27 novembre 2007

Violent animal stealing my minolta

À cause du kapo qui m'a arraché des mains mon précieux appareil photo alors que je profitais de la prestation de Saint-André pour ajuster mes réglages, vous ne trouverez ici aucune photo de ma soirée d'hier (aucune photo, donc, du duo surprise AaRON-Mélanie Laurent sur U-Turn, pas plus que de l'after show au champagne et en petites tenues dans les backstages, duquel je suis revenu à 7 heures pour filer donner un cours sur le Dictionnaire de Flaubert, Juvénal, les Nouveaux mots du pouvoir et Erostrate)[1].

[1] De façon générale, disons que AaRON ne disposait plus, ici, de l'effet de surprise de juillet et qu'il y avait un petit côté mégalo dans les interventions du chanteur. À côté de ça, au point de vue musical - et, principalement, vocal -, ça restait très très correct.

24 novembre 2007

Visé, mon amour

Le concert de Malibu Stacy, hier soir, à Visé, aurait pu être une réussite totale. En plus des sourires bien sympathiques d’ex-collégiennes, il m’aura permis de retrouver la fraîcheur du combo local qui, à cette occasion, avait décidé de faire découvrir ses nouvelles compositions au public de la cité de l’oie. J’en aurai aussi profité pour me rendre compte, non sans une certaine surprise indubitablement teintée d’une petite jalousie, des talents de T.M. derrière les platines d’Elektrash. Passé les hurlements poussifs d’une première partie décevante (et que je ne vais pas m’amuser à nommer pour lui laisser sa chance), Malibu Stacy a démontré une nouvelle fois sa capacité à enflammer une salle par le biais de chansons aussi simples qu’efficaces. Plus de deux ans après leur émergence remarquée (ma première rencontre avec le groupe date d’un set mémorable ouvrant une soirée durant laquelle les Visétois partageaient l’affiche avec The Cribs et les Kaiser Chiefs, qui ne vendaient pas tellement d’albums à l’époque – l’expérience s’est prolongée à plusieurs reprises, comme ici et ), le groupe a embarqué derrière lui une foule de (très) jeunes gens déchaînés, capables de reprendre à l’unisson les singles de leurs rockers belges préférés et de provoquer quelques frissons. Tout pour plaire cette soirée, donc. Et bien en fait non, pas tant que ça finalement, à cause de la situation visétoise de ce concert. La population présente, à quelques exceptions près, avait en effet tout d’un bal de rhéto du Collège (le seul, avec sa majuscule) : stagnant au milieu de cet univers rock auquel ils étaient absolument étrangers, une foule de petites métonymies sur pattes incarnaient à merveille l’idéologie de la capitale de la Basse-Meuse. Dans ces polos scapa frappés d’un éternel numéro trois et dans ces pulls arborant un sigle TH, qui, dans la conjoncture actuelle, rappelle plus un médiocre groupe allemand que la marque élitiste duquel il est l’emblème, se cristallisaient (malheureusement) à merveille les valeurs néo-libérales inhérentes à la plupart des électeurs de ce microcosme à l’esprit de clocher si développé. Dans les discussions surplombant, tout le concert durant, les mélodies du groupe occupant la scène, on retrouvait ce mélange légèrement antithétique (quoique) de suffisance et de vacuité, ces propos éternels et inexpérimentés sur la supériorité des HEC, tenus par des puceaux en la matière, fruits d’une détermination sanguine inversement proportionnelle – c’est un paradoxe, encore – à la bleuité du parti dont les affiches ornent les fenêtres de la maison paternelle. Je te hais, Visé, pour la façon dont tu incarnes trop parfaitement ces valeurs de productivité et de rentabilité cloisonnées, jusque dans tes salles de concert.

21 novembre 2007

Euro pourri d'avance ou « Cette vie est décidément insupportable »

L'éclaircie, ce soir, pouvait surgir de Londres, où l'Angleterre, grâce à la victoire d'Israël sur la Russie, samedi dernier, avait à nouveau son sort entre ses mains et pouvait se contenter d'un match nul face à des Croates déjà qualifiés et évoluant sans pression. C'était sans compter sur les talents de Scott Carson, incarnation du triste mythe anglais du gardien peu fiable et dont le patronyme devrait très vite devenir antonomase. Défaits 2-3 sur leurs terres tandis que, dans le même temps, la Russie s'imposait à Andorre par le plus petit écart, les Anglais, effondrés, voyaient s'envoler leur participation à l'Euro 2008. Cela pourrait paraître anecdotique, mais ça n'améliore en rien ma vie, voyez-vous. Une année sur deux, les compétitions footbalistiques rythment mes sessions d'examens, infléchissent mes heures d'études et me permettent de concentrer toute mon attention sur un objet absolument distinct de mes préoccupations scolaires (encore qu'il est parfois tentant d'imaginer une sémiotique du corner ou une approche posturale des fautifs appréhendés par l'arbitre, mais tout de même, c'est délassant). Or, cette année, vu les éliminations belge (la campagne des Diables Rouges s'est néanmoins ponctuée par une victoire encourageante en Azerbaïdjan...) et anglaise, je vais avoir beaucoup de mal à m'intéresser à ce championnat d'Europe qui n'accueille que des équipes dont je n'ai strictement rien à fiche ou qui me sont franchement antipathiques. C'était déjà assez difficile lors de la coupe du monde allemande, à l'occasion de laquelle le dernier carré était composé de quatre nations qui m'inspiraient fort peu... Mon amour pour la suffisance française et le souvenir de l'injustice de la finale de 2000 m'avaient conduit à rejoindre le camp azzurri, mais sans véritable conviction - et j'avoue que je n'ai pas tellement envie de remettre le couvert. Entre les équipes intrinsèquement anticharismatiques et sans véritable histoire (l'Autriche, la Suisse, la Roumanie, la Russie, la Pologne, la Croatie), celles qui développent un jeu digne de celui prôné par Vercauteren (la Turquie, la Grèce, l'Italie la plupart du temps) et les traditionnels "grands" qui ne parviennent guère à proposer le football de rêve dont on prétend qu'ils sont capables (les Pays-Bas, l'Espagne, la République Tchèque, le Portugal et l'Allemagne), il ne reste qu'une seule équipe susceptible de recueillir mes faveurs: la Suède. Mais, malgré ses mille et un petits charmes, elle ne passera vraisemblablement pas le premier tour. Cette vie est décidément insupportable.

