En tête d'un rayon de la Fnac, il y a le deuxième tome de Fraise et chocolat, petit titre faussement mignon, d'Aurelia Aurita. Je m'en rends compte une fois qu'il est dans mes mains, celles-ci ayant happé l'opuscule à cause de l'autocollant prix vert. Le premier volume de la "série" avait quelque chose de novateur, on peut l'admettre, qui tenait, à mes yeux, de ce contraste assez violent entre, d'une part, la douceur et la naïveté de ces dessins-esquisses rappelant peut-être Joann Sfar et, d'autre part, la crudité d'un discours amoureux souvent empli d'une certaine tendresse, mais absolument focalisé sur la relation sexuelle. J'ouvre donc le deuxième tome et, après avoir balayé trois planches du regard, je le referme, les joues écarlates d'un fard fulgurant... Je me suis fait avoir, en connaissance de cause. En reposant le bouquin sur le présentoir, je vérifie l'environnement : comme prévu, je suis bien du côté de ces BD vaguement indépendantes et loin des recueils de blagues dessinées par Dany ou des classiques de Reiser. En somme, loin de la place qui aurait été dévolue à cet ouvrage si son auteure avait été un auteur...
31 octobre 2007
26 octobre 2007
Cemented shoes
L'ipod, ces derniers mois, a provoqué sur ce blog le déclin des posts consacrés aux transports en commun. En effet, ce délicat petit bout de plastique (ou d'acier? ou de ce fameux métal qui n'existe pas?) me permet de me couper définitivement du monde, lové dans mon siège de bus, et de posséder désormais le don de me plonger dans n'importe quelle lecture sans avoir à composer avec les tribulations du petit univers mobile duquel je participe sans participer, en devenant élément passif et non-concerné du décor (ça n'a pas toujours été le cas). Mais pas le jeudi. Le jeudi, c'est le marché d'Herstal, et je ne peux m'assoir dans le bus. Ma place et celles qui, d'ordinaire, sont vacantes sont réquisitionnées par une armée de petites vieilles permanentées à cabas, clignant des yeux de verre entre elles et songeant à leur déambulation proche et faussement préoccupée dans la brume empestée de Gorgonzola et les travées de toile blanche doucement ruisselantes. Le jeudi, ma lecture de La tache de Philip Roth ne progresse pas, à moins que j'accepte de me casser la figure dix-sept fois et de devoir m'interrompre pour aider à décharger les cabas, comme je décharge les poussettes. Le jeudi, l'ipod dans les oreilles, je regarde monter et descendre les personnes âgées, qui recréent dans le bus une certaine forme de sociabilité vaguement mondaine, sans rites d'introduction (ou alors les adeptes ont depuis longtemps réussi l'épreuve) et sans véritable leader, mais soutenue par une routinisation indéniable et qui permet d'entretenir leurs petits sourires. Et sans avancer dans ma lecture, je profite peut-être plus de la playlist du mois, qui, à l'image d'un automne sans grosses surprises, est une suite prévue de petites minutes douces-amères.
20 octobre 2007
Ode to Pavlov
Alors que, pour la millième fois, mes yeux sont confrontés à la présentation de la célèbre expérience de Pavlov (pour la première fois dans un cadre didactique, ceci dit), je prends enfin conscience du génie poétique du psychologue russe.
Finalement, les progrès que le chercheur a générés en matière de théorie béhavioriste sont minimes en regard de l'éclatante avancée artistique représentée par la salivation du clébard : Pavlov, en parvenant à conférer à une sonnette les vertus d'un morceau de viande, a magistralement appliqué l'idéal mallarméen visant à faire de la fleur "l'absente de tout bouquet" et a réalisé la première métaphore vivante. Rien que ça.
16 octobre 2007
dogma 2
Vu hier ce film, Les idiots (Idioterne) de Lars von Trier. Avant de poster un billet d'humeur, j'ai rapidement fait le tour du web (ai vérifié la pertinence des 87.200 pages que google a sorties pour les idiots von trier) pour conclure que tout avait déjà été bien décrit et problématisé sur cinetudes.com et qu'on pourrait toujours se référer au site officiel du film pour la curiosité. Je me souviens avoir voulu visionner ça après avoir lu (vers 1999-2000) que c'était un film hype d'un mouvement hype (mais je n'avais pas 16 ans à l'époque), puis j'avais loupé la diffusion sur la rtbf (il y a deux ans ou trois) et, depuis, je différais la location. Dix ans de retard de hype.
10 octobre 2007
Dans les coulisses de l'agrég (histoire vraie)
Maîtresse de stage X : Bon, je ne vais quand même pas te demander de donner un cours sur Descartes.
J... : Ben, sur des cartes de quoi?
J... : Ben, sur des cartes de quoi?
08 octobre 2007
7 octobre
À la croisée du transept de l'église de l'évêché sont entreposées des caisses surplombées d'une feuille A4 indiquant la rubrique sciences sociales. Je fouille parmi les essais de sociologie religieuse et dégote un essai sur la vie en communauté, rédigé par un certain abbé Lhostie (en parlant de prédestination). Cette foire aux livres n'attire pas grand-monde, R. en profitera pour augmenter sa collection de classiques de plus de 50 titres.
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En quittant placebo, Steve Hewitt tourne définitivement ma page avec le groupe, qui, comme celle du batteur, s'écrivait depuis Without You I'm Nothing (1998), mais qui se brouillonnait depuis Sleeping with ghosts (2003).*
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- Ca va te sembler bizarre que je te dise ça, mais... je ne parviens pas à me faire à cette idée que le moment présent est vraiment présent. Ou que moi, je suis vraiment moi. Qu'ici c'est vraiment ici. C'est toujours comme ça. Comme si quelque chose ne tombait pas juste. Et puis, mais bien après, ça finit par coller. Ca fait dix ans que je ressens ça. (Haruki Murakami, La course au mouton sauvage, trad. P. De Vos, Paris, Seuil, "Points", 1990, pp. 173-174).* *
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