarder des affiches indiquant en très grand "Avec Brad Pitt dans le rôle de Godot". Succès garanti?

09 juillet 2007

festival les ardentes 2007- days 3 & 4

en vrac

!!! (chk chk chk), Johnossi, Absynth minded, Infadels, Ladytron, The datsuns, The blood arm, X-makeena, Mud flow, Calexico & Olivia Ruiz étaient sympas.
Clinic, Ghinzu, The tellers, Ultra orange & Emmanuelle, Daan, goodshoes, Les gens, la pluie et ma patience un peu moins. (Le tout à des degrés divers).

07 juillet 2007

festival les ardentes 2007 - day 2

Le deuxième jour semblait commencer idéalement, qui débutait par l'esquive parfaite de la fouille imposée par les prix Nobel de full security (trente secondes de file, du jamais vu). C'était sans compter sur l'annulation de The teenagers, pour qui je m'étais spécialement déplacé (en tous cas, pour qui j'avais fait l'effort de venir tôt). J'aurais dû me méfier de leur accent anglais à la Nelson Monfort et de leur look douteux, ça ne laissait rien présager de bon, on ne peut décidément pas faire confiance à la scène rock française (c'est une façon de dire, bien sûr, il n'y a pas de scène rock en France depuis que noir désir - je ne terminerai pas cette phrase).
À la place des annulés, un type (dont le nom m'échappe) avec un oeil géant en guise de couvre-chef propose un set électro-rock d'une demi heure. Plutôt correct, mais pas de photo ici pour des questions de goût (a-t-on idée? un tel chapeau?) Pour la suite, c'est Piano Club qui enchaîne: le groupe évolue sur ses terres et jouit de son petit contingent de groupies sautillantes. Anthony Sinatra et ses amis sont de blanc vétus, contrairement à ce que l'on voit sur la photo, prise pendant les balances. Girl on tv est le climax du concert, qu'un lâcher de ballons clôt de façon multicolore.
Piano club c'est gentil, mais je reste quand même la star du jour. C'est en tous cas l'avis de la dame à la camera, qui me filme depuis la scène.
Vient ensuite la surprise du jour. Si je trouve que Air est un groupe de salon (ou de bar lounge) absolument sédatif en live, c'est l'inverse pour Data rock, qu'il me serait impossible d'écouter en privé, mais tout à fait charismatique sur scène. Caractériser le groupe est assez compliqué: il y a quelque chose de déjanté à la Bloodhound gang là-dedans, mais aussi de l'electro pour club à la Cassius (que je n'ai pas vu ce soir), du rock indie, voire du bordel festif à la I'm from Barcelona/Polyphonic spree. Enorme.
Des chorégraphies minutieuses, sublimées par des costumes étincelants.
Je ne sais pas combien de fois j'ai vu Superlux dans ma vie. La première fois, ils avaient joué une chanson qui parlait d'un savant fou qui mettait les voiles, une compo dans la lignée des meilleurs textes de Jeronimo. Depuis, je n'aime pas. Il y avait du monde et ça a plu au public, mais je n'ai pas vu grand'chose : j'étais en backstages (haha).
Je ne suis pas resté longtemps devant Vive la fête non plus. Eux aussi font des ateliers d'écriture avec Jeronimo. Mais comme ils viennent du Nord du pays, on hypostasie quelque peu (Aaaah, l'âme belge, réaliste mais pas sèche comme celle des français, plongée dans la brume sans mysticisme allemand, baignant dans la bière et les frites... Vive la fête est un peu un carnaval ostendais d'Ensor - même si ce sont des Anversois.) Grosse ambiance et belle « communion » avec le public (oui, enfin bon, la chanteuse a serré quelques mains.)
Dans la salle, la nuit allait encore être longue avec, en ouverture, The hacker, mais sans moi. (Plutôt Birdy nam nam demain.) Au fait, il n'y aura pas de photos des deux derniers jours tout de suite, le cable usb de l'appareil est momentanément indisponible.

