27 décembre 2006

premier niveau

part 1.0 Noël
X: Et l'an prochain, tu fais quoi? / moi: (réponse en deux minutes, qui passe en revue toutes les possibilités logiques. Structure parfaite, sorte de dégradation: de l'idéal au pire, qui ne serait pas un pire après tout, plutôt un aboutissement normal. Savant mélange de lucidité et d'optimisme qui clôt un peu la conversation). / X: ... / moi: ... / X: Et ton permis alors, t'en es où? / moi: Nulle part.

part 2.0 La poste
Le postier est le maître du monde, aujourd'hui, et il faut le lui faire sentir. C'est un document important que je vais poser entre ses mains: un dossier en double exemplaire et un CV, qui constituent une base de données plus ou moins décisive pour l'an prochain. Le postier détient la première clef, je dois graisser ses pattes d'ours, absolument, le considérer comme le boss du niveau1, mais un boss avec lequel il faut ruser - la prise est simple: les flagorneries, je gère. Mais la facilité n'est qu'apparente: bien au chaud derrière sa vitre, ses lunettes et sa moustache, le postier use de toutes les ficelles pour exciter les nerfs de son opposant (il va falloir revenir avec un autre papier; vous avez mal rempli le formulaire; dix-sept timbres pour la France? il m'en reste un, alors bon; il manque deux cents, vous les avez pas? Au suivant). Les sept personnes qui me précédent dans la file d'attente résistent à ses attaques, courbent l'échine sans s'écrouler, plient mais ne rompent pas, redoublent de douceur et, à chaque fois, il finit par céder à leurs désirs, leur donne la clef. Quand c'est mon tour, le type me regarde noirement et me jette un "Monsieur" glacial. Je réponds "Bonjour, ma jolie...".

La première porte du faisceau de possibles se referme et le boss du niveau1 triomphe. Le dossier dans la main, je vois se restreindre les ouvertures futures et je me souviens de l'oracle de Noël - le permis, oui, oui, c'était un peu le même genre de règle du jeu que je ne pouvais pas accepter.

Aucun commentaire: