Dans le cas de l’Ecriture Automatique mise en place par les surréalistes, j’ai un peu de mal à vraiment lier le concept à celui d'invention : il s'agit plus d'une question de stratégie. Toute l’«invention» de Breton, c’est la théorisation qui entoure les écrits et non ceux-ci. Au niveau des productions poétiques en E.A., on ne peut pas passer à côté des sources Rimbaud et Lautréamont - j'en avais dit un mot. Chaque texte ou mouvement repose sur des prédécesseurs. C'est basique, évidemment, mais il faut ici souligner la singularité d'un modèle dont la transformation, la récupération est revendiquée.
Pour Rimbaud, toute la récupération surréaliste tourne plutôt autour du phénomène hallucinatoire (Dans Une Saison en Enfer,« je m’habituai à l’hallucination simple : je voyais très clairement une mosquée à la place d’une usine, etc. ». C’est ce même processus de transformation du réel qu’on retrouve dans les textes des Champs magnétiques, une sorte de brouillage du référent - via différents procédés) et, éventuellement, de thématiques (Breton souligne entre tous un poème de Rimbaud appelé « Rêve », une des dernières poésies – jointe à une lettre d'octobre 1875 à Delahaye). En gros (en très très gros), ce qui est intéressant dans les derniers textes de Rimbaud, c'est la manière de rendre obscur ce qui pourrait être simple : vouloir "traduire", voiloir dégager ce que ça "veut dire" est compréhensible, mais -si on y arrive- il ne faut pas oublier ce travail, ce message de refus de la référence. C'est ce procédé, avant tout, qu'empruntent les surréalistes.
Pour Ducasse, il s’agit clairement de reprises thématiques, voire formelles : « La rougeur des crépuscules ne peut effrayer que les mortels. J’ai préféré la cruauté. », à la page 57 de l’édition poésie Gallimard, pourrait sortir tout droit de la bouche de Maldoror. Et que dire du sketch « Vous m’oublierez », sorte d’écho (ou hommage) au plus célèbre des « beau comme » (le seul que les surréalistes ont retenu, d’ailleurs)?
Par contre, j'étais complètement à côté de la plaque quand je considérais le rapport entre les deux intertextes principaux des Champs magnétiques et lesdits Champs avec un œil d’étudiant du 21e siècle. En fait, toute ma « réticence » à l’égard de Breton & Cie est clairement à remettre en question puisque j’avais éclipsé le fait que Rimbaud et Lautréamont sont alors des quasi-inconnus et que le groupe les positionne (dans un premier temps, du moins) au centre de la scène…
La recontextualisation du pompage surréaliste est vraiment importante. La notion d’invention me paraît toujours un peu usurpée, mais la surexploitation des intertextes gagne en légitimité. Je continuerai à ne pas adorer Breton (pour sa versatilité étrange notamment, mais je ne vais pas dresser de liste…), mais je suis déjà moins «sévère» à l’égard de la posture «inventeur-pasticheur». (Et je vais arrêter un peu de toujours parler des mêmes).
Pour Rimbaud, toute la récupération surréaliste tourne plutôt autour du phénomène hallucinatoire (Dans Une Saison en Enfer,« je m’habituai à l’hallucination simple : je voyais très clairement une mosquée à la place d’une usine, etc. ». C’est ce même processus de transformation du réel qu’on retrouve dans les textes des Champs magnétiques, une sorte de brouillage du référent - via différents procédés) et, éventuellement, de thématiques (Breton souligne entre tous un poème de Rimbaud appelé « Rêve », une des dernières poésies – jointe à une lettre d'octobre 1875 à Delahaye). En gros (en très très gros), ce qui est intéressant dans les derniers textes de Rimbaud, c'est la manière de rendre obscur ce qui pourrait être simple : vouloir "traduire", voiloir dégager ce que ça "veut dire" est compréhensible, mais -si on y arrive- il ne faut pas oublier ce travail, ce message de refus de la référence. C'est ce procédé, avant tout, qu'empruntent les surréalistes.
Pour Ducasse, il s’agit clairement de reprises thématiques, voire formelles : « La rougeur des crépuscules ne peut effrayer que les mortels. J’ai préféré la cruauté. », à la page 57 de l’édition poésie Gallimard, pourrait sortir tout droit de la bouche de Maldoror. Et que dire du sketch « Vous m’oublierez », sorte d’écho (ou hommage) au plus célèbre des « beau comme » (le seul que les surréalistes ont retenu, d’ailleurs)?
Par contre, j'étais complètement à côté de la plaque quand je considérais le rapport entre les deux intertextes principaux des Champs magnétiques et lesdits Champs avec un œil d’étudiant du 21e siècle. En fait, toute ma « réticence » à l’égard de Breton & Cie est clairement à remettre en question puisque j’avais éclipsé le fait que Rimbaud et Lautréamont sont alors des quasi-inconnus et que le groupe les positionne (dans un premier temps, du moins) au centre de la scène…
La recontextualisation du pompage surréaliste est vraiment importante. La notion d’invention me paraît toujours un peu usurpée, mais la surexploitation des intertextes gagne en légitimité. Je continuerai à ne pas adorer Breton (pour sa versatilité étrange notamment, mais je ne vais pas dresser de liste…), mais je suis déjà moins «sévère» à l’égard de la posture «inventeur-pasticheur». (Et je vais arrêter un peu de toujours parler des mêmes).
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