06 juillet 2007

festival les ardentes 2007 - day 1

Cette année, les Ardentes, c'est un peu comme à Dour au point de vue de la boue. Mais en même temps , il faut se distinguer du festival hennuyer: à Liège, on paye pour pisser, par exemple (40 centimes d'euro par passage ou un pass de 2 euros 50 pour la journée - sans bracelet de couleur).
La paire de bottines avec un jean soigneusement replié d'une jeune fille qui posait, pensant que je lui tirais le portrait.
La boue envahit même le premier verre commandé.
Je n'ai pas pris de photo de Kris Dane, qui n'aura peut-être pas envie de se rappeler son concert liégeois devant 20 personnes, ni de Joshua, dont la prestation scénique était un bon échauffement. AaRON aura été le vrai coup de soleil de la journée. Un jeu de jambes au je-ne-sais-quoi de commun avec David de Malibu Stacy, une voix assurée, un vrai plaisir d'être là (premier concert en Belgique), un U-turn repris à l'unisson (mais sans Méla, seul petit bémol) : la classe. Surprenant.
Jasper Steverlinck était content d'être là avec ses amis d'Arid. Bon concert, propre et sans bavures, avec cette fameuse voix qui va quelquefois flirter avec la cîme des arbres du parc Astrid de Coronmeuse. Plaisant, mais pas transcendant non plus.
Zita swoon avait sorti un bon album il y a quelques années, Life= a sexy sanctuary (je crois). Depuis, Stef Camil Carlens est probablement tombé sur des disques de la Compagnie créole et s'est dit que dans la mesure où la postmodernité permet l'élévation au statut d'artiste de gens comme Katerine ou Teki Latex, il n'allait pas se compliquer la tâche. Bref, ce concert n'était pas pour moi. J'ai regardé l'écran, sur lequel s'affichaient les textos que les festivaliers pouvaient envoyer à un numéro base (dans les deux sens, base, la marque et le centre). Il y avait une sorte de modération derrière tout ça, mais une modération de clampin : j'ai envoyé WALEN BUITEN, juste comme ça, pour voir, et ça n'a jamais été affiché - au contraire d'un paquet d'obscénités d'adolescent(e)s en rut (les prochains jours, je ferai un florilège, tiens)
Dans la géniale vidéo de Roses de dEUS, je croyais que le type en robe qui mange une cigarette c'était Carlens (il m'avait marqué ce clip). Je me suis trompé. D'un côté, je préfère : ça m'aurait embêté qu'un type aussi dérangé en soit revenu à ce type de production musicale.
Les Français de Air étaient censés s'occuper de l'apothéose de la soirée. Haha. On avait pas dû les briefer, les pauvres. Air en concert, c'est un concept : trois morceaux plutôt sympas (Cherry blossom girl, sexy boy et Kelly watch the stars) et, le reste du temps, une suite de chipotages électro-mous juste bons à valoriser par l'absurde les trois compos bougeantes. Le genre de musique de fond des bars lounge, c'est-à-dire un vague son prolongé, qui te détend et te permet de discuter en sirotant un cocktail dans ton complet noir classe (chacun sa représentation des bars lounge). Dans un bar, c'est délassant, en concert, c'est juste lassant.

04 juillet 2007

projets de vacances

1) Fonder le sous-réalisme (vérifier, d'abord, si ce n'est pas déjà fait).
2) Se renseigner sur Sophie Podolski (vos contributions sont les bienvenues).

diarisme

Dans Jérôme Lindon, plaquette conseillée par Tanguy, que Jean Echenoz a rédigée et publiée à l'occasion du décès, en 2001, du directeur des éditions de Minuit, c'est un portrait honnête et humain qui se construit. Honnête et humain parce que Echenoz, dont je n'aime pas beaucoup les autres textes, présente son ancien patron en évitant absolument la veine panégyrique, le dessinant comme un type passionné et déterminé, mais n'éclipsant pas le côté versatile de sa personnalité, pas plus que le dédain (certains parleront de clairvoyance) que Lindon pouvait avoir à l'égard de certains de ses poulains. À lire aussi, en comparaison, le petit texte de Toussaint sur sa rencontre avec Lindon.
Proust, lecteur de Lautréamont ! « Et comme cet hyménoptère observé par Fabre, la guêpe fouisseuse, qui pour que ses petits après sa mort aient de la viande fraîche à manger, appelle l’anatomie au secours de sa cruauté et, ayant capturé des charançons et des araignées, leur perce avec un savoir et une adresse merveilleux le centre nerveux d’où dépend le mouvement des pattes, mais non les autres fonctions de la vie, de façon que l’insecte paralysé près duquel elle dépose ses oeufs, fournisse aux larves, quand elles écloront un gibier docile, inoffensif, incapable de fuite ou de résistance, mais nullement faisandé, Françoise trouvait pour servir sa volonté permanente de rendre la maison intenable à tout domestique, des ruses si savantes et si impitoyables que, bien des années plus tard, nous apprîmes que si cet été-là nous avions mangé presque tous les jours des asperges, c’était parce que leur odeur donnait à la pauvre fille de cuisine chargée de les éplucher des crises d’asthme d’une telle violence qu’elle fut obligée de finir par s’en aller. »
Dans mon édition Quarto (qui permet quand même d'avoir toute La Recherche pour 30€, et pas dans ce papier bible si mal fichu de La pléiade), c'est à la page 105, dans la deuxième partie de Combray.

La lecture de l'Histoire du surréalisme de Nadeau, avec Les pas perdus de Breton en annexe, permet 1) d'encore mieux comprendre que ce mouvement fasse l'objet de tant d'études : travailler sur le surréalisme est un délassement. 2) de creuser l'hypothèse du sur-emprunt surréaliste aux ancêtres, aux maîtres (ce n'est donc pas un jugement de valeur). Plus encore que dans le système d'écriture: il faut noter, par exemple, la perturbation du banquet Polti par Breton et Desnos, en écho au dîner des Vilains-Bonhommes du 2 mars 1872.