16 novembre 2007

un sandwich en passant

Croisé A. et M., qui me demandent sur quoi je donne cours pendant les stages. Elles connaissent le bouquin que j'étudie en classe (il a gagné des prix, elles en ont lu d'autres de l'auteur). Je réponds en souriant que c'est chouette, que c'est rare, qu'en général on ne connaît pas les auteurs contemporains. Esquisse d'une discussion sur la non-lecture chez les romanistes, avortée très vite devant l'inutilité du développement. Mercredi, des gens qui ont reçu un diplôme de lettres ou sont en passe de le recevoir ont répondu non à l'unisson quand on leur a demandé s'ils connaissaient Houellebecq. (Le but n'est pas de dire alala quelle bande de cons, simplement, c'est assez étonnant).

15 novembre 2007

projets qui ne verront jamais le jour ou alors, éventuellement, un jour de pluie

1) Lancer une étude sur les lieux d'émergence en littérature, de nos jours. Il faudrait notamment vérifier la survivance du "café littéraire" et tenter d'en mesurer l'efficacité, mais il y aurait bien d'autres éléments à prendre en compte (quels sont les cénacles contemporains desquels il faut participer?).
2) Refaire le dessin de l'homme-mouton et le soumettre à Murakami (il était effrayant, dans ma lecture).
3) Monter un groupe pour un concert one-shot et le saborder ensuite, au sommet d'une gloire fulgurante et éphémère.
4) Etc.

note en passant

Trouvé dans le journal de Jules Renard: la femme est un roseau dépensant.

14 novembre 2007

Dans le fond de la classe

Moi : On ne s'en rend pas compte, mais Oedipe est à l'origine de toute la législation sur l'homicide involontaire.
Audrey : Ah bon, c'est vrai?

13 novembre 2007

Abel, c'mon, gimme the keys, man...

Hier soir, prodigieux concert de The national dans une Ancienne Belgique (qui n'a jamais si bien porté son nom) remplie d'un public duquel F. et moi avons contribué à amoindrir la moyenne d'âge.


set list : 1) Start a War 2) Mistaken for Strangers; 3) Secret Meeting 4) Brainy; 5) Baby We'll Be Fine 6 )Slow Show 7) Squalor Victoria; 8) Abel 9) All the Wine 10) Racing Like A Pro 11) Ada 12) Geese of Beverly Road, the 13) Apartment Story 14) Daughters of the Soho riots 15) Fake Empire // 16) Green Gloves 17) Mr. November 18) You've done it again, Virginia 19) About Today.

06 novembre 2007

« culture » geek

En prenant le parti de me distancier des culture et philosophie geeks, je sais que j'opte pour une position conservatrice voire réactionnaire et, en conséquent, j'accepte de passer à côté d'un certain nombre d'innovations. Dès lors, c'est avec trois siècles de retard que je découvre le « langage élite » et j'avoue que ça m'a fait rire. À cette adresse, un exemple de détournement d'un célèbre poème, par Nicolas Patrois.

04 novembre 2007

« À quoi sert la littérature? »

À cette adresse, l'enregistrement vidéo de la rencontre précédant la séance officielle de rentrée académique de l'ULg.

03 novembre 2007

fontanelle

L'automne psychologique, avec un huis clos de prépas probablement excessives. J'écoute les disques de saison, comme il y a deux posts, et j'ai finalement ouvert le dernier Harry Potter, même si je connais l'histoire d'avance. Quatre années d'études spécifiques ont gommé certaines parties de ma naïveté de lecteur, mais je ne regrette rien (ce n'est pas le cas de tout le monde). Un exemple amusant, c'est le repérage de tics d'écriture: par exemple, dans le dernier Harry Potter, Rowling aime vraiment beaucoup les "larmes aux yeux", à tel point que l'expression se retrouve environ toutes les 5 pages. Toujours sur Harry Potter, Fabula fait écho à une interview récente de Rowling évoquant l'homosexualité de Dumbeldore... et renvoie à la réaction de fans passionnés, qui, tels des parents ouverts d'esprit, auraient préféré que ça arrive au fils du voisin.