29 novembre 2005

PPP

Il est 22h50 quand je pose le pied dans le dernier bus. Je tends mon abonnement au chauffeur en feignant un sourire amical et lui lance un "bonsoir" relativement sincère (je n'ai pas gardé les cochons avec lui, somme toute). Je me tourne, empli d'une étrange philanthrophie, vers l'imbécile qui s'est lui-même chargé de tenir le crachoir au conducteur durant le trajet, me disant en un éclair de seconde que, après tout, mon salut comblerait son absence de vie sociale.

Les mots sortent très faiblement de ma bouche, mais je ne détourne pas les yeux.

L'inconnu est dévisagé. Dans les deux sens du terme. Son visage n'a d'humain que la substance première, les traits sont ravagés par un mélange de lèpre et d'acné purulente. Ou alors un agresseur a balancé au malheureux un flacon d'acide sulfurique en pleine face. C'est tout à fait plausible. S'il existe des malades pour imaginer cette hypothèse, il doit en exister d'autres qui lui donnent réalité. J'imagine aussi que j'ai pu me tromper, j'ai mal vu (je me suis posé, depuis). Il est également possible que, se rendant à une soirée à thème, le brave jeune homme se soit déguisé en pizza, mais cette supposition écarte le bon goût dont je suis un parangon. Aux oubliettes.

Je me suis assis de façon à étudier l'être dans son ensemble. Le pauvre garçon porte un de ces blousons d'aviateurs américains à la mode il y a quelques années (j'avais 13 ans). Il doit mesurer 1mètre90 et peser 150 kilos. Je n'abuse pas. Je ferme les yeux dix secondes. Les réouvre. Le temps de se défaire de son image et de pouvoir évaluer une seconde fois. 1mètre90 et 150 kilos -très sincèrement. J'ai envie de me lever et d'aller entamer la discussion, d'offrir à ce brave homme un peu d'humanité.

Mais il s'approche du chauffeur, exerce un léger mouvement de balancier -avant, arrière. Je tends l'oreille.

Je suis pris d'un haut-le-coeur sans égal. Cette monstrueuse créature, ce malheureux animal est frappé du handicap le plus répugnant, les plus inhumain qui soit, véritable punition du ciel.
Il a un cheveu sur la langue.
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29.11.2005, 13h30 environ
Aline dit:
Il a un accent de merde...
denis dit:
Tu peux parler...

27 novembre 2005

22 novembre 2005

Inémergence



Lorsqu'il est dans un atome, l'électron se comporte comme une onde stationnaire. La forme des ondes stationnaires des électrons périphériques d'un atome détermine les liaisons possibles que cet atome peut avoir dans une molécule.

21 novembre 2005

Dialogue entre l'auteur et un sauvage qui a voyagé...

pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
c'est dur mon gars
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
depuis que j'ai ma copine... faire de la shalalalapowerpop c inutile
denis dit :
okay, fais du post rock ou du folk à la bright eyes.
denis dit :
le jour où tu veux faire un groupe à texte, tu prends ta guitare accoustique, on chope deux tabourets et on va réciter des poèmes à l'escalier, en buvant du whisky et en pissant sur la scène...
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
héhé obligé!
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
on joue à poil l'air de rien
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
comme des artistes quoi
denis dit :
mais non, en costume!
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
ca pourrait le faire
denis dit :
soyons dandys!
denis dit :
avec le haut de forme et le monocle...
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
moi des loupes pour m'agrandir les yeux
denis dit :
oui, au fait, tu peux les ouvrir, maintenant...tu dois être assez habitué à la lumière, ça ne te brûlera pas la rétine...
pretty girl, milkin' a cow, oh yeah dit :
Connard!

20 novembre 2005

Je continuerai à boire l'encre de mon stylo

On pourrait s’interroger sur ce qui peut bien pousser à répéter toujours les mêmes démarches puisqu’elles conduisent aux mêmes méprises. Mais là, je n’ai pas un exemple précis en question ou n’ai pas envie d’en étaler (je ne sais pas). Une autre interrogation porterait sur le choix de dénominations singulières des éléments, au détriment d’une quantification plurielle (on notera ici le paradoxe que j’ai trop banalement intégré). Eventuellement, je peux m’arrêter un instant sur l’absence désormais de comportement véritablement répréhensible dans les actes d’un supérieur envers ses subordonnés. Si tu préfères, on évoque la composition classique des radiateurs (robinet, purgeur et vanne de retour d'eau vers la chaudière -généralement placée en quinconce par rapport au robinet de réglage). Mais, moi, de toutes façons, à part Rimbaud, je ne connais rien à rien (sic). Tracasse pas, Alice, je me soigne.

(On ne dit pas « je suis en voiture de perdre mon temps », mais « je suis en train de perdre mon temps ».)

13 novembre 2005

brèves



*Vendredi: Levé à dix-huit heures, très difficilement, j'ai appris, au moins théoriquement, à tuer à mains nues grâce à David Cronenberg. Tout cela peut servir un jour.

*Samedi: J'avais pourtant juré fidélité aux bus. Les trains m'en veulent. Nous n'aimons pas te voir tendre des cordes qui cassent, nous préférons te taire.

06 novembre 2005

Paris brûle-t-il?



Les kilomètres défilaient à travers la fenêtre, mais les minutes passaient plus vite.
J'ai passé plus de quatre heures dans des trains ou à les attendre.
Je ne tromperai plus les bus, j'ai été assez puni.