10 septembre 2006

stake out

Après le café du matin, je porte péniblement la pousse ou l’inverse et gueule un coup pour réveiller l’équipage. Le handler est déjà debout, achevant de dessiner sur un bidon une esquisse de table de petit déjeuner. Tous les autres ont relativement bien dormi et, au garde-à-vous, attendent que je leur fasse signe de gagner leur bol respectif. Un sourire se dessine sur leurs sept visages quand j’annonce qu’ils auront quartier libre en ville après m’avoir déposé, sauf sur celui des deux Roumains, qui ne sont pas là, profitant d’une excursion organisée par leur centre carcéral (une semaine relaxante sous le soleil de Madagascar), et du petit, dont la bouche a été cousue au lacet de bottine pendant la nuit. L’attelage en éventail réagit promptement aux coups de fouets que je décoche dans le vide ou sur l’oreille droite du petit, qui ne peut pas crier. Je gare le traîneau à l’emplacement réservé et libère la meute, après avoir opéré une synchronisation des montres et fixé un rendez-vous à quatorze heures. Le petit engage l’ébranlement du convoi délivré, défaisant méticuleusement son cordage buccal, écoutant distraitement le Polonais qui, avec un sourire de compassion, lui explique pour la cinquante-troisième fois qu’il est désolé d’en arriver là à chaque fois, mais qu’il va devoir apprendre à la fermer quand les autres ont sommeil.

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